Comment retenir l’attention d’un explorateur

18 octobre 2012 20 h 38 min 13 commentaires Views: 581

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Le Formateur

En formation, comme pour tout, les gens sont classés en catégories. Selon le type d’apprenant qu’ils sont, nous adaptons notre façon d’enseigner les choses.

(Source de la photo: Gatag.net)

Pourtant, en informatique du moins, il y a une catégorie de gens, un type d’apprenant, à qui il est plus difficile d’apprendre à apprivoiser l’informatique : ce sont ceux qui apprennent par la découverte et l’expérience, mais qui, en plus, sont un peu malhabiles. Dans cette chronique, je vous offrirai quelques petits trucs pour enseigner des choses à ces gens particuliers.

Tout d’abord, une des grandes théories pédagogique définit quatre catégories qui sont autant de traits dominants, sans jamais être exclusifs. Tout d’abord, la personne dynamique qui veut connaître le quand et le comment (environ 25%). Il y a ensuite la personne innovatrice qui veut connaître le pourquoi (environ 35%). À cela, il faut alors ajouter l’analyste qui s’intéresse au quoi (environ 22%). Finalement, celui qui nous concerne dans cette chronique, la personne dite pratique qui s’attarde principalement au comment (environ 18%).

Cette dernière catégorie s’attache aux étapes de production d’un résultat. Elle considère souvent comme superflu de savoir le pourquoi. Elle est plus souvent exploratrice et, si vous tentez de lui expliquer comment faire quelque chose, elle aura l’attention tournée vers l’objet plutôt que vers vous. En un mot, c’est quelqu’un qui aime avoir les mains dedans. C’est donc un Nelson ! Ceux qui suivent notre chroniqueur depuis la nuit des temps (NDLR – Faut quand même pas exagérer !) s’en sont certainement rendu compte. Les problèmes surgissent lorsque ce type d’apprenant est malhabile (imaginez un Nelson malhabile … heureusement, il n’est que proverbialement malchanceux)!

Pour réussir à faire apprendre des procédures en informatique, des procédures obligatoires à cause de la logique implacable de l’ordinateur, j’ai appris quelques trucs. Tout d’abord, il faut laisser à ces gens la chance d’explorer. Ils aiment le faire ? Ne boudons pas ce plaisir ! Il faut cependant fortement encourager l’observation des résultats de leur exploration. Ceci sera payant plus tard.

Lorsque vous êtes en tête-à-tête avec eux (c’est souvent comme ça lorsque l’on dépanne quelqu’un de la famille ou un ami), faites d’abord une démonstration en l’obligeant à regarder le résultat sur l’écran (pas vous). Cet élève de la catégorie pratique est surtout quelqu’un qui apprend de façon non-verbale, alors faites les deux. Expliquer chaque étape en la faisant de nouveaux devant lui.

Lorsque vous désirez lui apprendre une séquence précise, il y a une méthode généralement efficace. Faites d’abord la démonstration comme je l’ai expliquée au paragraphe précédent. Ensuite, faites-lui écrire la séquence en la reproduisant une autre fois. L’écrit implique une réflexion, mais aussi impose une mise en ordre de la séquence. Cette séquence doit ressembler aux séquences que nous offre madame La Grincheuse dans ces chroniques. Si vous sentez qu’il est patient, dites-lui aussi d’écrire le résultat en deux ou trois mots pour chaque étape. C’est alors le temps de lui faire reproduire la séquence. L’important, c’est qu’il doit manipuler l’ordinateur le plus possible

Mais s’il est malhabile, ça se complique ! Proposez-lui alors d’écrire les résultats de ses échecs. Comme il est un explorateur, il risque d’être aussi quelqu’un qui s’attache aux résultats. Utilisez cet avantage. Ceci lui permettra de retourner autant vers ses échecs que ses succès pour s’ajuster, tout en lui laissant suffisamment d’espace pour appliquer ses nouvelles connaissances. Comme facilitateur, vous aurez très bien joué votre rôle et comme dépanneur, vous vous serez évité probablement d’innombrables retours sur le même sujet!

À la prochaine.

Auteur(e) Benoît Lacombe

Mon premier ordinateur fut un IBM PC 5150 usagé et ensuite, ce fut un Macintosh SE. Depuis ce temps, naturellement, j’ai toujours servi de neveu/ami/gendre-qui-connait-ça-pis-qui-sert-à-dépanner-ou-expliquer. Depuis quelques années, je donne, entre autres, de la formation d’initiation à l’informatique et de logiciels à des gens de tous âges. Cette chronique offrira des façons, des trucs et des exemples à utiliser pour aider la compréhension de l’ordinateur à ces «nouveaux arrivants» en fonction de leur type d’apprentissage.

13 commentaires

  • Daniel Pontbriand

    Cher M. Lacombe vous oubliez une catégorie, les 5 % de ceux qui même si vous prenez votre temps, expliquer, tester, lui faire faire, lui écrire la procédure ne comprendront rien. Je fais du soutien depuis toujours et je suis toujours fasciné par des remarques comme “Moi j’ai pas ca le menu démarrer” ou “Où ca à côté de l’horloge à droite ?”
    J’ai bien essayé mais ca ne rentre tout simplement pas. À ceux là il ne reste qu’une seule manière, le faire à leur place et espérer qu’il n’ait plus ce problème.

    Moi je préfère la méthode “Fais=le toi-même tu vas apprendre”. J’explique les étapes et demandes ce qu’il a à l’écran pour m’assurer qu’il a bien compris.

