Veille économique: l’Open Source ignoré au Québec

20 septembre 2012 9 h 59 min 22 commentaires Views: 1008

Partagez cet article

  • TwitterTwitter
  • FacebookFacebook

Auteur(e)

Tags:

Quand on compare le développement des marchés de la veille économique (1) (Business Intelligence) en Europe et en Amérique du Nord, quelques différences majeures sautent aux yeux. Ainsi au Québec, ce marché est détenu essentiellement par les grands éditeurs étasuniens, les SAS, Microsoft, IBM, Oracle et par l’Allemande SAP. De plus, la veille économique dite agile commence tout juste à poindre.


(Illustration NDLM)

Par exemple, le logiciel QlikView est présenté au travers de quelques séminaires, Tableau Software commence à investir en publicité, etc.

En revanche du côté des logiciels à code ouvert (les technologies Open Source), c’est plutôt le calme plat. Où sont les Jaspersoft, Talend, SpagoBI, BIRT, Jedox et j’en oublie ? Depuis maintenant cinq ans, en Europe, ces éditeurs proposent des solutions alternatives sérieuses aux grands éditeurs traditionnels. Pourquoi le Québec resterait-il à l’écart de ce mouvement ?

Je pensais qu’il s’agissait d’un manque d’information. En juin 2012, j’ai voulu organiser une conférence pour faire le point sur les technologies ouvertes en veille économique. Certains me l’avaient déconseillé, dont les membres du chapitre montréalais de la TDWI (The Data Warehousing Institute), déçus du manque d’intérêt de la journée qu’ils avaient organisé sur ce même sujet il y a un an. Après plus de deux mois de promotion, d’annonces sur les réseaux sociaux, j’ai dû reconnaitre mon échec. Une petite dizaine d’inscrits, pour une conférence gratuite, qui proposait de faire le point au travers de cas d’entreprises et de dresser le panorama des solutions. Échec donc, qui nous a conduit, avec notre partenaire Savoir-Faire Linux, à annuler cette conférence.

Le Québec n’intéresse pas les éditeurs Open Source


Du côté des éditeurs, même indifférence. Encore plus étonnante d’ailleurs. Il m’a fallu insister lourdement, et parfois même me faire menaçant, pour obtenir de certains une réponse polie concernant leur participation éventuelle. Réponse polie qui consistait généralement à ne pas me donner de réponse. Je peux donc l’affirmer aujourd’hui : Le Québec n’intéresse pas les éditeurs Open Source !
(Source de limage: cliquez sur la photo)

Alors que certains comme Talend font du bruit tous les jours sur les médias sociaux en Europe, aux États-Unis ou même en Chine, ils n’ont même pas daigné répondre à mes messages. D’autres encore comme SpagoBI, Jaspersoft ou Actuate ont du être relancés plusieurs fois avant de convenir que le Québec ne les intéressaient pas. Ces mêmes éditeurs investissent pourtant parfois dans des projets importants en Amérique du Sud, en Russie, en Asie… le Québec serait-il un marché moins porteur que le Paraguay ?

Mais il faut plus qu’une annulation de conférence pour me faire changer d’avis ! Et si les professionnels de la veille économique ne souhaitent pas se réunir autour des technologies ouvertes, cela ne m’empêchera pas de faire un tour du sujet au travers du Web. Histoire de corriger certains a priori ou certaines méconnaissances de ce que sont et ne sont pas les technologies ouvertes.

Le Printemps Érable a-t-il oublié les technologies ouvertes ?


