Harakiri pour Twitter ?

27 septembre 2012 14 h 52 min 11 commentaires Views: 952

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Twitter est né d’une idée toute simple. Du microblogue avec comme limite, 140 caractères. En l’utilisant au jour le jour, ses abonnés ont développé par eux-mêmes des outils de recherche et des moyens de communication simples, mais efficaces comme les hashtags # et l’utilisation de l’arobas @ comme préfixe au nom d’utilisateur.


(Source de l’image: NDLM)

Avec le temps, les développeurs ont produit des outils intéressants pour mieux utiliser ce média comme les clients TweetDeck, Tweet-ci ou Tweet-ça, mais aussi des applications pour tablettes et ordiphones (téléphones intelligents), des outils de syndication, d’analyse, etc.

Il y a un peu plus d’un an, la recette Twitter a vraiment pris et le réseau est devenu un outil incontournable (on pourrait en discuter longuement, toutefois) pour promouvoir, par exemple, des émissions de télévision, pour discuter en temps réel avec des gens connus, pour rapprocher les entreprises de leur clientèle et j’en passe.

Le problème est que le site n’avait pas de moyens pour engranger des revenus. En même temps, sa popularité croissante pressait les propriétaires d’en faire une source de revenus plutôt que de dépenses.


Twitter a donc remanié son API et sa version 1.1 a fermé la porte aux logiciels clients et à la syndication. Dans les faits, cela a empêché les utilisateurs d’utiliser la plate-forme sans recevoir de publicités (ci-contre, une pub de Global TV). La raison officielle : «garantir une expérience constante à l’utilisateur.» Hum ! Ainsi, les règles pour les logiciels clients ont changé de simples Suggestions d’affichage qu’elles étaient en Obligations d’affichage. (Source de l’image: NDLM)

Avec des suggestions, le développeur pouvait créer son client comme il le voulait, mettre les recherches, les fils, etc. sur plusieurs colonnes pour une lecture plus aisée pouvait faire afficher ou non les publicités, etc. Maintenant, avec des obligations, les logiciels clients ne peuvent plus faire comme ils veulent. Ils doivent afficher exactement de la même manière que le site Twitter le fait. Il devient donc pratiquement impossible pour un logiciel de se différencier d’un autre avec ces nouvelles règles.

Mais pas tous les clients Twitter le font. Certains, p. ex. TweetDeck (paradoxalement une propriété de Twitter depuis mai 2011), continuent d’utiliser l’ancienne API ce qui leur permet d’éviter les pubs. Mais cela rentrera dans l’ordre dans cinq mois (si je ne m’abuse) où alors l’obligation sera définitive pour tous.


Autre règlement troublant : Twitter limite maintenant le nombre d’utilisateurs qu’un logiciel tiers peut avoir. Pour différentes catégories, il donne une limite et doit approuver si cette limite a besoin d’être augmentée. Twitter offrira un nombre maximal de jetons d’authentification et limitera aussi le nombre maximal de connexions pour rafraîchir les pages. Bien sûr, les applications officielles de Twitter, elles, n’auront pas à subir ces changements. (Source de l’image: cliquez ici)

N’ayant jamais été une plateforme Open Source, Twitter a le droit de faire comme bon lui semble pour protéger ses arrières et surtout pour fidéliser la clientèle et rentabiliser les énormes investissements. Par contre, pour les développeurs qui l’ont amené au point où il est aujourd’hui, c’est comme se faire planter un poignard dans le dos.

Twitter joue gros ! Une très grande proportion d’utilisateurs se servent de ce service à partir d’applications tierces et seront peut-être réticents à changer pour aller se faire bombarder de publicités et de messages de Justin Bieber, de « trend » de Nicki Minaj dans leur fil de nouvelles et de se faire entraver dans une interface qui est, de l’avis de plusieurs, peu intuitive et dénuée d’innovations pratiques.

Selon plusieurs sources, il y aurait eu beaucoup de dissensions au sein même de l’entreprise et les dirigeants et décideurs auraient été divisés en deux camps : un premier pour qui Twitter aurait continué à être un API ouvert pour continuer à devenir la messagerie temps réel du réseau Internet et un autre où on en ferait un outil publicitaire à la Google.

