Les déboires de Microsoft expliqué par l’usage du Stack Ranking

6 juillet 2012 11 h 09 min 56 commentaires Views: 245

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Première phrase-choc : “De nos jours, le iPhone d’Apple génère à lui seul plus de revenus que tous les logiciels Microsoft combinés.”. En voici une deuxième : “Microsoft – des gens brillants qui font des choses médiocres”. Et une autre : “À cause de sa bureaucratie, Microsoft a torpillé toutes ses chances en mobilité où elle jouissait pourtant d’une grande avance sur sa concurrence.”

Ces phrases ne proviennent pas du blogue d’un ado fou du Mac ou d’un “spin” à la solde de Google/Apple/Oracle. On les retrouve plutôt dans l’édition courante de Vanity Fair, un magazine étasunien haut de gamme qui fêtera bientôt ses trente ans. Le titre ? “How Microsoft Lost Its Mojo: Steve Ballmer and Corporate America’s Most Spectacular Decline” (Comment Microsoft a perdu sa touche magique: Steve Ballmer et le déclin le plus spectaculaire du monde américain des affaires). Cliquez ici pour une mise en contexte de l’article.

La thèse: Un jour, sous la gouverne de Bill Gates, Microsoft a implanté un système de gestion des ressources humaines pour le moins controversé appelé “Stack Ranking” (évaluation forcée en critères hiérarchisés ???). C’est cet outil de gestion qui aurait mis fin à l’innovation. L’Empire de Redmond se serait alors transformé en une redoutable bureaucratie financée par Windows et Office, deux produits mis au point avant l’ère du Stack Ranking. Ce que voyant, le successeur de Gates sur la chaise curule, Steve Ballmer, n’aurait rien fait pour corriger la situation sous prétexte que ça se faisait ailleurs (effectivement) et que, donc, c’était une méthode acceptable.

En gros, cette procédure oblige chaque unité de travail à évaluer le rendement de ses membres en les classant dans une ou l’autre des quatre catégories suivantes: excellent exécutant (“top performer”), bon exécutant, exécutant moyen et pauvre exécutant. Tous les membres d’une équipe doivent participer, patrons comme sans grade, de sorte que tout le monde évalue tout le monde, que ça plaise ou non. Les résultats sont compilés et la personne qui recueille la fiche la plus médiocre est, semble-t-il, congédiée.

Kurt Eichenwald, l’auteur de l’article cite un ancien programmeur de Microsoft (en fait, il en a interviewé des douzaines). “Si vous étiez membre d’une équipe de dix employés, vous commenciez votre première journée de travail en sachant que, nonobstant talents et compétences, deux personnes recevraient les meilleures évaluations, sept en auraient une médiocre et une dixième s’en verrait remettre une très négative. Voilà pourquoi les employés se font compétition au lieu d’exercer en groupe cette agressivité sur le marché à l’endroit de la concurrence.”

Idem pour les patrons. Quand un ingénieur visionnaire arrive avec un produit qui déroge un peu de la doctrine Windows ou Office, on le fait disparaître craignant de devenir la cible d’une évaluation terrible. Par exemple, un lectel (eReader) aurait été rejeté des années avant que le Kindle d’Amazon n’apparaisse. Autre exemple, MSN Messenger n’aura pas reçu, quand c’aurait été le temps (c’était l’époque de MySpace, quatre ou cinq ans avant l’arrivée de Facebook), un module de réseautage social. Et que dire des Tablet PC qui n’ont jamais vraiment déclenché de révolution ? Vision = inquiétudes = rejet !

On a compris que pour ne pas être saqué (les salaires sont très bons chez Microsoft), tout employé muni d’un instinct de survie élémentaire va faire en sorte de ne pas agacer ou inquiéter ses collègues. Il ne fera pas de vagues, il produira juste assez et sera très actif socialement au bon moment. Il calculera sans arrêt. Ce faisant, personne n’aura envie de se venger en lui accordant un score dévastateur. C’est normal. Si en raison de vos actions, vous recevez la cote la meilleure, cela signifie que ce n’est pas vous, mais un de vos collègues qui se retrouve coiffé du bonnet d’âne et qui risque de perdre son boulot.

