Adobe Premiere Elements 11 : mise à l’essai

4 octobre 2012 7 h 41 min 16 commentaires Views: 3505

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Ces temps-ci, la multinationale californienne Adobe multiplie les efforts marketing autour de la récente version 11 de Premiere Elements, un logiciel grand public de montage vidéo qu’elle propose comme alternative Mac/Windows à iMovie 11 (Mac) à Cyberlink Director (Win), voir à OpenShot, un gratuiciel Open Source.


(Source de l’image: NDLM)

Que dire de ce logiciel à 100 $ (1), sinon qu’il s’agit d’une version 10 améliorée, une version devenue plus intuitive, moins sombre, plus lisible, autrement dit, plus efficace, mais qui continue néanmoins à bien porter son nom au sens élémentaire du terme.

Quiconque a pu utiliser un logiciel de cette farine, entre dans Adobe Premiere Elements 11 comme dans une paire de chaussettes neuve, neuves et confortables. En revanche, quiconque a déjà passé des heures devant Premiere Pro (son grand frère avec qui il est incapable de communiquer) ou Final Cut Pro (l’alternative professionnelle d’Apple) va probablement s’ennuyer et se retrouver un peu démuni.

Par exemple, le rendu (rendering) ne se fait pas en temps réel, il faut le lancer du menu, puisque le logiciel n’utilise pas le processeur graphique (GPU) de l’ordi. Hum ! Dans le cas d’un petit document comme celui dont je vous propose le visionnement ci-après, ce n’est qu’un misérable cinq minutes, le temps d’aller ouvrir la porte au chat. Mais dans le cas d’un clip plus sérieux, ça peut devenir lassant. Rappelez-vous: à défaut d’être rendu, le document n’est pas agréable à regarder; il est saccadé et problématique.



La touche adobesque

S’il s’agit de réaliser un clip comme le mien, Premiere Elements 11 convient parfaitement. Visiblement moins blink blink que iMovie côté effets wow wow full kioute, il vient constamment rappeler à l’utilisateur qu’il a la force d’un produit Adobe de par ses subtilités relatives aux couleurs et au fini des images. Comment dire, il a la touche adobesque. Un exemple ? Portez attention aux détails d’éclairage, à la fine coloration de chaleur et à la gestion des noirs du clip ci-haut. Le logiciel a fait ça tout seul après un clic ou deux.

Autre détail, le produit sait turluter si nécessaire en mode 64 bits, ce qui peut parfois s’avérer intéressant. De plus, prétendent les mercaticiens d’Adobe, il serait mieux ferré que jamais pour exporter ses oeuvres un peu partout. Personnellement, je ne suis pas d’accord.

La vérité véritablement vraie avec ma petite vidéo, c’est que je l’ai exportée à la mitaine dans QuickTime d’Apple (j’aurais pu utiliser VLC tout aussi bien) où j’en ai fait un clip convenable pour YouTube. La fonction permettant de le faire directement (cliquez sur les trois vignettes ci-après) m’a joué un sale tour. Si vous observez la première illustration qui suit, essayez de voir le bas de l’image qui est à mi-chemin vers le haut. Dans Premiere Elements ce problème n’existait pas. Il n’est apparu qu’une fois la version YouTube réalisée. Hum !

   

(Source des images: NDLM)

D’entrée de jeu, Premiere Elements nous offre la possibilité d’aller gérer nos images, photos et clips dans Organiseur ou de nous rendre immédiatement dans l’éditeur vidéo (images sous ce paragraphe). Le premier est une sorte de mini, très mini, Bridge, pour ceux qui sont familiers avec l’univers Adobe. Imaginez une sorte de iPhoto pas trop garni en possibilités ou une sorte de Picasa d’une tout autre logique, qui vient classer les documents, tous ceux du disque dur si vous y tenez, dans l’espoir d’en faciliter l’utilisation. Et il le fait en sachant reconnaître de très nombreux formats de fichiers incluant le RAW. Mieux, ajoute-t-on chez Adobe, la version Mac sait importer du matériel appartenant à iPhoto ou à Aperture, du matériel qu’il ne peut retourner, la communication n’étant qu’à sens unique.


(Source de l’image: NDLM)

Similitudes importantes

Une fois arrivé dans l’éditeur, on se retrouve en environnement quand même familier. Mais attention ! L’erreur à ne pas commettre, c’est de croire qu’on a tout vu et de s’y engager comme si on avait toujours eu ce logiciel dans notre ordi. Effectivement, rien d’étrange ne nous saute aux yeux. La logique semble la même. N’importe qui a conduit une Ford, sait conduire une Nissan ou une Renault. Je ne parle pas ici de l’interface, mais du principe de montage. Certains trucs appris ailleurs fonctionnent.

