L’usage de l’outil informatique dans les universités québécoises

16 octobre 2012 12 h 46 min 14 commentaires Views: 712

Partagez cet article

  • TwitterTwitter
  • FacebookFacebook

Auteur(e)

Tags:

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, cette CREPUQ dont on a beaucoup parlé le printemps dernier, vient de publier les résultats d’une étude réalisée en 2011 sur “les usages des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement universitaire au Québec”.


(Source de la photo: UQAM)

Or, tenez-vous bien, pas moins de 15 020 étudiants et de 2 640 professeurs provenant de 12 des 18 universités québécoises ont été questionnés dans le cadre de cette étude. Si ce n’est pas un record, je veux bien manger du rutabaga. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exercice a été mené très très sérieusement.

Et qu’apprend-on ? Que les étudiants se servent pas mal de l’ordinateur, qu’ils se démerdent assez bien, surtout dans les réseaux sociaux, mais que leurs profs sont en général mieux aguerris, notamment en ce qui a trait aux applications professionnelles mises à leur disposition par les institutions. De plus, tout le monde préfère les cours à contenu riche avec méthode didactique variée, aux prestations blink blink. Ah oui, on apprend aussi que dans l’ensemble, les étudiants étudient au moins comme les profs le demandent. Ô joie, ô bonheur, ô félicitée !

Citons quelques paragraphes en vrac :

  • 88 % des étudiants utilisent toujours l’ordinateur pour produire des travaux écrits, 82 % l’utilisent toujours pour préparer des exposés oraux et 56 % l’utilisent toujours pour préparer un examen.
  • En termes de compétence informatique, 94 % des enseignants se déclarent de moyennement à très compétents, et 94 % des étudiants disent utiliser l’ordinateur souvent, soit en classe ou hors des heures de classe.
  • Quant aux utilisations des applications du Web, les enseignants sont de plus grands utilisateurs et connaissent mieux les applications « utilitaires » (comme les conférences Web ou les outils de planification de réunion). Les étudiants sont de plus grands utilisateurs d’applications de partage et d’échange, comme le réseautage social et le partage multimédia (YouTube).
  • Les enseignants, à défaut d’utiliser les applications préférées des étudiants, en ont au moins déjà entendu parler, alors que le contraire n’est pas vrai. Les enseignants semblent être plus au courant des différentes applications du Web que les étudiants.
  • Près de 100 % des enseignants utilisent des TIC pour leurs cours, au moins à l’occasion.
  • Le facteur qui explique le mieux la perception positive qu’ont les étudiants par rapport à un cours, c’est la qualité de l’enseignement et de l’expérience vécue en classe, avec, en tête, le sentiment que le cours offre des défis intellectuels intéressants, la perception que les exposés magistraux sont utilisés à bon escient et le sentiment que le matériel offert est pertinent et signifiant.
  • Comme c’était le cas pour les étudiants, les données des enseignants font d’abord ressortir l’importance des méthodes d’enseignement utilisées dans l’expérience d’apprentissage des étudiants. L’utilisation de formules interactives est plus fortement liée à une perception positive de l’expérience d’apprentissage des étudiants que l’utilisation d’exposés magistraux.


(Source de la photo: UQAM)

Bref, après avoir déployé autant d’énergie pour obtenir un tableau de la situation – je vous parle d’un groupe de travail assisté d’une équipe de chercheurs et autant de collaborateurs – on apprend que les étudiants étudient et que les professeurs professent avec les outils de leur époque – on est en 2012 – en privilégiant la qualité de la formation.

C’est comme ça que c’était à l’époque où j’étais prof de cégep et que j’avais tout un bordel multimédia à ma disposition et c’était comme ça, également, quand j’étais étudiant avant le déferlement de l’audiovisuel où les profs n’avaient pour outil didactique, qu’une craie et un tableau noir.

On dirait un saut en arrière, genre 1990, où on découvre que l’informatique progresse dans la société, que les ordis commencent à être utilisés pour l’enseignement et les études. Wow ! Maudit beau papier à faire là-dessus !

Je ne serais guère plus étonné de recevoir un communiqué disant « qu’après une vaste étude réalisée en 2011 auprès de 15 020 étudiants et de 2 640 enseignants provenant de 12 des 18 universités québécoises, il s’avère que 98,73 % des étudiants savent lire, soit 1,04 % de moins que les professeurs, et que 86,12 % savent écrire, soit 10,36 % de moins que le corps professoral. »

Ma relationniste de chum qui m’a envoyé l’étude va sûrement être déçue par mon manque d’enthousiasme. Mais je ne peux quand même pas m’enflammer parce que des gens font adéquatement ce qu’on s’attend qu’ils fassent, cela avec les mêmes outils informatiques, que l’on retrouve partout ailleurs dans la société.

Auteur(e) Nelson Dumais

Voué à un avenir brillant dès sa naissance, Nelson s’est néanmoins pris les pieds dans un ordinateur répandu partout dans un motel désaffecté et ne s’en est pas vraiment remis. C’était à Rimouski en 1981 et le monstre de 64 Ko, une sorte de tombeau en mélamine blanche, cahotait en CP/M, souffrait en anglais et tombait régulièrement mort. Avec l’acharnement d’un anthropologue fou, Nelson recherche depuis lors un ordinateur qui fonctionnera sans défaillance, sans souffrir ni faire souffrir, et cela dans une langue intelligible. Si jamais il trouve, il vous en fera part. C’est juré !

14 commentaires

  • Aussi aujourd’hui les étudiants universitaire peuvent suivre leurs cours en formation à distance sur leurs ordinateurs. Moi-même j’ai suivi quelques cours de cette façon. On peut communiquer avec nos profs en cas de besoin de là les étudiants ont besoin aussi d’un ordi.
    Pour ma part j’aime mieux la formation à distance!Tu as toujours de bons articles merci!