D’un autre côté, si ce sont les barreaux de carrière qui motivent une personne, il se peut qu’elle s’organise pour toujours bien paraître. Quoi qu’en pensent les autres. Vous aurez beau travailler 80 heures par semaine pour bien paraître lors d’une évaluation de rendement, si votre collègue arrive “à marché sur l’eau ou la changer en vin”, c’est lui qui l’emportera. Vous vous retrouverez donc fatigué et démoralisé. Surtout si vous vous faites congédier.

En terme syndicaliste des années 70, le gars qui reçoit la meilleure évaluation est un “crosseur de shop”, un “nez brun” qu’il faut planter pour mieux se protéger soi-même. Un “crosseur de shop” c’est un “zélé” qui fait hisser le seuil minimal de productivité, ce qui oblige tout le monde à faire plus et … de plus en plus. Incidemment, l’URSS utilisait à l’époque un système analogue pour honorer ses héros du travail, des “crosseurs de shop” dont on affichait la tronche sur des panneaux réclames.

Remarquez, vous pouvez être chanceux et vous retrouver dans une équipe où les incompétents sont nombreux; vos chances de congédiement sont alors minimes Par contre, vous pouvez tout aussi bien vous ramasser dans un groupe de nerds ou votre vie devient totalement enduite de travail, de travail et de travail, avec de sérieuses chances de perdre votre lucratif emploi.

Selon Eichenwald, une quantité inimaginable d’employés, certains arborant des CV pas piqués des vers, ont été contraints de quitter Microsoft. Certains, très talentueux, mais inaptes aux gamiques sociopolitiques internes, s’en sont allés exercer leur art ailleurs dans l’industrie.

Or, en juxtaposant l’ère du “Stack Ranking” à celle des innovations chez Microsoft, on arrive à comprendre le pourquoi du comment de certains gros bides. Ce serait le cas, notamment, de la plate-forme mobile, celle qui menait le bal mondial pour devenir WinPhone 7, du Zune avec son écosystème lancé tout croche et trop tard, de Windows Vista, SE dont la conception et le développement a dû coûter deux ou trois fois plus cher que prévu, et ainsi de suite.

Autrement dit, l’ère Ballmer serait caractérisée par la méthode du “Stack Ranking”. Quand on sait tout le mal qu’on en dit ici et là (faites une recherche dans Google, vous serez édifiés), on n’arrive pas à comprendre pourquoi rien n’est fait pour que Microsoft ne change son fusil d’épaule. Mais pourquoi, au juste, le tonitruant P.D.G. devrait-il le faire ?

Parce que dans sa caboche, Microsoft est une méga patente très très rentable. Windows ronronne dans plus de 90 % des ordinateurs personnels de la planète et Office est la norme de facto que tout le monde respecte, même ses imitateurs. L’univers corpo s’y conforme et s’en dit satisfaite. Le long terme, celui où il n’y aura plus de PC, mais des dispositifs à la sauce tablette ? C’est loin, très loin. Ce n’est pas parce qu’il se vend désormais des tablettes en quantité phénoménale que la Microsoft de Ballmer va se mettre à perdre des sous. Bien au contraire. Si elle est incapable de vision, elle a un certain talent d’opportunisme et, jusqu’à un certain point, de rattrapage, permettant aux millions de continuer à entrer.

C’est-ce que souhaitent les actionnaires, non ?

Toutes ces misères à cause d’un simple système d’évaluation du rendement ! Qui l’eut cru ?

Auteur(e) Nelson Dumais

Voué à un avenir brillant dès sa naissance, Nelson s’est néanmoins pris les pieds dans un ordinateur répandu partout dans un motel désaffecté et ne s’en est pas vraiment remis. C’était à Rimouski en 1981 et le monstre de 64 Ko, une sorte de tombeau en mélamine blanche, cahotait en CP/M, souffrait en anglais et tombait régulièrement mort. Avec l’acharnement d’un anthropologue fou, Nelson recherche depuis lors un ordinateur qui fonctionnera sans défaillance, sans souffrir ni faire souffrir, et cela dans une langue intelligible. Si jamais il trouve, il vous en fera part. C’est juré !

