Au sujet des suicides et des émeutes chez Foxconn

25 septembre 2012 14 h 20 min 34 commentaires Views: 1146

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Après le New York Times et bien d’autres publications étasuniennes, voici maintenant le tour de C/Net de publier un dossier intéressant sur Foxconn, la plus grosse sweatshop (usine à sueur) au monde, ce qui vient ajouter de la munition dans le camp des détracteurs d’Apple et de son P.D. G. Tim Cook.


(Source : Cliquez sur l’image)

On y parle de suicides, d’émeutes, de dépressions, d’accidents de travail, de mineurs qui y travaillent. On y emploie, dans les différents campus, ici et là en Chine, plus d’un million de travailleurs ou, comme il est pratique courante de le dire dans les organisations militantes pour les droits de la personne, de iSlaves (iEsclaves). Lisez cet article si la connaissance de l’anglais vous le permet.

iSlave ! De par son petit «i», l’horrible mot renvoie effectivement aux iBidules d’Apple, un des principaux clients de Foxconn, mais loin d’en être le seul. Même les grands noms coréens en sont. Pourquoi toujours cibler Apple ? En raison de sa valeur iconique. C’est Steve Jobs qui a déclenché la révolution du iLifeStyle. Le reste de l’industrie s’est dès lors mise en mode rattrapage. En ce sens, les graves débordements signalés chez Foxconn sont automatiquement associés aux commandes fabuleuses d’Apple.


L’histoire qui se vit chez Foxconn et ailleurs est semblable à celle qui, dans les 150 dernières années, a caractérisé les rapports entre l’Occident et le reste de la planète, une histoire de colonialisme, puis de néo-colonialisme, puis de néolibéralisme mondialisé. (Source de l’image: Cliquez sur la vignette)

Pour fabriquer un produit, les pays dits industrialisés érigeaient des manufactures, des shop de transformation qui importaient leurs matières premières, caoutchouc, bois, fer, charbon, sel, etc. de régions voisines moins industrialisées (p. ex. la Côte-Nord du Québec) ou, le plus souvent, de pays qui ne l’étaient pas du tout, des pays africains, asiatiques et latino-américains. Et, en Angleterre, en France, au New Jersey ou à Montréal, pour nourrir tous ces ouvriers dans les manufactures, tous ces gens qui n’étaient plus en relation avec la production agricole, il fallait importer diverses denrées alimentaires, dont les célèbres bananes des républiques centre-américaines.


Puis dans la seconde moitié du XXe siècle, par petits pas, la transformation de la matière première échappa aux pays industrialisés pour devenir le fait de ce qui s’appelait alors Tiers-Monde. Aujourd’hui, la langue de bois force l’utilisation du terme économies émergentes. Un bel exemple de chez nous est l’industrie du textile qui est disparue dans les années 80 et 90. (Source de l’image: Cliquez sur la vignette)

De nos jours, on parle de mondialisation, ce qui signifie que les pays du G8 forts de leur économie axée sur le service bien rémunéré (financier, génie, techno, culturel, etc.) consomment ce que le reste de la planète fabrique. Un bel exemple est celui de la production florale latino-américaine qui alimente les boutiques nord-américaines de fleuristes. Ou encore, par analogie, de ces arrivées de fraises californiennes en pleine saison des fraises chez nous. On parle d’approvisionnement Just in Time par camion réfrigéré. Idem pour les poivrons, concombres, pommes, laitues, alouette !

Cela pour dire que depuis 150 ans, une poignée de pays riches utilise le reste de la planète pour se procurer ce qui alimente ses leviers industriels. Levier de transformation hier, levier du service à la consommation aujourd’hui (hier on parlait des succès de Salesforce.com en ces pages). Ce qui nous ramène au iPhone d’Apple.


