L’ordinateur: machine hermaphrodite ?

27 septembre 2012 8 h 48 min 16 commentaires Views: 954

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Le Formateur

Pour un formateur, des trucs mnémotechniques aux analogies puissantes peuvent être utilisés pour mieux faire comprendre des notions abstraites ou des choses peu évidentes. En voici un bel exemple.

(Source de la photo: cliquez ici)

 
Lorsque des gens qui n’ont jamais touché à un ordinateur de leur vie doivent en apprendre le fonctionnement, les analogies doivent souvent être utilisées pour permettre la compréhension. Elles servent à transposer des éléments inconnus pour les participants en quelque chose qu’ils connaissent et qui peut s’avérer un point de départ.

Lorsque je veux expliquer qu’il est obligatoire de tout dire à un ordinateur (quand, quoi, comment) pour qu’une tâche soit faite correctement, j’utilise, toujours avec humour (il faut vraiment le prendre au deuxième degré), celle-ci : un ordinateur possède les personnalités des deux sexes, le masculin et le féminin ! Vous avez compris. Il est presque hermaphrodite !

Le raisonnement est simple. L’ordinateur est masculin. Il est passif, en attente, ou devant la télé… (humm, humm …). Il est logique jusqu’au bout, (un vrai champion toute catégorie …). C’est normal, il n’a pas de sentiment (ce n’est pas qu’il ne les extériorise pas…) et il fonctionne selon une logique qu’il peut suivre jusqu’à la … connerie. Pas d’initiative, pas d’effort. Bref, il se réfugie dans une logique extrême qui sied parfaitement bien aux paresseux (ici, la démonstration est faite que c’est un homme…) .

Ceci implique donc qu’il faut agir en conséquence : toujours tout lui dire quoi faire! Chaque gente dame vous le dira ! Il faut toujours spécifier quoi faire, quand le faire et comment accomplir la tâche demandée. L’homme ne fait que ce qu’on lui demande, jamais plus, et, naturellement, il ne sait jamais le faire de lui-même ! Surtout, il ne pense pas plus à comment le faire où à voir s’il peut, un tout-ti-peu, modifier la tâche demandée en fonction du contexte. Non mossieu !


Si la demande est de sortir la poubelle et que celle-ci n’est pas exactement où elle doit être, il ne fera rien ! C’est comme ça. Il est logique ceinture noire ! Pour faire la tâche, il doit passer par les 14 étapes, précisément. Ceci veut dire que si la poubelle est deux pouces à côté, elle va rester là ! C’est normal, l’étape 5 précise que la poubelle doit être à tel emplacement, pas deux pouces à côté ! Ainsi, il ne peut s’acquitter de sa tâche et il retourne s’asseoir devant la télé. (Source de la photo: cliquez ici)

Cet état de fait implique que nous, comme utilisateur de ce fantastique outil viril (naturellement, un ordinateur est toujours masculin …), nous nous devons de revêtir notre peau de gente dame, celle qui est, naturellement, toujours patiente, celle qui comprend que s’il faut toujours tout dire à l’ordinateur, c’est qu’il est fait comme cela. Ça ne sert à rien d’essayer de le changer, la démarche est vouée à l’échec. Soyons putôt douces, patientes et compréhensives et agissons comme il le faut: quitte à tout répéter ! Et si notre demande n’est pas exécutée, ce sera bel et bien de notre faute, pas celle de l’ordinateur qui lui ne fait qu’agir selon sa nature.

Mais, tel que mentionné, l’ordinateur est aussi une machine, ce qui lui donne un trait féminin. C’est particulièrement visible lorsque, sans raison apparente, elle fonctionne bien un jour et, le lendemain, sans avertissement, elle fait des siennes (p. ex. elle génère un … écran bleu et elle gèle …). C’est la saute d’humeur ! On ne sait pas pourquoi ! Et il ne faut surtout pas le lui demander ! Il nous faut alors revêtir notre penchant masculin et prendre, à la lettre, ce sage conseil patriarcal : «Mon fils, lorsque ceci arrive, ne dis rien et sois patient. Ça va bien finir par passer …»