56 commentaires

  • Vous en penserez bien ce que vous voulez mais il me semble que lorsqu’on manipule un produit MS, on le “sent”, ce vice de conceptualisation: la business est trop grosse, le paquebot n’arrive pas à changer sa trajectoire rapidement, le capitaine est complaisant. Et maintenant, si les employés se cannibalisent…

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  • Ça sent la soupe chaude pour Steve Ballmer.

    À quand le retour de Bill Gates?

    Ça prendrait un “Steve Jobs” à Microsoft!

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  • Quelle culture ce Nelson !

    Démonstration quasi pédagogique mais Ô combien passionnante. Muy interesante maestro.

    Qu’est-ce qu’on dit ? Merci tonton Nelson pour cette belle page de l’histoire récente de MS.

    Alex

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  • He bien! C’est ce que j’appelle “marche ou crève”… Comment faire de la place à la créativité dans cette logique? Les geeks sont avant tout des artistes, ils ont besoin de liberté pour innover!

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  • Le stack ranking n’est pas la cause, seulement le reflet d’une culture d’entreprise ultra aggressive et individualiste. C’est cette même culture qui fait que MS ne peut envisager le Libre: la collaboration ouverte ne peut pas exister, et le plus faible doit disparaître. C’est une approche qui peut fonctionner de cycle de vie. En ce sens, Balmer est le digne défenseur d’un modèle mis au point par Gates à une autre époque.

    MS a longtemps profité du fait que la concurence n’arrivait pas à assurer la périnité de ses innovations, et à la fin de la partie, c’est MS, après trois ou quatre versions, qui repartait avec toutes les billes. Ça n’est plus le cas face au trio Apple/Google/Facebook. À quand la dernière idée originale de MS qui se ait généré un changement?

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  • Claude LaFrenière

    Bonjour :)

    C’est intéressant de voir comment MS a réussi à tuer l’initiative et la créativité avec ce système d’évaluation.

    Cependant il faut bien évaluer d’une façon ou d’une autre les performances des employés et la plupart des grosse boîtes le font même si ce n’est pas aussi systématique… C’est même moins “technique” et plus, beaucoup plus des évaluations au pif. Par des ti-boss plus incompétents que les employés à évaluer…

    Votre article me rappelle étrangement le Principe de Peters et l’atteinte du seuil d’incompétence… (que je vais relire pour voir si j’ai visé juste!)

    Mais ça me touche aussi de plus près… Un de mes mauvais souvenirs professionnels (dans une grande banque de MTL avec un titre long comme “ça”, zéro pouvoir réel et l’atmosphère de panier de crabe…) Ah les Grandes Entreprises: impressionnantes mais juste de l’extérieur… Des grosses payes en échange de ta santé et ta dignité. (Non merci).

    Pour revenir à MS: quand va-t-on enfin montrer la porte à Steve Balmer?

    Bonne journée :)

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    • “Pour revenir à MS: quand va-t-on enfin montrer la porte à Steve Balmer?”
      Le plus tard possible. Des mastodontes comme ça, qui ont fait tant de mal à l’informatique et au monde du logiciel libre… Tant mieux s’il péréclite.
      Et pour l’emploi ? D’autres entreprises prendront la place ! Il y a des talents chez M$ qui méritent d’être utilisés ailleurs, dans de meilleurs conditions !

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  • Questions ou suggestions de chroniques…

    Puisque Apple est la «saveur du jour» depuis quelques années, il serait intéressant de comparer leur approche avec celle de Microsoft.

    - Y utilise-t-on la même méthode sans avoir encore atteint le point de chute?

    - Si une autre méthode y est préconisée, en quoi consiste-t-elle?

    Par ailleurs, IBM s’est déjà retrouvé dans une situation inquiétante avec une bureaucratie énorme et paralysante. Qu’a-t-elle fait pour réorienter le navire?