Un exemple ? Sur le ruban d’édition (interface Expert- lire au paragraphe suivant), une ligne jaune représente le volume audio. Dans iMovie, avec la souris, il est aisé d’ajouter deux petits « points » (deux marques) sur cette ligne, ce qui permet de la plier, donc d’amorcer un changement dans le volume. Sans réfléchir, j’ai fait la même chose dans Premiere Elements et ça a marché; j’ai pu modifier l’audio. Emprunt de propriété intellectuelle ? À voir !

Comme il est de mise avec ces logiciels grand public, il est possible de se contenter d’une interface mononk (2e prise d’écran ci-après) ou préférer celle des experts (1ère prise d’écran). Ici, la différence est très importante. Seule cette dernière permet d’atteindre un niveau raisonnable de précision dans le montage et le mixage. Par contre, le soi-disant expert que je suis a dû recourir à l’interface mononk pour placer adéquatement les transitions, une opération plus difficile à réaliser en raison d’un des problèmes de convivialité particuliers à l’autre interface. Observez la différence ci-après.



(Source des images: NDLM)

Puisque les similitudes abondent d’un produit concurrent à l’autre, on est sûr de soi, très sûr, quand on démarre une session Premiere Elements 11 pour la première fois. Mais il y a quand même des différences sérieuses à considérer au préalable. Prenez le système de sauvegarde automatique, contrairement aux produits d’Apple, celui-ci a de quoi nous donner la frousse. Il faut enregistrer à la mitaine au fur et à mesure que l’on progresse dans son montage.

Si le logiciel plante raide mort, comme ça m’est arrivé (2), la seule façon de ne pas repartir à zéro, c’est d’aller ouvrir le sous-répertoire Enregistrement automatique. Sous Windows (la mouture que j’ai testée), ça se trouve sous «Utilisateur / Mon nom / Mes documents / Adobe / Premiere Elements / 11.0». À cet endroit, on retrouve des enregistrements faits sur une base régulière. Mais, si on ignore ce détail, on peut hurler d’effroi ! Dans mon cas, je n’ai perdu qu’une dizaine de minutes à la suite de ma mésaventure.


(Source de l’image: NDLM)

Verdict

En soupesant le pour et le contre, en se rappelant qu’on est en giron « consommateur » par opposition à « professionnel », ce logiciel mérite notre attention. Mon verdict ? Si je recherchais un logiciel de montage vidéo grand public sous Windows, je préférerais probablement Premiere Elements 11 à ses concurrents (3). Par contre, si j’étais sous Mac, je continuerais avec iMovie 11, un module trois fois moins cher qui fait partie de la famille iLife, mais dont la facilité supérieure de manipulation des différents outils d’ajustement audio et vidéo vient, à mon avis, annuler l’avantage Adobe.

Comme à son habitude, Adobe permet l’essai gratuit de ses logiciels et Premiere Elements 11 est actuellement disponible (avec, toutefois, un filigrane Adobe qui s’affiche) ici même en version française. Essayez-le. Mon petit doigt me dit que vous y trouverez sûrement du plaisir. En tout cas, moi, j’en ai eu avec mon clip et avec … mon petit-fils flambant neuf.

(1) Version complète : 100 $ US (ou 150 $ US en panoplie avec Photoshop Elements); version mise à niveau : 80 $ US (ou 120 $ US avec Photoshop Elements).
(2) Les produits Adobe partagent plusieurs traits de famille, c’-à d. la touche adobesque, dont ce chic de planter raide mort quand il ne le faut pas, cela aussi bien sur Mac que sur PC.
(3) Je réserve cependant mon jugement quant au gratuiciel OpenShot, un produit dont on dit du bien, mais que je n’ai pas essayé.

Auteur(e) Nelson Dumais

Voué à un avenir brillant dès sa naissance, Nelson s’est néanmoins pris les pieds dans un ordinateur répandu partout dans un motel désaffecté et ne s’en est pas vraiment remis. C’était à Rimouski en 1981 et le monstre de 64 Ko, une sorte de tombeau en mélamine blanche, cahotait en CP/M, souffrait en anglais et tombait régulièrement mort. Avec l’acharnement d’un anthropologue fou, Nelson recherche depuis lors un ordinateur qui fonctionnera sans défaillance, sans souffrir ni faire souffrir, et cela dans une langue intelligible. Si jamais il trouve, il vous en fera part. C’est juré !