C’est peut-être osé, mais je me risquerai à une mise en perspective de la tension sociale du printemps au Québec et du désintérêt des entreprises pour l’open source. Lorsque dans les rues de Montréal défilaient des familles, des adultes, des étudiants, des retraités, des citoyens de tous âges, créant ce tintamarre des casseroles dont on a parlé dans le monde entier, combien de “CIO” étaient parmi eux ? (Source de l’image: cliquez sur la photo)

Corrélation sans rapport ? Peut-être pas. J’ai l’impression que cette foule bruyante qui se sent ignorée de son gouvernement, éprise de liberté, de partage, de communion, n’est pas si éloignée des valeurs de l’open source. Monsieur le CIO (Chief Information Officer), qui préfère cette appellation anglo-saxonne à celle de DTI (directeur des technologies de l’information), serait-il moins social, plus libéral, ou, finalement, plus attaché au confort, apparent, proposé par les bureaux cossus des grands éditeurs de logiciels nord-américains ?

De passage récemment dans les bureaux de l’un d’eux dans le centre-ville de Montréal, j’étais impressionné par le calme, l’espace, la vue sur Montréal, l’amorti de mon postérieur sur les canapés en cuir, les meubles design et toutes les technologies modernes … que je retrouve dans le prix de mes licences de logiciels ! Il est pourtant loin le temps où IBM fournissait aux entreprises matériel, logiciel, consommables et services, y ajoutant le directeur des TI acquis à sa cause; faisant et défaisant dans les années 60/70 les carrières de certains.

Idées reçues


Le monde de l’Open Source offre des perspectives différentes. Peut-être par méconnaissance, les professionnels de la veille économique au Québec semblent les ignorer. Alors corrigeons quelques idées reçues. (Image à la droite: droits libérés)

L’open source c’est pour les petits joueurs, ce n’est pas sérieux : Faux

Peut-être était-ce vrai il y a quelques décennies lorsque Linus Torvald développait Linux pendant ses nuits. Mais aujourd’hui vous ne pourriez pas lire cet article sans le concours de logiciels Open Source. La majorité des serveurs Web, des équipements techniques de nos entreprises, peut-être votre fureteur Firefox, et votre logiciel de téléphonie par Internet, utilisent des composantes à code ouvert.

Même les plus grands éditeurs de logiciels propriétaires incorporent des parcelles de code ouvert dans leurs outils, au risque d’ailleurs que cela leur soit reproché. Vous ne le savez peut-être pas, mais le système d’information de votre entreprise s’effondrerait demain s’il était privé de ses composantes Open Source. Et votre budget informatique en prendrait un sacré coup s’il fallait les remplacer demain par une version propriétaire.

L’open source est plus technique : Vrai


C’est totalement juste. Les outils Open Source sont développés par des passionnés de technologie. Et il faut reconnaitre que leurs points forts ne sont ni dans l’interface graphique, ni dans l’ergonomie, le marketing, la documentation, l’envie d’acheter ou l’effet Whaou ! Comme s’ils se complaisaient dans un environnement réservé aux geeks, les développeurs Open Source ont bien du mal à rendre leurs produits attrayants. C’est sans doute la principale raison de leur échec commercial sur certains projets. (Source de limage: cliquez sur la photo)

L’open source est gratuit : Faux

C’est une des principales confusion, autour du mot anglais “free” qui signifie à la fois libre et gratuit. Mais le logiciel à code ouvert peut parfaitement être payant. Tout comme un logiciel gratuit peut parfaitement être propriétaire. Et dans le domaine des solutions d’intelligence d’affaires, les principaux éditeurs cités ci-dessus sont devenus adeptes de l’Open Source commercial. Ils laissent à disposition une version communautaire, totalement gratuite, mais souvent en retard de quelques fonctionnalités et moins complète que leur solution entreprise, commercialisée avec un contrat de soutien, indispensable dans le cas d’une utilisation professionnelle.

L’avantage est que vous pouvez télécharger et tester à loisir la version communautaire, développer votre application, et passer à la version propriétaire lorsque votre projet atteint sa maturité. Puis souscrire alors à un contrat de soutien. Mais ne l’oubliez pas, les éditeurs Open Source sont des entreprises comme les autres, elles payent leurs salariés, les loyers de leurs bureaux, leurs dépenses de marketing, etc.