Le second camp a gagné.

À lire et entendre plusieurs experts, Twitter pourrait perdre ce petit oumph qui le différenciait des autres plates-formes et pourrait devenir, dès qu’un nouveau concurrent naîtra, le nouveau MySpace …

Qu’en pensez-vous ?

Auteur(e) Marc-André Labelle

Consultant sénior spécialisé dans les systèmes de moyennes et grandes entreprises depuis des lunes, je vois, de mes yeux, le changement de l'entreprise fermée vers celle du BYOD et des systèmes personnels avec ses bons et ses mauvais cotés.

11 commentaires

  • Le monde de la publicité a changé…

    C’est le temps pour vous aussi !

    ( C’est mon slogan ) ;)

    Twitter contrairement à Facebook où les utilisateurs choisissent eux-même la compagnie qu’il vont « aimé », utilise une stratégie push…

    Des fois ça peut fonctionner, à condition d’avoir le volume de répétition, ce qui sur Twitter est impossible.

    En plus, quand on « tweeeeeetttt » lors d’une émission comme tout le monde en parle par exemple ( À ceux et celles qui ont jamais essayé, c’est vraiment génial, ça augmente le plaisir de suivre une émission, et la dite émission passe pas mal plus rapidement ! )

    Donc quand on suit les intervenants lors d’une émission, se faire rentré dedans par une pub, c’est vraiment mais vraiment la pire des stratégies à adopter.

    Mais les publicistes dans ce changement de garde que l’on vie dans la publicité, ne savent vraiment plus où aller…

    Sauf moi… ;)

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  • @Marc-André Labelle

    Je suis totalement désaccord avec vos propos mais surtout envers les motifs de votre insatisfaction.

    En premier lieu, il serait bon de mentionner que si le service Twitter limite les messages à 140 caractère, c’est que ce service prend ses racines au monde de la téléphonie mobile, plus particulièrement les SMSs (Short Message Service). L’idée de base était simple, créer une interface entre les services SMS de la téléphonie mobile et l’Internet.

    En second lieu, le service Twitter nécessite des infrastructures matérielles, des connections à très large-bande au réseau Internet sans compter les ressources humaines nécessaires pour l’exploitation et l’évolution des services. Puisque vous avez accès aux services de Twitter sans avoir à débourser le moindre frais, il faut bien que la compagnie soit en mesure de faire face aux dépenses.

    En troisième lieu, la limitation du nombre de connexions afin de rafraichir les pages est une nécessité pour maintenir une qualité de service à l’ensemble des utilisateurs. Le peu de gain de performance obtenu en établissant plusieurs connexions est presque insignifiant si l’on dispose d’un accès Internet haute-vitesse, mais représente des problématiques majeurs pour l’opérateur. Vous ne possédez manifestement aucune expertise dans le domaine de l’exploitation d’un centre de données.

    En quatrième lieu, vous êtes complètement dans le champs sur le concept Open Source. Ce concept fait référence à la liberté d’obtenir, modifier, utiliser et distribuer les logiciels et non de l’utilisation que vous en faites. Le fait est que les gazouillis publiés sur ce service sont sous la responsabilité de Twitter. L’accès à ceux-ci vous est accordés gracieusement selon les termes et conditions du fournisseur et non un droit.

    En dernier lieu, votre titre est complètement absurde et pour cause. Les récents changements apportés aux services ont pour fondement d’assurer la pérennité du service. À ce titre, vous devriez clamer à qui veut bien l’entendre qu’il est entièrement inacceptable d’obtenir des liens commandités sur l’engin de recherche Google. Quel serait l’intérêt de Google d’offrir gratuitement un service de recherche performant sans pouvoir en tirer des revenus, le simple altruisme?!?

    Veuillez me pardonner le ton plutôt incisif mais je ne comprend pas les motivations qui vous ont mené à produire cette chronique. Mais ce qui m’irrite au plus haut point c’est cette attitude trop répandu de nos jours où tout vous est du en plus de ne montrer aucune reconnaissance pour ceux qui ont mis temps et argent à développer des produits et services.