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  • J’suis toujours surpris, quand je vais voir un client qui je crois ( croyais ) savais naviguer sur le net, le voir taper l’adresse internet dans google au lieu d,aller directement dans la barre URL

    Après ça, les gens chialent que Facebook a des ratés de confidentialité…

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    • Moi qui croyais être le seul à ne pas être capable d’amener le client (te) à corriger cette fichue habitude …

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  • Super article. Toujours aussi intéressant.

    Donnant de la formation principalement dans mon entreprise, j’ai défini trois catégories de personne :

    1. Ceux qui ne savent pas : Pas de problème, je suis là pour ça.

    2. Ceux qui ne peuvent pas : Je fais mon gros possible, mais des fois, pas le choix de lâcher prise.

    3. Ceux qui ne veulent pas : J’admet que je n’ai pas beaucoup de patience face ces derniers. Je peux identifier ceux qui ont des réactions au changement et trouver un moyen d’aller les chercher. Mais je ne perds pas mon temps avec ceux faisant preuve de mauvaise volonté. C’est le groupe qui en subit les conséquences.

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  • Gilles Langlois

    Je n’ai rien compris à la première partie de votre article.
    Est-il possible de l’expliquer autrement?

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    • Dans la première partie, je ne fait que présenter les 4 grands types d’apprenants selon la théorie de M. Kolbe. En gros, c’est que chaque personne apprend mieux avec une certaine façon de lui présenter les connaissances. En fonction de son «type», un enseignant peut alors luis transmettre avec de meilleurs chances de succès.

      Amicalement
      Benoit Lacombe

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      • T’aurais du appliquer:
        “Faites d’abord la démonstration comme je l’ai expliquée au paragraphe précédent”

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  • Hum… on parle de moi par ici ! Je ne commente pas souvent, mais je lis tout ce qui s’écrit sur NDLM. Très intéressant d’ailleurs !

    Vous mettez les visuels dans quelle catégorie ? Ils pourraient facilement passer pour des malhabiles, ou non intéressés. C’est que souvent ils n’écoutent pas vraiment, ils attendent de voir.

    Pour une personne visuelle, les formateurs sont trop souvent verbomoteurs. Ils en oublient parfois que les visuels n’ont que faire de leurs longs discours, sauf peut-être de les embrouiller un peu plus.

    Aimer « avoir les mains dedans » c’est aussi bon pour les visuels, une tare dont je souffre, vous l’aurez deviné :smile:

    Dites-moi rapidement le pourquoi, le résultat que je dois obtenir, j’aurai compris dans le temps de le dire. Rien de plus monotone, pour moi, qu’un exposé didactique. Un vrai soporifique ! Si je n’ai pas le choix d’y assister, je prendrai des notes et explorerai la chose par moi-même.

    J’adore expérimenter en informatique ! C’est d’ailleurs la façon la plus rapide pour moi d’apprendre.

    Vous allez devoir penser à ajouter une catégorie pour les visuels au tempérament grincheux :wink:

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    • c’est aussi bon pour les visuels, une tare dont je souffre, vous l’aurez deviné

      C’est bien évident! Quand on a que les yeux pour entendre… :cool:

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    • Cette théorie en particulier prend en compte les visuels et les auditifs mais ces prépondérances sont incorporées au 4 types. Pour les visuels, ils sont dans la partie gauche du schéma. Ce sont ceux qui ont une prédominance à l’assimilation d’informations par le non-verbal.

      Le fait que les formateurs sont «souvent verbomoteur» est un réflexe naturel. L’outil principal de communication entre les gens, c’est la parole. Les signes ou signaux non-verbal(aux?) sont des ajouts. Par exemple, si vous n’êtes pas habitué à parler une langue, pour vous faire comprendre, vous allez naturellement ajouter des signes (i.e. mains qui pointent ou qui miment une action) pour vous faire comprendre. Un bon formateur va doser le verbal et les aides visuel pour tenter de rejoindre le maximum de gens. Il est cependant vrai que souvent, ces aides visuel,sont souvent peu nombreux, mal fait ou carrément absents.

      L’important, c’est de détecter où son situer les gens de notre groupe rapidement pour pouvoir adapter notre enseignement. De plus, les visuels comme vous semblez l’être, sont statistiquement moins nombreux… Ceci pouvant alors expliquer (un peu) celà…

      Cordialement
      Benoit Lacombe

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      • Merci pour le complément d’information :smile:

        C’est très intéressant et instructif de lire le cheminement d’un formateur. Ils ne l’ont pas toujours facile ! Surtout avec les exceptions à la règle :wink:

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  • Je viens de lire ce blogue en retard pour des raisons personnelles.

    Excellent article Benoît. J’aime la façon dont vous élaborez vos blogues, ça fait réfléchir.

    Lorsque je règle un problème d’ordinateur, je fais la démonstration d’abord et si la personne supportée à un intérêt pour l’informatique, elle prend ensuite le volant avec ou sans note s’il y a lieu. C’est une bonne façon de rendre les personnes autonomes.

    @Daniel Pontbriand

    Je suis d’accord avec vous concernant le 5%, il y a des personnes qui ont un ordinateur mais inutile de leur expliquer certaines astuces, l’informatique ne fait pas partie de leurs passions, et c’est correct aussi. Dans ce temps-là, je protège ce que je fais sur leur ordinateur sans leur en parler. Exemple: Installation d’une mise-à-jour de Sun Java pour des fins de sécurité.

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