L’open source est plein de bogues : Faux

En tous cas pas plus que les logiciels propriétaires ! Et plus un logiciel à code ouvert est diffusé, plus importante est la communauté de ses utilisateurs, plus les erreurs éventuelles seront détectées rapidement; et peut-être même corrigées directement par la communauté avant que ces corrections ne soient intégrées par l’éditeur. En revanche pour choisir un bon logiciel Open Source, mesurez la taille de sa communauté et son dynamisme sur les forums; c’est le meilleur indicateur de la qualité des développements.


Source: NDLM

Les éditeurs Open Source ont moins de moyens de R&D : Vrai (et Faux)

C’est incontestable. Ayant moins de revenus puisqu’ils ne vendent pas de licences, les éditeurs Open Source investissent moins directement en R&D. Mais ils bénéficient en revanche de l’ensemble des développements de leur communauté. Et parfois cela peut représenter des milliers de jours/hommes par an, qui sont offerts par les utilisateurs à l’éditeur.

Son rôle est alors de vérifier les développements et de les intégrer à son code principal. Alors sans doute les éditeurs Open Source sont-ils un peu moins à la pointe des technologies du futur, mais ils répondent parfaitement aux besoins des entreprises d’aujourd’hui et leur écosystème les fait progresser chaque jour.

L’Open Source est concurrente des technologies propriétaires : Vrai

Complètement ! Et depuis plusieurs années, de nombreuses entreprises ont choisi de remplacer ou de compléter leurs outils de veille économique par des solutions Open Source. Ce n’est jamais un choix purement idéologique, mais cela résulte d’une comparaison point par point des avantages et inconvénients de chaque modèle. À vous d’en faire autant ! Et il est tout aussi absurde de choisir idéologiquement de l’Open Source que de l’écarter idéologiquement.

Du point de vue fonctionnel, les solutions sont comparables. Certaines sont meilleures que d’autres, tout comme les solutions propriétaires. À vous de les comparer, mais elles sont aujourd’hui au même niveau que bien des solutions propriétaires.

En choisissant de l’Open Source, je prends un risque pour ma carrière : Vrai et Faux


En allant travailler tous les matins, vous prenez un risque pour votre carrière. C’est vrai. Mais choisir une technologie ouverte ne vous fera pas courir un risque plus important que de choisir une technologie propriétaire. A moins que vous ne soyez un professionnel plus attentif à sa carrière future qu’à la qualité de son travail quotidien, vous devez choisir ce qui est le mieux pour votre entreprise. Source de l’image: Wikipedia

Il y a quelques années un CIO allemand m’expliquait qu’il choisirait SAP pour son entreprise uniquement parce qu’il n’avait pas encore dans son CV de mise en place de SAP… Mais de toutes façons, le jeu des fusions-acquisitions fait qu’aujourd’hui si vous choisissez X, il y a des chances qu’il soit racheté par son concurrent Y ou par Z. Vous aviez choisi Business Objects parce qu’ils étaient les meilleurs amis du monde avec Oracle ? Pas de chance, c’est SAP qui l’a racheté. Et Oracle promeut depuis son offre maison.

Le service client est moins bon autour de l’open source : Faux, mais il est différent

Si vous choisissez de vous débrouiller seul, vous n’aurez pas accès à une hot line pour répondre à vos questions. Vous utiliserez les forums sur Internet et la communauté vous répondra. Mais il faudra aussi apprendre à répondre de temps en temps à votre tour. C’est un système d’échange, pas d’achat. Si en revanche, vous choisissez de souscrire à un contrat de soutien auprès de l’éditeur, vous vérifierez alors dans le contrat proposé que les conditions de réponse à vos attentes sont bien remplies.