    J’irais même jusqu’à suggérer à la direction de NDLM un certain niveau de révision avant de publier. Une tribune bénéficiant de la notoriété de son fondateur est un endroit merveilleux pour s’y exprimer, mais sans être un laissez-passer pour y publier n’importe quoi.

    Veuillez pardonner cette critique, mais je suis prêt à ne plus émettre d’opinons si vous considérer que commentaire n’est pas dans l’esprit de ce webzine. Néanmoins, contrairement à un simple pouce rouge anonyme, vous avez le fond de ma pensé.

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    • @ BigMonkey

      Je suis d’accord à 100 % avec votre commentaire. Pour qu’il y ait une certaine justice, il faut qu’il y ait échange de part et d’autre.

      Bonne soirée!

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    • Le but de ce magazine n’est-il pas justement de se prononcer sur un texte émanant d’un spécialiste, d’un fin connaisseur, d’un bidouilleur, d’un expérimentateur, etc?

      Si vous amenez un point de vue totalement différent d’un chroniqueur du magazine et que vous le faites de façon civilisé (comme c’est le cas présentement), je ne vois pas pourquoi ça pourrait être une nuisance ou quelque chose du genre! Ok, les pouces rouges, mais on s’en fout, dans l’fond, non?

      À la lecture du texte de M. Labelle (et je n’y connais fichtrement rien en Twitter), je trouvais que tout ça faisait du sens. À la lecture du vôtre, ça en fait autant en plus de m’apporter un autre son de cloche.

      Alors, vive les chroniques et les chroniqueurs de NDLM! Vive les commentaires sensés et civilisés qui nous font réfléchir suite à nos lectures!

      Un pouce vert pour GrosSinge et un pouce vert pour le chroniqueur!

      Le Dauphin partial

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      • Tout à fait d’accord avec vous.

        C’est important d’avoir tous les points de vue, pourvu que cela reste courtois, ce qui est effectivement le cas.

        J’apprécie donc les deux commentaires.

        Bref, tant l’article que ses commentaires sont pertinents.

        Longue vie à NDLM

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    • Moi suis d’accord avec les propos sur le fond de Gros Singe mais sur la façon de le faire. Je trouves que Gros Singe aurait pu faire valoir ses arguments sans utiliser des qualificatifs ou phrases du genre “Vous être dans le champs” ou “vous ne possédez aucune expertise bla bla…” ou encore “votre titre est complètement absurde” Pourquoi dénigrer et attaquer alors que votre article se veut instructif. On peut faire les deux sans agressivité. La prochaine fois, prenez quelques minutes de répit avant de répondre à brûle pour point à un article. Évitez ainsi que Gros Singe de se donne des airs de Gros Gorille :-)

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  • “Qu’en pensez-vous ?”

    J’en pense que vous avez pondu un excellent article qui m’aide à comprendre les raisons derrière ces changements chez Twitter :smile:

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  • Merci Marc-André de m’avoir éclairé.

    J’ai déjà testé Twitter d’une façon anonyme, mais il faut avoir du temps. Concernant de déjouer les publicités sauf sur le site de NDLM, il y a plein de trucs *** smile ***.

    La radio de Radio-Canada est très branchée sur les médias sociaux, ce qui me permet d’entendre des commentaires intéressants à “Pas de midi sans info”, émission animé par Michel C. Auger que j’écoute régulièrement. Comme je suis au travail, je ne peux pas émettre de commentaires. De là à me mettre membre de Radio-Canada et d’émettre des commentaires après le travail tout en relaxant, c’est non, il y a des extrémistes = qui a raison = perte de temps. Par contre sur le site de NDLM, j’émets des commentaires par passion, par intérêt, les gens sont modérés ici tout en se respectant.

    Je crois que Twitter est plus crédible que Facebook. Si j’avais un choix, ça serait Twitter.

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  • Qu’est-ce que la syndication?

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  • comme dans n’importe quoi,c’est l’argent qui mene le monde…les requins ont toujours raison

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