Semble-t-il que tout le monde a désormais un besoin vital d’un ordiphone, Si ce n’est un Android ou un WinPhone, voire un BlackBerry, ce sera un iPhone. Apple vient de vendre 5 millions d’iPhone 5, comme elle avait vendu 4 millions d’iPhone 4S à sa sortie. Et elle prévoit en vendre au moins dix fois plus d’ici le 31 décembre. Or, la bande Android en vendra au moins le double. Faites le calcul et essayez d’imaginer comment on peut en arriver à manufacturer autant de produits de cette qualité … juste à temps. C’est ahurissant. (Source de l’image: Cliquez sur la vignette)

D’où la Chine où 150 ans de colonialisme féroce, de guerre et de dictature éclairée ont préparé le terrain à Foxconn ou encore à Pagatron, deux des sweatshops les plus célèbres au monde. La première emploie 1,1 million de personnes au salaire moyen de 1 550 renminbis (244 $ É.U.) par mois, ce qui est à peine suffisant pour l’hébergement (dans des dortoirs à 12 étages) l’habillement et la nourriture, les prix étant à la hausse. Tellement que plus ça va, plus il est fréquent qu’il ne leur reste plus d’argent à envoyer dans la famille, ce qui est souvent la raison principale de leur quête d’emploi chez Foxconn.

On peut y faire des semaines de 60 heures sous l’œil de contremaîtres odieux ou de gardes de sécurité violents (origine, semble-t-il, des émeutes d’hier). On dit que pour fournir aux commandes du iPhone 5, Foxconn a fait travailler les gens 30 jours consécutifs sans congé.

Le pire, c’est que pour se mériter autant d’heures supplémentaires, il faut être gentil. De toute façon, si on ne l’est pas, on est vitement remplacé, les demandeurs d’emploi étant légion. Bref, on déteste travailler dans de telles conditions, on trouve qu’on ne gagne vraiment pas assez, mais on tète pour faire des heures supplémentaires. Autrement dit, on s’accroche, car ce serait pire dans son patelin natal.


Ici, pour avoir notre essentiel gadget dont on critiquera le manque d’innovation ou la difficulté à être mis à niveau, il faut que là-bas, des usines comme celle de Zhengzhou avec ses 300 000 travailleurs (c’est la population réunie de Longueuil et de Brossard) ou encore celle de Taiyuan avec ses 79 000 employés (c’est la population de Brossard) fonctionnent à plein tube et que le climat de travail soit ordonné à défaut de pouvoir être agréable. (Source de l’image: Cliquez sur la vignette)

Autrement dit, mon iPhone 4S, ici chez moi, ou encore mes bidules HP, Asus, Samsung et LG, ainsi que bon nombre de composantes de mon PC Dell, sont le fruit d’un travail mal payé, sont la résultante d’une courroie industrielle mi-mécanique, mi-humaine, où hommes et femmes sont mal traités, sont malheureux et n’ont que peu d’espoir de connaître une vie de meilleure qualité.


Vous allez dire que c’est normal, puisque le système est ainsi fait, autrement dit, qu’il est socialement acceptable qu’un Chinois gagne des nèfles et soit malheureux pour que moi je puisse être bien payé et avoir du fun. Effectivement, si je n’ai pas de bidules électroniques, je ne peux travailler et je sombre dans les affres de la misère. (Source de l’image ci-contre: cliquez sur la vignette)

Oui, mais n’est-ce pas là une situation injuste ? Mon frère asiatique dont la civilisation est mille fois plus ancienne que la mienne devrait avoir droit à la même qualité de vie que moi. Au moins. Par exemple, il devrait pouvoir manger autant de viande que moi, non ?

Pas certain ! Car les environnementalistes croient que si cela advenait, la terre, même presque toute déboisée et foutue, ne réussirait pas à produire suffisamment de céréales pour nourrir les animaux de boucherie rendus nécessaires (il y a 1,3 milliard de Chinois et presque autant d’Indiens qui eux aussi, travaillent pour des pinottes afin que nous puissions mieux consommer). Ce serait plutôt à nous, gras du bide occidentaux, à en consommer moins, beaucoup moins.

Mais avant que cela se fasse, je me serai enterré dans ma retraite de végétarien débranché depuis belle lurette. Tim Cook ne cesse de dire qu’il a Foxconn à l’oeil et que les droits de le personne y font des progrès. Tant mieux`, c’est peut-être un pas dans la bonne direction. Mais ça ressemble, en même temps, à une goûte d’eau dans un océan de misère humaine. On verra.