En formation, comprendre une telle analogie peut être un cadeau, puisque les étudiants feront alors d’instinct les bonnes choses, aux bons moments, avec toute la patience, la compréhension et la compassion des gentes dames. Ils auront compris que s’ils veulent de l’italique dans leur texte, ils devront dire à l’ordinateur où commencer et où finir. Systématiquement ! Ceci ne les frustrera pas, ils seront désormais compréhensives. (Source de la photo: cliquez ici)

Évidemment, cette analogie est aussi une démonstration des stéréotypes liés aux genres. Dans chaque homme, il y a un côté féminin et dans chaque femme, il y a un côté masculin (1) (et dans un ordinateur, nous retrouvons les deux). Alors qu’en général, les stéréotypes attribuent au côté féminin d’être rangé, mieux classé, plus ordonné, ils concèdent au côté masculin d’avoir moins tendance aux fla-flas, d’être plus direct et un peu aride (avez-vous dit aussi peu romantique qu’une dizaine de lignes de codes PHP ?)

Au final, il est tout de même fascinant de voir que dans ces machines, nous pouvons retrouver la confusion des sexes et nous en servir pour mieux expliquer comment agir avec un ordinateur.

Fin de mon analogie laquelle, je l’espère, vous n’avez pas pris au sens littéral, mais plutôt comme étant un vieux truc de formateur pour favoriser la compréhension de certains éléments.

(1) NDLR – C’est connu. Si les Ils sont des îles et si les Elles ont des ailes, on peut dire que grâce aux Ils et aux ailes, les Elles ont des îles et les Ils, des ailes.

Auteur(e) Benoît Lacombe

Mon premier ordinateur fut un IBM PC 5150 usagé et ensuite, ce fut un Macintosh SE. Depuis ce temps, naturellement, j’ai toujours servi de neveu/ami/gendre-qui-connait-ça-pis-qui-sert-à-dépanner-ou-expliquer. Depuis quelques années, je donne, entre autres, de la formation d’initiation à l’informatique et de logiciels à des gens de tous âges. Cette chronique offrira des façons, des trucs et des exemples à utiliser pour aider la compréhension de l’ordinateur à ces «nouveaux arrivants» en fonction de leur type d’apprentissage.

16 commentaires

  • Bof.
    Un moment donné il faut aussi cesser d’infantiliser les gens moins techno; quand l’analogie prend autant de temps à raconter qu’il en aurait fallu pour EXPLIQUER, il y a des choix à faire.
    En passant, ce n’est pas à l’ordinateur (mâle ou femelle) que l’on doit dire si on veut de l’italique… C’est au logiciel! Je vois d’ici Mme Brossard de Brossard tenter d’insérer de l’italique dans le Bloc-Notes de Windows…

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    • @ Merlin

      “En passant, ce n’est pas à l’ordinateur (mâle ou femelle) que l’on doit dire si on veut de l’italique… C’est au logiciel! ”

      Pour quelqu’un qui commence en informatique, le logiciel, connaît pas! Ma mère, 86 ans hier, parle encore du moniteur comme de l’ordi lui-même. Moi je trouve que l’analogie tient la route. Nous les habitués de l’informatique (et tous ceux qui sont nés avec elle) savons ce qu’il faut faire pour obtenir des caractères en italique, au point que nous en oublions toutes les étapes. Mais pour quelqu’un qui n’a jamais ou pratiquement jamais touché un ordinateur, c’est une toute autre histoire.
      Et combien de fois faut-il dire et répéter à ce genre de personne qu’il faut cliquer sur OK ou appuyer sur ENTER une fois la commande donnée?

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  • Excellent!
    La confusion des genres d’où les particularités de chacun à exprimer et à comprendre.
    J’ai bien aimé .

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  • Excellent article…!
    Vayoche en tant que critique techno et littéraire

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  • “nous devons de revêtir notre peau de gente dame, celle qui est, naturellement, toujours patiente”

    Ce que je peux me bidonner ! :grin:

    Merci !

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  • Un article «s’a coche»! :-D Très intéressant!