    Cotez ce commentaire: Thumb up 6 Thumb down 0

  • Et pendant ce temps dans le milieu de la santé … Un sondage du même type indiquerait peut-être, que d’ici un an, le FAX sera implémenté dans chaque hôpitaux ;-)

    Cotez ce commentaire: Thumb up 6 Thumb down 1

  • Ce que ça fait surtout ressortir, c’est que l’ordinateur est un outil, comme le projecteur à diapos et le tableau noir. Et que la qualité d’un cours repose surtout sur les épaules (et la qualité de pédagogue) du prof.

    Je pense que ça fait quelques milliers d’années qu’il en est ainsi. Quelque que soit la quincaillerie, un prof plate est plate. Et Assis sur une pelouse avec les étudiants autour de lui (ou elle ) un prof passionnant l’est tout autant.

    Et il ne faut pas croire que ça va avec la valeur de la personne. Je connais un prof de bio à la retraite qui est absolument extraordinaire de culture, d’intérêts multiples et de jeunesse, c’est un réel plaisir de discuter avec lui. Mais semblerait qu’il était assez soporifique comme prof :-)

    Alex

    Cotez ce commentaire: Thumb up 4 Thumb down 0

    • Il y a de ces profs qui sont tellement imbus d’eux-même face aux étudiants qu’ils en deviennent soporifiques.

      Heureusement, il y a aussi ceux qui ont les aptitudes pour enseigner, et ça donne de merveilleux résultats :smile:

      Cotez ce commentaire: Thumb up 2 Thumb down 0

  • « 86,12 % savent écrire »

    Un tel pourcentage serait déjà une amélioration, à mon avis.

    Pour avoir corrigé durant plusieurs années de multiples écrits de cégépiens, je me suis toujours demandé comment ils en arrivent à savoir écrire en entrant à l’université.

    Mystère, ou laisser-aller général…

    Cotez ce commentaire: Thumb up 5 Thumb down 0

  • Je suis un ancien professeur de physique du temps qui a suivi l’évolution de l’enseignement de cette matière aux États-Unis à la suite la mise en orbite du premier Sputnik. P.S.S.C, MIT Physics course, Berkeley Physics de Richard Feyman. (J’y eu comme professeur Hubert Reeves). Donc un vieux… Mon surnom présentement est le VCR, essayez de mettre des mots sur ces lettres.

    J’ai tenté de mettre mon enseignent à la mode de ce temps. Audio-visuel , cours magistraux avec expériences significatives pour un grand groupe suivi de tutorat individuel. Le cours étant sur vidéo, les étudiants pouvaient le revoir à volonté. etc… etc…

    Que J’aimerais revenir aujourd’hui dans l’enseignement avec ces outils modernes. Surtout le WEB pour toutes les sources d’informations qu’on y trouve mais aussi l’ordinateur personnel et peut être les tablettes pour faire passer cette matière difficile mais combien fondamentale.

    Ce que je trouve de formidable aujourd’hui c’est qu’on peut avec Internet avoir accès aux meilleurs enseignements possible des meilleurs universités.

    Pour en donner un exemple, j’ai RE-suivis les cours “undergratuate” du MIT donné par le professeur Walter Lewin. Ceci date de 2000 mais c’est tellement bon que ça ne peut pas vieillir. Plus de 100 heures de cours donné par un gars qui connait ça, l’enseignement et qui aime ça. Si vous voulez vous remettre dans le bain je vous conseille d’aller jeter un coup d’oeil ici:

    http://ocw.mit.edu/courses/physics/8-01-physics-i-classical-mechanics-fall-1999/

    Il existe aussi des extraits sur Youtube (Walter Lewin) qui proviennent de ces cours.

    Évidemment je parle pour ma paroisse mais ce n’est pas unique. Il existe probablement plusieurs sites où on retrouve des cours de très haut niveaux quelque soit la matière. Par exemple, lors du “coming out” de David Gagnon, avec son système BeOS je me suis mis à chercher des choses sur les BSD de ce monde et les OS et j’ai trouvé en passant des cours sur “Les Concepts des Systèmes d’Exploitation” qui en valent la peine :

    http://www.youtube.com/playlist?list=PL6010AB528743CDFA

    Que j’aimerais être encore même étudiant….

    Le VCR

    Cotez ce commentaire: Thumb up 6 Thumb down 0

    • @ Plante_ca
      « Que j’aimerais être encore même étudiant »

      Peu importe l’âge, nous pouvons tous être étudiants. Nous n’avons qu’à étudier. ;-)

      J’ai toujours étudié et je n’arrêterai qu’à ma mort, et encore…… il y a sûrement autre chose à apprendre de l’autre côté. ;-)

      Bonne soirée!

      Cotez ce commentaire: Thumb up 6 Thumb down 0

    • Mon surnom présentement est le VCR, essayez de mettre des mots sur ces lettres.
      Je m’essaie:
      Vieux Connaisseur Retraité.

      Cotez ce commentaire: Thumb up 2 Thumb down 0

  • VCR?

    Y a pire…

    Essayez : Bêta… max!!

    *wink*

    Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

  • Vive l’étudiant qui, tout comme la rivière, peut suivre son cours sans quitter son lit !

    B.D.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 5 Thumb down 0

  • Martin Chénier

    Moi, ce que j’aimerais savoir, c’est combien coûtent les licences propriétaires dans les institutions d’enseignements au Québec. Pendant qu’on cherche à augmenter à tout prix les frais de scolarité.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 0 Thumb down 1