Auteur(e) Nelson Dumais

Voué à un avenir brillant dès sa naissance, Nelson s’est néanmoins pris les pieds dans un ordinateur répandu partout dans un motel désaffecté et ne s’en est pas vraiment remis. C’était à Rimouski en 1981 et le monstre de 64 Ko, une sorte de tombeau en mélamine blanche, cahotait en CP/M, souffrait en anglais et tombait régulièrement mort. Avec l’acharnement d’un anthropologue fou, Nelson recherche depuis lors un ordinateur qui fonctionnera sans défaillance, sans souffrir ni faire souffrir, et cela dans une langue intelligible. Si jamais il trouve, il vous en fera part. C’est juré !

34 commentaires

  • On a pas de quoi être fier!

    Mais n’est-il pas vrai que c’est un comportement humain et pas seulement nrod-américain et européen car d’autres que nous sur cette planète consomment aussi des bidules électroniques

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  • @Nelson

    Il y a une coquille dans votre article: “au salaire moyen de 1 550 renminbis (244 $ É.U.) par moi, “.

    Encore un autre excellent article sur NDLM. Votre m’a rappelét un cours d’histoire sur le décolonisation au Tiers-Monde que j’avais suivi au CEGEP.

    Entre temps, les dépotoires de toutes sortes se remplissent exponentiellement.

    Côté bidules électroniques, j’utilise le minimum.

    Je n’ai pas eu le coup de foudre pour un téléphone intelligent, encore faut-il que ça réponde à un besoin.

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  • Erratum

    Votre article m’a rappelé un cours d’histoire

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  • Oui, belle histoire. On voit ici le style d’un bon prof d’histoire.
    Je fréquente des pays où le pain est moins gras. Mais, tous veulent leur part de gâteau technologique. Influence.
    Voir aussi : Sociologie et contestation. essai sur la société mythique. paris, 1969: Ziegler Jean.
    Croire au bonheur des choses : utile pour rendre aveugle.
    J’en veux pas d’ordinophone. Je sais pas quoi faire avec.
    J’ai un vieux cellulaire dans l’auto : pour l’urgence, c’est gratuit partout en amérique. Pas besoin d’abonnement. Hasta la vista.

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  • Nelson, votre article est très bon. Mais malheureusement, ce n’est pas près de changer puisque nous sommes accros des tous ces produits de consommation. Et si je regarde mes enfants, ce n’est pas près de changer. Ils ne sont pas plus mal en point que les autres jeunes, mais leurs valeurs écologiques prennent le bord lorsque c’est le temps de prendre la voiture pour l’achat d’un besoin banal, ou encore quand c’est le temps d’avoir la même chose que l’ami.
    Pour ce qui est des travailleurs eux-mêmes, dans nos têtes, c’est loin, anonyme et abstrait. C’est facile de porter plus d’attention au beau produit bien emballé et présenté. Beaucoup plus facile que de penser aux coups de bâton que l’ouvrier-esclave reçoit afin de produire ce bien pour nous. Tout le monde est renseigné sur cette situation, mais puisqu’on achète en général qu’un appareil à la fois, on se dit qu’on ne fait pas une grosse différence dans l’équation…

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  • Pour équilibrer cet instable assemblage faudra-t-il que nous ayons à payer pour ces bidules l’équivalent de ce que pouvait coûter un Mac de première fournée : 5000 $ de 1984 ?

    Et je ne sais pas ce qu’un ordi personnel devrait valoir aujourd’hui en utilisant ce barême, mais je suis sur que ça payerait un char neuf à pas mal de monde.

    Ça ne me plairait sûrement pas, et à vous non plus, je le comprends. Mais, quel est le vrai prix de l’équité sans compter celui de l’éthique ?

    Bonne réflexion !

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  • Nelson, un gros merci pour ce texte il est fort édifiant.

    De plus je me demande si les gens savent ce qu’ils achètent quand il achètent du Apple…

    Ça laisse songeur.

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    • C’est vrai pour la vaste majorité de nos achats et pas seulement les bidules d’Apple.

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  • Combien coûterait un iPhone s’il était fabriqué aux USA? Probablement pas beaucoup plus cher car tout serait robotisé encore plus. Le design serait différent pour éviter la main-d’oeuvre (un iphone moins mince?)
    On peut se passer des Chinois. On peut mettre tout le monde dehors. Faisons-le. C’est vrai que l’esclavage est terrible. Et je dis tout ça sérieusement, sans ironie. Ça règlerait les problèmes environnementaux et aussi la surpopulation.