16 commentaires

  • Beau bébé! Et grand-père comblé! Félicitations à la maman et au papa.

    Quant à l’article, pour moi, Premiere Element est un beau logiciel, agréable à utiliser jusqu’à ce qu’il plante, ce qu’il fait invariablement.

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  • Hé hé ! Le nouveau papy s’est fait plaisir ! Tant qu’a produire un article, pourquoi ne pas y ajouter de l’agrément :wink:

    Le gros méchant loup devenu gaga, on aura tout vu ! :mrgreen:

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  • Parmi tous je crois que Pinnacle Studio les bas tous.
    Même iMovie (qui n’a pas de time line).
    Il permet bien des possibilités et même un support d’initiés sur le Web. Michel

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  • Votre avis ?

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    • Aucun avis, je n’ai jamais essayé ce produit. Mais je vous promets que je vais le faire.

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  • Oui beau petit. Moi aussi j’ai un petit fils !
    Habemus Papi !

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  • J’ai toujours été abasourdi pat le marketing et la mentalité inconsciente qui en découle : un petit gratuiciel qui plante à l’occasion, c”est une pourriture dans la tête des gens.

    Mais un gros machin dispendieux qui porte le nom d’Adobe, ça à le droit de planter ; en fait, c’est pratiquement une marque de commerce!

    Désolé, mais si ça plante c’est que c’est mal codé, point. Et du logiciel mal codé, gratuit ou pas, je n’en veux pas.

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    • Le pire, c’est le soutien technique qui accompagne cette caractéristique. Vous vous souvenez de cet article ? Eh bien, pour votre info, ce problème n’est pas encore résolu.

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  • Pas rapport.
    Je vous avais parlé en bien des mes expériences d’achat de tablettes chinoises chez McBUB. Certains avaient écrit que ce site n’était pas recommandé…
    Présentement j’ai un pépin avec une tablette reçue récemment et les gens du service à la clientèle semblent niaiser un brin, alors jusqu’à ce que ce pépin soit réglé, je retiens mon appréciation positive sur mcBub, sans toutefois les condamner prématurément.
    À suivre…

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  • Très bon article Nelson et drôle de hasard, et drôle de hasard, je parlais justement de Lightworks dans l’espace de commentaires sur l’article du Dauphin. ;-)

    Lightworks a eu une mise à jour majeure la semaine dernière et je l’ai trouvé plus rapide que Première Elements 10 que je possède. Et en plus, je n’ai eu aucun plantage. J’ai hâte d’avoir la version définitive de la mouture Linux.

    Pour le téléchargement de la version 11.0.2 Window gratuite :
    http://www.lwks.com/index.php?option=com_docman&gid=8&task=cat_view&Itemid=189

    Bonne fin de journée!

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  • Très émouvant, ce vidéo!

    On en oublie la technique..

    Merci, Grand papa!! :-)

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  • Dire qu’on a tous déjà été aussi petits !

    B.D.

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  • Bel essai mais il manque des informations cruciales qui dirigent le choix d’un logiciel de ce genre:
    -Qquel est le choix des formats d’exportation?
    -Peut-on utiliser des ficheirs AVCHD (mts) de façon optimale?
    -Comment gère-t-il les prises de vue enregistrèes en 60 images/sec.? Les convertit-il en vues de 30 images/sec.?
    -Comment se porte le logiciel sur des disques Blue Ray?
    -Est-ce que la résolution 1080p est bien intégrée?

    On argumentera que c’est technique, mais c’est ce qui fait la différence entre un iMovie pour amateur et un logiciel qui offre une alternative plus sérieuse sans toutefois s’adresser aux professionnels.

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    • Je vous ai parlé d’un logiciel grand public qui fait un peu de tout sans vraiment aller loin bien creux dans le techno-dur. Je vous ai dit, en outre, que je n’avais pas été impressionné pas ses capacités de conversion; il m’a fallu passer par QuickTime d’Apple. Pour les questions pointues, vous trouverez vos réponses sur le site (ou sur les forums) d’Adobe.

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  • Depusi le début des années 2000, Adobe s’est fait rentré dendans et je me pose des question sur sa vie à long terme. Tous ses produits ont une version concurrente quelquconque gratuite ou à très bas prix et offrant 95% des fonctionnalités. Malgré ça on continue de nous annoncer des logiciels 1000$ en 2012..

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