Idée révolutionnaire


Et si après le conflit étudiant le carré rouge devenait alors le symbole des professionnels des TI qui défendent une comparaison objective et indépendante entre les technologies ouvertes et les technologies propriétaires. Ce serait une belle réutilisation pacifique des milliers de mètres carrés de feutrine rouge devenus disponibles. Source de l’image: Wikipedia

Bientôt vous afficherez votre carré rouge au bureau pour dire à votre DTI (CIO) que vous êtes attentif à ce qu’il ne choisisse pas l’une des deux approches par dogme, mais après avoir objectivement comparé les bénéfices de chacune pour votre organisation. Et s’il ne le fait pas, venez en réunion avec votre casserole !

Voilà, j’espère avoir contribué modestement à éclairer certains a priori québécois sur les technologies à code ouvert. Et je formule le souhait que du côté des éditeurs comme des utilisateurs, les esprits s’ouvriront dans les prochaines années.

(1) Il se dit aussi “veille stratégique”.

Auteur(e) Philippe Nieuwbourg

Après une carrière en gestion, en marketing et en journalisme, Philippe Nieuwbourg a fondé en 2000 le Musée de l’informatique de Paris, institution à succès qui, depuis le printemps 2010, a maille à partir avec la bureaucratie française. Mais cela ne l’empêche pas d’être, notamment, analyste spécialisé en intelligence d'affaires chez Decideo, un cabinet d’experts établi en France et au Québec.

22 commentaires

  • Merci pour cet article qui est très intéressant, bien que certains aspects me dépassent.

    J’utilise l’open source (un peu). Pour moi open source ne veut pas dire gratuit. Cela veut dire qu’on peut utiliser un produit et payer pour l’usage qu’on en fait. J’ai besoin d’une suite bureautique chez moi, mais je l’utilise très très peu. Je verse donc un petit montant annuel à hauteur de la valeur que je donne à son usage.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 7 Thumb down 0

  • Excellent article! Il est grand temps qu’au Québec on “se réveille”. Il y a quand même de l’espoir avec le PQ maintenant au pouvoir, ce dernier ayant déjà commençé à défendre la cause! D’ailleurs est-ce que madame Malavoy est toujours là au PQ? Si je me souviens bien, c’est elle il me semble qui était très au courant du dossier. Je me rappelle aussi avoir lu que M. Cyrille Béraud, président de savoir-faire Linux, se présentait comme candidat au PQ, qu’en est-il maintenant?

    Cotez ce commentaire: Thumb up 7 Thumb down 0

    • Marie Malavoy est encore au PQ. Elle vient d’être nommée ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, si je ne fais pas erreur.

      Quant à Cyrille Béraud, il n’a pas été élu. C’est le parti du frisé qui a gagné à Vimont.

      Cotez ce commentaire: Thumb up 2 Thumb down 0

      • M’ouin. Au moins Malavoy est toujours là, et elle est au courant des logiciels libres. Y’a quand même de l’espoir!

        Cotez ce commentaire: Thumb up 4 Thumb down 0

        • J’espère aussi que bientôt le sujet sera de nouveau d’actualité, quoique le PQ étant minoritaire ça risque de ne pas bouger fort de ce côté-là pour un certain temps. Ils ont pas mal de pain sur la planche, comme on dit :smile:

          Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

  • Article très intéressant et détaillé. Ça aide énormément à la compréhension du phénomène de rejet, ou de mise à l’écart de l’Open Source. Espérons qu’un jour, pas trop lointain, il y aura beaucoup plus de concurrence avec les logiciels propriétaires. On aurait tout à y gagner, à mon avis.

    Merci, c’est toujours un plaisir de vous lire !

    Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

  • Je pensais que Open Source voulait dire gratuit. Merci Philippe, article très étoffé.

    Suite à la lecture de votre article, je vais me coucher plus intelligent ce soir.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 2 Thumb down 0

    • Voilà une erreur courante que font bien des gens en parlant du logiciel libre (Open Source). Quelqu’un disait récemment sur NDLM que les logiciels libres sont “broche à foin”… Il m’était justement venu à l’esprit que cette personne devait probablement confondre “libre” avec “gratuit”. Des logiciels propriétaires et gratuit broche à foin, ça y’en a en masse! Un logiciel gratuit n’est pas nécessairement “libre”.

      Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

      • Précision: l’interface et l’expérience utilisateur sont broche à foin, pas les logiciels en soi. Et je parlais bien des logiciels libres, pas de ceux dits gratuits.

        En cela, je rejoins en quelque sorte la partie du texte ci-dessus intitulée «L’open source est plus technique».

        Je persiste à dire que l’informatique doit d’abord et avant tout être centrée sur l’utilisateur et que les développeurs identifiés au libre devront un jour en tenir réellement compte pour gagner la partie.

        La situation est mieux qu’il y quelques années, mais beaucoup de chemin reste à être parcouru.

        Cotez ce commentaire: Thumb up 1 Thumb down 1

  • J’aimerais apporter certaines nuances au propos que le Québec n’intéresse pas la communauté OpenSource.

    Il faut considérer, qu’en général, en Amérique du Nord, le logiciel libre n’est pas très utilisé à cause de la proximité de géants tel que Oracle et IBM, pour les systèmes de gestion de base de données relationnelles. Il est très difficile, au niveau marketing de rivaliser avec ces entreprises qui n’ont pratiquement aucune limite budgétaire pour des campagnes de publicité.

    Il est vrai que le Québec est plus ouvert au logiciel libre, mais ne représente pas un marché assez lucratif pour que les entreprises européennes en vienne à maintenir une présence locale.

    Mais le problème le plus important à l’utilisation du libre en entreprise suit une logique assez simple. Lorsque vous dépensez des millions pour des systèmes de gestion, serveurs matériels et licences de serveurs de bases de données relationnelles, qui comportent des frais de support annuel non négligeables, vous faites en réalité l’achat d’une police d’assurance. Si un problème arrive, le support technique sera en mesure de vous accompagner afin de minimiser les temps d’arrêt.

    Un gestionnaire qui prend la décision d’utiliser des outils libres pour traiter les données de l’entreprise ne fait qu’une économie à court terme. Car lorsqu’un problème va se pointer à l’horizon, il est fort à parier que le support technique ne sera pas comparable à celui de Oracle ou IBM. La panne sera de plus longue durée et la perte de productivité aura un impacts financier qui va a facilement éclipser l’économie réalisée lors de la sélection d’un produit libre versus un produit supporté par fournisseur de base de données. Le gestionnaire sera rapidement désavoué même si dans le fonds ses intentions étaient nobles.

    En résumé, à moins que la décision ne provienne du propriétaire d’une entreprise, le choix de logiciels libres est une épée de Damoclès pour un gestionnaire lorsque l’entreprise possède la capacité financière de s’en tenir aux produits commerciaux.

    L’avenir de libre n’est pas voué à l’échec, au contraire. L’initiative doit venir de nos gouvernement. En 2005, la ville de Munich à décidé d’utiliser Linux sur son parc informatique comprenant alors 14,000 ordinateurs de type PC. L’expérience a été un succès, mainte fois repris. C’est suite à de tel succès qu’un gestionnaire peut proposer l’utilisation du libre au sein de l’entreprise sans s’exposer a être tenu responsable en cas d’échecs.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 8 Thumb down 0

    • “La panne sera de plus longue durée”

      Pourquoi?? C’est bien relatif tout ça… Si vous voulez du support, y’a plein d’entreprises spécialisées dans le support des logiciels libres, et souvent, étant plus petits et donc plus attentionnés ils peuvent offrir du support encore plus rapidement que les gros Microsoft/IBM/Oracle, etc. Ou bien si vous faites affaire avec une grosse entreprise comme Red Hat et que vous avez un contrat de support 24/7, je ne vois pas du tout quelle est la différence avec une entreprise de logiciels propriétaires, le support reste le même!! De plus on parle d’IBM comme étant fournisseur propriétaire mais pourtant elle offre autant sinon plus de solutions libres basés sur Linux! Bref la ligne est pas mal floue ici.