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  • Vous avez raison Nelson, il faut ralentir la croissance de la demande pour ces produits artificiels. Quand la Chine va exploser, ça va arroser un peu partout sur la planète. J’y suis allé en juillet dernier avec des amis dont deux chinois. Notre voyage nous a fait traverser la Chine d’un bout à l’autre. Comme une puce sur le dos du chien, nous avons fait 8 vols domestiques vers davantage de destinations. Depuis mon retour, ça fait 5 semaines maintenant, je fais attention aux étiquettes comme jamais auparavant. J’ai un ordinateur depuis le début des années ’80. Mes premiers Mac étaient fabriqués aux USA. Puis, mon dernier, lui il a été fabriqué en Asie, en Chine surement.

    La Chine, c’est trop. La démesure où tous nos paramètres existentiels prennent le bord. La présence continuelle des gens, trop. Le bruit partout, surtout dans les grandes villes (il y en a beaucoup de 10 millions et plus), les klaxons, les gens qui passent sur leur moto, trop. Les vendeurs itinérants; une goutte de pluie et les ventes commencent. Ça pourrait être drôle mais pas là où j’étais à Shanghai. Ça aussi, il y en avait trop pour moi. Nous sommes restés 8 jours à Beijing d’où on devait prendre notre avion du retour. J’avais trouvé un commerce près d’une entrée de métro où il s’y préparait un excellent espresso et quelques pâtisseries de type occidental (dont je m’ennuyais[shame on me]). La jeune fille à la caisse semblait être toujours en poste. Quand je lui demandai si elle prenait des congés, elle nous a dit fièrement qu’elle se gardait toujours un ou deux jours par mois pour prendre congé… Qu’elle aimait travailler et que si elle s’absente, elle pourrait être remplacée … Beaucoup de pression alors que tout le monde parait vraiment cool. Indifférence et/ou ignorance cultivées par les media censurés.

    Ce n’est pas étonnant que ça puisse commencer à bouger. Mais la répression est lourde dans l’Empire du Milieu. Tant que le Parti communiste cautionne l’organisation industrielle, les chinois vont se soumettent. Comme ils sont très occupés à acheter des bouts de continents ici et là pour installer leur colonialisme économique, il vaut mieux que l’harmonie règne à la maison. Pour ça, il y a l’argent et les McDO qui se multiplient au rythme des KFC. Ils vont commencer à grossir, les Chinois, au fur et à mesure que les “contaminants” culinaires américains collaborent au noble effort révolutionnaire consistant à nourrir la nation! ;o)

    Comme j’ai eu l’impression qu’ils n’avaient pas vraiment besoin de moi, le touriste voyageur, je fais attention aux étiquettes. Un ou cinq dollars de plus pour un bidule “Made in USA ou in CANADA ou autre que China” et je l’achète. Croyez moi, ça ne les dérange pas du tout, mais là, pas du tout. Par contre, je n’ai pas de cellulaire ou d’ordiphone.

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  • Oui, l’esclavage est une chose terrible, et dégradante, qui ne devrait plus exister depuis longtemps.

    Mais, qu’en est-il de leur réalité, de leur vie de tous les jours ?

    Malgré les sévices, suicides et accidents causés par de trop nombreuses heures de travail, est-ce qu’eux, les travailleurs, trouvent que c’est une amélioration de leurs conditions de vie ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Qui sait ?

    Voyons-nous leurs drames avec nos yeux de gens moyennement bien nantis, où est-ce pour eux une manne que ces compagnies apportent ? Difficile à dire…

    Encore plus difficile à comprendre que certains humains puissent s’astreindre à un tel esclavage, alors qu’ils savent très bien que ce n’est pas pour fournir une matière de base au reste de l’humanité.

    Force est de constater que même en nos temps dits évolués rien ne change vraiment. L’esclavage qui a scandalisé tant de gens par le passé a seulement migré ailleurs.

    « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie »

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    • Malgré notre relatif confort dans les pays dits développés, ne sommes nous pas esclaves des cartels bancaire (la dette frauduleuse par l’accaparement de la création de la monnaie et des intérêts frauduleux qui s’y rattachent) et pétrolier ?
      Ne sommes nous pas forcés (indirectement à travers nos impôts et taxes) de donner une grande partie de notre force de travail à ces bandits à cravate?? Avons-nous le choix d’utiliser des moteurs autres qu’au pétrole et de payer dix fois le prix que vaut l’essence?

      Ça rejoint la définition de l’esclavage je crois, même si ce n’est pas aussi spectaculaire.
      On pourrait aussi parler du conditionnement et de l’esclavage aux biens de consommation, du cartel des télécoms, etc…

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    • Ah le progrès! Avant on vendait des esclaves. Aujourd’hui ils se vendent eux-mêmes…

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  • Les chinois s”ous une dictature éclairée” vont avoir le reste du G8 au détour. Ce n’est qu’une question de temps.

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    • Depuis plus de 20 ans que leur “dictature éclairée” se fait infiltrer de toutes parts par nos grands prédateurs capitalistes. Vous pensez quoi? Qu’ils se tournaient les pouces en regardant ces hordes de travailleurs acharnés, précis, intelligents, pauvres et disciplinés?
      Et plus ça va pire c’est. Ce qu’on nous en présente dans les grands reportages de nos grands médias si “objectifs”, c’est de la propagande pour être bien sur qu’on craigne l’étranger et qu’y regarde pas de plus près.

      La globalisation capitaliste n’a pas de nationalité, elle est mondiale. Le système bancaire est unifié, le libre échange est à libre pour les grandes corporations. “ILS” entretiennent les nations et les conflits frontaliers seulement pour mieux nous manipuler par morceaux. “ILS” nous colent le nez sur les arbres à travers les médias au lieu de laisser voir la grande forêt néo-libérale. Les chinois n’ont déjà plus le contrôle de leur pays, tout comme nous et 90% des pays de la terre.
      Bonne journée.

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      • Je ne peux pas être d’accord avec votre énoncé. Non seulement le Parti Communiste a le plein contrôle de sa population (auto régulation des comportements, répression sévère ou violente au besoin, censure), la Chine s’apprête à prendre le contrôle des autres pays qui sont ses débiteurs et la liste s’allonge à tous les jours. Toutes les compagnies occidentales implantées en Chine le sont suivant des règles strictes édictées par le Gouvernement. Hong Kong sert de laboratoire par où la Chine transige avec les reste du monde “capitaliste”. En général, la Chine contrôle totalement et exhaustivement tout ce qui entre dans le pays. Les McDO et autres KFC sont implantés dans des grandes villes au long du Pacifique. Dès qu’on s’éloigne, ils deviennent très rares sinon absent. Il n’y a que WolksWagen qui soit implantée solidement d’un bout à l’autre du pays.
        Bonne journée.

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  • Les prédictions du temps de mon enfance se réalisent une à une. Les années deux mille allaient voir s’épanouir la civilisation des loisirs. Les gens ne travailleraient plus: tout allait se faire avec des machines.
    Nous voilà en l’an 2000 et nous sommes bien dans les nuages du nirvanna technologique pendant que les robots s’activent dans des contrées lointaines. On reçoit chaque mois nos factures qui se paient à notre insu pendant que les chinois bossent à qui mieux mieux.
    Faut dire que tout cela n’est pas arrivé tout seul. Nous avons eu à l’époque, la bonne idée de lourdement investir dans les technologies d’avant-garde: on s’achetait tout azimut des chinois à coup de cinquante cennes via les bonnes oeuvres de la Sainte Enfance. Et ça rapporte aujourd’hui des dividendes!!!
    Mais à cette époque déjà, le professeur Narthon craignait la courroux des robots. Et si les chinois se mettaient à se découper de jolis petits carrés rouges et à descendre dans la rue, casserole à la main. Méchant tintamarre et réveil brutal à prévoir!

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    • Opération mystère!!! J’en avais oublié le nom mais c’était la première fois que j’entendais le mot Uranus et que je voyais de la fumnée de glace sèche. J’avais 5 ans.