    Le Dauphin pré visible

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  • Autre excellent article Benoit, merci!

    Quand je donne du support technique sous Windows, mes interventions sont au minimum, je configure leur ordinateur pour l’essentiel. Ils n’ont pas le même intéret que moi pour l’informatique. Je peux être emballé par un programme qui me permet d’avoir accès facilement à mes répertoires préférés ou à un nettoyage automatique de CCleaner, c’est banal pour eux mais pas pour moi. Pour les personnes qui ont de l’intérêt pour l’informatique, à ce moment là, je monte de niveau. Entre un homme ou une femme, je n’ai pas détecté de différence côté stéréotype.

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  • Daniel Pontbriand

    Moi je rejoins Merlin, c’est assez de prendre le monde pour des enfants qu’il faut prendre par la main. Quand on explique bien l’ordinateur, les gens comprennent très bien. Je fais du soutien téléphonique pour ma belle-maman (82 ans) pis elle finit toujours par comprendre les questions que je lui pose. Quand je demande c’est quoi le message d’erreur à l’écran, elle me lis pas la barre des tâches, elle lit le message même s’il est en anglais. Pis elle fait ce que je lui dit de faire. Tout ca par téléphone.
    Au boulot, c’est la même chose, quelque fois faut insister sur un concept, le menu démarrer n’est plus ce qu’il était, ce n’est plus écrit “démarrer”. Mais les gens le trouve toujours.
    Avec un enfant, on arrête de lui dire dodo, lolo, lait lait et il comprend.
    L’analogie des étapes pour exécuter une tâche par l’ordinateur s’applique plus à la programmation qu’à l’utilisation de l’ordinateur. En programmation faut décortiquer les actions que l’on veut que l’ordinateur fasse. Mais démarrer Internet Explorer ben c’est juste cliquer sur l’icône deux fois.

    J’ai aimé l’article mais je n’aime pas prendre les gens par la main comme ca pour leur faire comprendre un concept. Quand tu n’as jamais allumé un ordinateur OK mais quand tu en utilises un, même pour le minimum, faut appeler un chat un chat, un icône, un icône, le menu démarrer le menu démarrer etc.
    Enfin c’est ma vision.

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  • Je croyais que l’article portait sur les gens qui disent “une ordinateur” (ce sont les mêmes qui parlent d’une autobus…).

    C’est comme pour les langues ; il y en a qui catchent ben vite pis d’autres qui les pognent pas pantoute. Certains sont naturellement à l’aise sur la façon d’aborder un ordinateur, d’autres, au bout de 5 ans, pensent encore que le moniteur EST l’ordinateur. Au moins avec les post-PC device, c’est vrai :-)

    Qu’est-ce qu’on dit ?

    Merci Benoît !

    Alex

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    • Ceux qui pognent pas pantoute les langues ont plutôt des troubles moteurs, non :mrgreen:

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      • @ Fafouine

        Ça ferait une bonne blague pour un mécanicien. ;-)

        Bonne fin de soirée!

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        • Ou un neurologue :wink:

          Bonne fin de soirée à vous !

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        • @Crispo

          Moteur ganiser ça! ;-)

          Je denis3r-ise…

          «50 piasses posés/balancés» est la devise de tout bon pneumologue.
          Un heureux log est un rapport sans schtouille.
          Un neurologue est un spécialiste du taux de change de l’autre bord de l’Atlantique.

          Sur ces bonnes paroles, je me transforme en politologue pour vous souhaiter aussi une bonne soirée!

          Au fait, il est où ce trifluvien de mes deux? Depuis qu’il a fermé boutique, on devrait le voir plus, non?

          Le Dauphin du Striel

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          • @ Le Dauphin du bit hâtif
            «Au fait, il est où ce trifluvien de mes deux? Depuis qu’il a fermé boutique, on devrait le voir plus, non?»

            Moi aussi j’aimerais voir son bout de tics qu’il nous trifluvie avec tac. ;-)

            Sans lui, notre magazine n’a pas autant de poid son. ;-)

            Bonne nuit!

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          • Mord (à l’hameçon) de rire-je! :-D

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