      De plus pour ce qui est de la sécurité des logiciels, c’est connu que quand y’a une faille sur Mac ou Windows, Apple et Microsoft peuvent parfois prendre des semaines avant d’envoyer une “patch” pour régler le problème. Sur Linux règle générale quand on trouve une faille c’est souvent réglé le lendemain ou presque…

      Cotez ce commentaire: Thumb up 4 Thumb down 0

      • @toogreen

        Je ne met pas en doute que certains fournisseurs de solutions libres aient un support 24/7, mais c’est loin d’être la norme.

        Red-Hat propose un système d’exploitation, une composante vitale pour un système. Elle se doit d’offrir un service diligent et efficace. Mais que dire des Jaspersoft, Talend, SpagoBI, BIRT, Jedox mentionnés dans la chronique?

        Par expérience, je peux vous dire que faire affaire avec un géant tel que Oracle ou IBM n’est pas de tout repos quand vous avez un problème en production. Si vous n’avez pas un système homogène, à savoir d’un seul fournisseur, préparez-vous à une joyeuse partie de ping-pong. Un trio serveur matériel, système d’exploitation et serveur de base de données relationnelles hétérogène a tout le potentiel de vous envoyer à la maison de fous des 12 travaux d’Astérix. Et pour cause. Chacun va attribuer à l’autre l’origine du problème. Dans le pire des scénario, vous aurez à placer 3 appels de service pour la même panne et chaque réponse de l’un des fournisseurs entrainera des questions pour les autres fournisseurs.

        Si on ajoute au trio mentionné ci-haut un serveur d’application Java J2EE, ce quatuor, dans un environnement hétérogène est aussi dangereux qu’un arme de destruction massive en cas de panne.

        Historiquement, les serveurs de Sun Microsystems utilisant Solaris comme système d’exploitation sont généralement préférés pour les serveurs de base de données relationnelles éponyme de Oracle. Ce fait était un facteur majeur dans la décision d’Oracle de se porter acquéreur de Sun Microsystems. Oracle se trouve maintenant en mesure d’offrir des solutions intégrées (matérielles et logicielles) au même titre que sa grande rivale IBM. Pour ces géants, offrir une solution complète, mur à mur, est avantageuse et deux fois plutôt qu’une.

        Premièrement: les fournisseurs disposent d’environnements, matériels et logiciels, multiples sur lesquels seront conduit les tests de qualités avant de mettre en marché les nouveaux produits. Ces même environnements seront très utiles lors de problèmes afin d’identifier les causes des pannes rencontrées par les clients.

        Deuxièmement: les fournisseurs disposent, à des fin de diagnostics, de systèmes de collecte d’informations (configurations, métriques opérationnelle, …) pour leurs produits. Les données ainsi recueillies sont fort utiles pour les équipes du support technique.

        Comme je l’ai déjà mentionné, opter pour une solution propriétaire n’est pas un choix pour un meilleur produit ni une économie, c’est une police d’assurance an cas de pépin.

        Cotez ce commentaire: Thumb up 2 Thumb down 0

  • @Nelson

    Je ne veux pas jouer les troubles fêtes mais créer une image à partir d’un capture d’écran provenant du site http://www.w3.org/Status.html n’en fait pas une création NDLM.

    Le site w3c.org mentionne clairement les conditions d’utilisation:
    COPYRIGHT © 1994-2011 W3C® (MIT, ERCIM, KEIO), ALL RIGHTS RESERVED. W3C LIABILITY, TRADEMARK, DOCUMENT USE AND SOFTWARE LICENSING RULES APPLY. YOUR INTERACTIONS WITH THIS SITE ARE IN ACCORDANCE WITH OUR PUBLIC AND MEMBER PRIVACY STATEMENTS.