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  • Premier commentaire:
    C’est super intéressant ce magazine, mais ça va vite. J’ai de la misère à réagir à chaque (fort intéressante) chronique quotidienne. À mon âge, on se satisfait de 2 ou 3 fois par semaine.
    Deuxième commentaire:
    Je dois bien avoir une vingtaine de pots de sauce tomate dans mon congélateur. le tout confectionné à partir des six plants de tomates plantés en pot sur mon balcon. Et je ne compte pas les salades, soupes et ratatouilles diverses mangées et digérées. L’année prochaine, j’aurai 2 douzaines de plants dans la cour arrière de mon nouveau logis, de quoi faire frémir les supermarchés de ce monde. Vous pensez que je suis hors-contexte dans ce magazine techno, que je devrais aller squatter ailleurs? Alors, sachez que je suis foncièrement d’accord avec Nelson Dumais et que j’admire de telles mises en garde. Le problème, technologie ou pas, n’est pas la consommation mais la surconsommation; pis, cette manie de vouloir battre des records: 5 millions d’iPhones vendus en 3 jours, c’est nul et ce serait probablement la faute à In-cell… La majorité des acheteurs d’iPhone5 ont déjà acheté le 4 et courront se procurer le 6 et le 7, alouette. Il en résulte surproduction et exploitation des travailleurs puisqu’il faut produire des millions d’unités dans un temps limité. À voir la quantité de gadgets “Made in China” sur le marché, je “paranoîaque” car je subodore que l’impérialisme économique chinois va succéder à celui des américains, des japonais, des russes, des anglais , des français, des romains,… Au final, nous travaillerons ici, un jour, pour satisfaire la consommation du nouvel empire. Et si on autoproduisait au max?

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  • Dans quelques années qui sait c’est peut-être nous et/ou nos autochtones dans le Nord qui seront les iSlaves à travailler dans les minières chinoises!

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  • C’est super intéressant ce magazine, mais ça va vite. J’ai de la misère à réagir à chaque (fort intéressante) chronique quotidienne. À mon âge, on se satisfait de 2 ou 3 fois par semaine.

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    • Pfûûûûûûû! Cabotinage, dirait Yvan Ponton, ce vieil arbitre de la LNI. :-P

      Le Dauphin provisation mixte ayant pour titre : Rexie glace

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      • Je suis démasqué! Bon ok, j’avoue, je plagie la charette à Denis3r… Quelle perspicacité ce dauph-Inspecteur Clou sous l’eau!

        Tiens j’en profite pour me corriger “le libre échange est libre pour les grandes corporations seulement.”

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  • Ouff ! Quel article !

    J’ai mon Vaio qui a rendu l’âme hier, 15 jours après la garantie prolongée. Il a rendu l’âme comme le ferait un i-Bidule de Apple, c’est à dire comme ça, TOC-et-puis-plus-rien.
    (les i-Pod de mes nièces avaient cette facheuse habitude, généralement après deux ans d’utilisation).

    Les gens de chez Foxconn n’ont pas fini d’en baver à fabriquer des i-Bidules et autres Vaio car selon moi tous ces “quossins” sont programmés pour crever éventuellement ; et il semblerait que leur mort anticipée soit prévue plutôt tôt, que tard.

    J’ai tout démonté le Vaio en mille morceaux pour tenter de trouver la source de cette mort subite. C’est de la “micro-électronique” peu d’intervensions maintenance-réparration sont possible. J’ai ré-initialisé le CMOS en déchargeant tous les circuits et en coupant la batterie-cmos, bref que dalle : La bestiolle est définitivement morte.

    En lisant votre article ce matin, Monsieur Dumais, je regardais le nouveau portable (acheté hier tout neuf) qui remplace mon Vaio, (un Samsung tout hot avec 4 coeurs et 8 Go de ram) (fini les Sony pour moi !) et je me disais : Quelle folie… Et en plus de toute cette misère humaine, il y a toute cette merde qu’on laisse aux pays du tiers monde, où les gens font fondre les vieilles cartes de nos i-Bidules pour y récupérer les métaux précieux tout en s’empoisonnant !

    Quelle folie.

    En plus ce matin j’apprends dans La Presse qu’il n’y a presque plus d’hélium sur notre terre. Un gaz rare essentiel qui n’est pas renouvlable et qu’on ne peut pas fabriquer artificiellement. On le gaspille encore (au moment où je vous parle) dans des “ballons-de-fête” !!!

    Benoît Duhamel,
    [qui se dit que parfois il y a de ces petits matins]

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  • Ce problème pourrait facilement être éradiqué tant peu que nous soyons prêt collectivement à faire preuve d’honnêteté intellectuelle.

    Nelson, de sa bonne sagesse, dans ce document nous amène sans aucune peine à mi-chemin, par une phrase:

    "Mon frère asiatique dont la civilisation est mille fois plus ancienne que la mienne devrait avoir droit à la même qualité de vie que moi."

    Une phrase anodine à première vue, mais celle-ci évoque un lien très fort face au travailleur(se) anonyme situé à l’opposé de notre planète par le fait de le(la) désigner comme notre frère. Si vous pensez que ceci n’a qu’un faible impact psychologique, je vous propose de réfléchir à ceci: Les nations qui ont une condition de conflit envers une ou plusieurs autres nations, tendent à démonniser les citoyens de ces nations afin de faciliter l’acceptation du conflit et ses répercussions directes, tels que les morts et mutilés.

    La seconde étape passe par la mise en place d’une directive de certification visant à établie si un produit a été fabriqué en respectant les travailleurs. Nous attribuons maintenant une certification verte afin de déterminer l’empreinte environnementale d’un produit ainsi qu’à sa fabrication, nous devrions donc en faire de même pour ce qui a trait à la main d’oeuvre.

    Vous vous demandez en quoi une certification de type humanitaire changerait nos habitudes? Prenons une cible facile (moi je dirais légitime) Apple. Celle-ci prend soin, sur ces produits, d’inscrire la mention "Designed by Apple in California, assembled in China". Apple veut nous vendre l’idée que ses produits sont américains. Pour un iPhone vendu 800$, il n’en coûte à Apple moins de 150$ à le fabriquer, une marge de bénéfice qui en rend jaloux plus d’un. Apple justifie la fabrication chez Foxconn par l’impossibilité de le faire au États-Unis en plus de doubler voir tripler les coûts de production.

    Avant d’expliquer comment la certification pourrait concrètement contribuer à changer la situation, il faut ajouter au portait global, un réalité portant sur la fiscalité des entreprises multi-nationales.

    Toujours avec l’exemple de Apple et d’un iPhone. Ce n’est pas un secret, Apple dispose de liquidités de plus de 100 milliards de $USD dans ses comptes bancaires offshore. Comment cela est-il possible? Sans entrer dans un cour d’économie, disons que les profits d’une entreprise sont imposés dans le pays où ceux-ci ont été réalisés. Prix de fabrication à 150$ pour un prix de vente de 800$ nous avons donc un profit de 650$ pour un téléphone vendu au États-Unis. FAUX, complètement FAUX. Aux États-Unis, Apple n’achète pas le téléphone de Foxconn mais de Apple China corporation au coûts d’environ 650$ sur lequel elle fait une marge de seulement 150$. De son côté, Apple China paie à Foxconn 150$ le téléphone qu’elle vend à Apple USA à 650$ pour un bénéfice de 500$, bénéfice imposé en Chine.

    Maintenant, avec une meilleure connaissance de la situation, revenons à l’usage de la certification humanitaire. Un iPhone aurait une note très faible pour la conformante de la certification humanitaire et devrait donc faire l’objet d’une taxe compensatoire appropriée prélevé aux douanes. Le montant de la taxe tiendrait compte des profits réalisés en Chine et de la note obtenue pour la certification humanitaire. Pour l’exemple, donnons un 2 sur 10 pour le iPhone et imposons une compensation sur le 80% manquant. Le iPhone est importé de Chine au prix de 650$, ajoutons les frais compensatoire de 80% ce qui donne un montant de 520$ directement dans les coffres de l’état qui sera en mesure d’atténuer les fermetures d’entreprises et investir dans la formation de la main d’oeuvre.

    Avec un prix de vente majoré de 520$ pour couvrir les tarifs compensatoires et sur lequel on appliquera les taxes de vente, un iPhone produit en Chine ne serait plus un produit autant convoité par les américains si ceux-ci pouvaient les produire à un prix équivalent.

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