    Je ne vous embêterai plus avec ce type de remarque avant que je ne m’attire les foudres de la communauté NDLM.

    bm.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 1 Thumb down 0

  • C’est pas tout à fais vrai. Malgré les préjugés, quand une solution open fait l’affaire elle est utilisées et je parle du milieu gouvernemental.

    Le hic, c’est la plupart des sytèmes datent de l’antiquité et fonctionnent sur les systèmes centraux. Les nouvelles solutions, la plupart du temps toute migration nècessitant des BD passe par les produits d’Oracle ou de Ms. Quand une application open qui fait l’affaire elle est utilisée et on n’en entend pas parler plus que ça.

    Exemple un gros projet utilise une BD oracle le reste d el application developpé avec Eclipse est le serveur est Appache/Unix. Le wiki est open, le gestionnaire de source est subversion ou git et l’outil d’anomalie est open aussi. la documentation est rédigé avec office parcequ encore, quoi que l’on dise l’interface de open office ne rejoint pas les utilisateurs.

    Je pense qu il y a quelque lunixiens isolés dans leur bulles qui pensent pensent que les logiciels opens sont exclus.

    Quand il s’agit de faire des choix pour implanter un systèmes d’envergure, les coûts sont un des facteurs qui mène et s’il y une solution qui est gratuite, il n’y a pas un informaticien décent qui ne va pas la proposer.

    ,

    Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

    • @Mike T.

      Il faut se placer dans le contexte de la chronique, à savoir la veille technologique.

      Les outils de développement, (Eclipse, Netbeans, …) ou de productivité (OpenOffice, LibreOffice, …) ne vont pas engendrer une panne de ces systèmes.

      Le logiciel libre est tout de même utilisé par des produits propriétaires. Par exemple, le serveur Apache est à la base du serveur WebLogic de Oracle tout comme pour WebSphere d’IBM.

      Vous avez raison lorsque vous mentionnez:

      «s’il y une solution qui est gratuite, il n’y a pas un informaticien décent qui ne va pas la proposer.»

      mais le problème est qu’il n’y aura pas de gestionnaire indécent qui va en tenir compte.

      Cotez ce commentaire: Thumb up 1 Thumb down 0

  • Si M. Malavoy est ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et qu’elle s’intéresse à l’informatique Open Source, alors c’est une bonne nouvelle en ce qui a trait à l’utilisation de l’Open Source dans les écoles.

    En parallèle à cela, je suis présentement en 5e secondaire et j’ai un cours nommé Projet intégrateur (c’est un cours tout récent, je crois). Au courant de l’année, il faut développer et exécuter un projet de notre choix, basé sur nos intérêts. Il paraît qu’il sert à montrer qu’on a appris des choses pendant notre passage au secondaire…

    Alors je me suis demandé si c’était possible d’essayer de convaincre l’administration de mon école (l’école secondaire Soulanges si vous voulez savoir c’est où) d’utiliser non seulement davantage de logiciels Open Source / libres, car c’est déjà bien parti (à noter l’utilisation dans le cours d’informatique de logiciels tels que GIMP, Blender, GeoGebra, etc.), mais surtout un système d’exploitation libre. Puisqu’une bonne partie des étudiants moins geeks et surtout des professeurs ne sont pas toujours très habiles avec les ordinateurs, je me dis qu’Ubuntu serait un bon choix. (Ubuntu 12.10 devrait alléger Unity, ce qui est positif considérant la vitesse des ordinateurs de l’école.)

    Cependant, je sais pertinemment que l’école se base sur le réseau de la commission scolaire de la région, et donc que toutes les sessions et toutes les données / bases de données sont présentement sur Windows. C’est bien ce qui me gêne, car si je présente l’idée à mon professeur de PI, il me dira assurément que c’est impossible. Je préfère dire ambitieux. Sans parler du logiciel GPI, qui gère, à ce que je sache, les bulletins, les horaires et les absences.

    Suite à la lecture de ce texte, j’ai eu une petite poussée de motivation, mais la problématique est toujours présente. Par contre, comme je suis étudiant, mes connaissances sur le sujet (déploiement informatique dans un milieu scolaire) sont limitées.

    C’est pourquoi j’aimerais avoir votre avis là-dessus, si cela ne vous dérange pas trop. Je suis ce blogue depuis quelque temps et je sais que de nombreux lecteurs sont fort mieux renseignés que moi, un petit débutant après tout. Sérieusement, ce serait vraiment apprécié. :)

    Finalement, si jamais mon projet se développe bien, et si NDLM est intéressé, je serais ravi d’adjoindre à mon projet une sorte de « journal de bord » suivant la progression, tout en gardant un esprit didactique, c’est-à-dire suffisament pertinent pour être publié ici, en plus d’être remis à mon enseignant bien sûr. Je parlerais de quelques articles au courant de l’année, dépendamment du rythme de mon projet. Je crois que d’ajouter un point de vue différent, celui d’un étudiant du secondaire (jusqu’à juin 2013 du moins) pourrait bénéficier au magazine, si j’arrive à pondre des articles assez bons.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 4 Thumb down 0

    • Hum ! Intéressant. Ce pourrait être un rapport à fréquence régulière que les plus ferrés en informatique, parmi les visiteurs de NDLM, pourraient commenter, ce qui pourrait vous aider. Peut-être même que le fait de vous adjoindre notre collaboration pourrait ajouter un certain poids dans vos “négociations” avec les autorités pédagogiques de votre établissement. Écrivez-moi (rédaction@nelsondumais.com), on en discutera. Bonne idée !

      Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

      • J’enseigne à cette école…

        8-O

        Le Dauphin capable de pondre un jeu de mot à ce point…

        Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

      • Quelle coïncidence, tout de même! J’en suis encore renversé!

        Et re- 8-O

        Je peux t’aider et te guider, Fred999! En mathématique, es-tu en TS avec moi ou en SN avec M. Côté?

        Le Dauphin croyable mais vrai

        Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

        • @Le Dauphin structeur de mathématiques
          (merci à ma sœur pour la suggestion du jeu de mots)

          Quelle coïncidence, en effet! Hé que le monde est petit!

          Par contre, je suis en SN avec Francis Côté. N’empêche que je resterai ébahi toute la fin de semaine. Je sais néanmoins qui vous êtes et je vous ai déjà croisé dans l’école à plusieurs reprises.

          Eh bien, inutile de dire que je suis très heureux de savoir qu’il y a quelqu’un à l’école pour me soutenir dans ce projet!

          Les mots me manquent en ce moment. De toute façon, je n’ai pas encore présenté mon projet et il me faudra quelques cours pour commencer à planifier le tout. Je vais vous envoyer un courriel par l’adresse de la CSTL (en espérant rejoindre la bonne adresse…) pour que vous sachiez au moins mon nom et mon adresse courriel du portail CSTL.

          Maintenant j’ai hâte à mon prochain cours de projet intégrateur. Comme on dit en langage internet, “It made my day”. :D

          Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

        • Hé bien, hé bien ! J’en ai la bouche bée :shock:

          Il y a un bout de temps que je suis impressionnée par la participation de Fred999. Sa manière de s’exprimer m’a souvent fait douter qu’il puisse être un élève du secondaire.

          J’ai maintenant honte de l’avoir pensé :oops:

          P.-S. Bravo jeune homme !

          Cotez ce commentaire: Thumb up 3 Thumb down 0

  • Un article sur lequel je suis tombé ce matin dans le journal local:

    http://fr.canoe.ca/techno/internet/archives/2012/09/20120920-174646.html

    bien qu il parle de piratage, je parlerais de négligence manifeste.

    Cotez ce commentaire: Thumb up 0 Thumb down 0