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  • Tout le monde qui évalue tout le monde, fichtre qui a pu inventer un tel système ???

    Les grosses boîtes en général ont des méthodes de gestion qui défient toute logique.

    Il y a deux autres méthodes qui me turlupinent:

    - les logiciels qui font le tri dans les CV quand une entreprise embauche
    - les fameux tests psychométriques

    Pour ce qui est du premier, je comprends qu’aujourd’hui une entreprise peut être inondée de CV, mais je suis certain que de bons candidats sont éliminés parce que tel mot clef n’est pas trouvé dans le CV.

    Comme disait le titre d’un film, si ma mémoire est bonne,”it’s a mad mad mad world”.

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    • J’avais dans ma boite, aux US aussi, un principe assez similaire de notation croisée. N’importe qui pouvait être amené à noter n’importe qui. Et chacun était noté par, de mémoire, 5 collègues (quelque soient leur “rang”).

      Ca a l’avantage d’être normalement plus objectif que la notation qui vient d’en haut, seulement du chef quoi… Etre noté par des collègues, même extérieurs à ton équipe (mais avec qui tu as bossé quand même…) ça te permet d’avoir un retour intéressant sur tes capacités, ta comm’, la façon dont on te perçoit et vise un processus d’amélioration continue où la technique seule ne suffit pas. Une boite c’est un tout, pas juste des techos qui font leur bidouilles dans leur coin. Et c’est quand il y a une certaine harmonie et un certain niveau de comm’ que les choses avances et progressent !

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  • Je me dois de mettre cette citation (en anglais, pardon) tirée directement du Guide du Routard Galactique:

    “It is very easy to be blinded to the essential uselessness of [their products] by the sense of achievement you get from getting them to work at all. In other words – and this is the rock solid principle on which the whole of the Corporation’s Galaxy-wide success is founded – their fundamental design flaws are completely hidden by their superficial design flaws.”

    Mais blague a part, je ne suis pas surpris, de nombreux collègues de travail sont passés dans la moulinette MS…

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    • En Français…

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      • J’aimerais bien, mais je n’ai que l’édition originale British en main. :\

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        • Si vous pouvez lire dans le texte, il suffirait d’en traduire l’essentiel tout en mentionnent que vous en faites une traduction libre. Voilà!

          Vous méritez quand même une note (Stack ranking) de 8/10 pour l’effort.

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      • Cher Loiseau (avez-vous un frère !), la traduction pourrait ressembler à cela ;

        ” Il est très facile de ne pas voir l’inutilité (de ses produits) en raison du sentiment d’accomplissement que vous obtenez juste parce qu’ils fonctionnent. En d’autres termes – et c’est là-dessus qu’est bâti le succès de la Corporation de la Galaxie – les défauts de conception fondamentaux sont complètement cachés par les défauts de conception superficiels…

        Je ne peux que vous encourager à lire le Guide du Routard Galactique, de l’humour et du non-sense anglais à son meilleur. Et, on le voit à la citation de Mantiss69, un regard cynique sur le fonctionnement de notre société. Même le film de 2005 n’est pas trop mal foutu
        http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18392010&cfilm=56833.html

        C’est un des favoris de Flipper bien entendu !

        Salut, et encore merci pour le poisson.

        Alex

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  • Pour moi le Stack Ranking, est une mesure utilisée dans les centres d’appels qui compte le nombre de personnes en attentes.

    C’est une version particulièrement perverse de la méthode que Jack Welch a implanté chez GE. Où on catégorise les employés cat A les 20% plus performant (TOP20), cat B les 70% suivant (Vital 70) et cat C les 10% dernier que l’on licencie (Bottum 10). Sauf que chez GE ce n’est pas tes pairs qui t’évaluaient mais ton supérieur. Cette méthode a été abandonnée par GE.

    Pour avoir vu l’implantation d’une de ces versions dans l’une de nos grandes entreprises Québécoises, c’est particulièrement bénéfique la première et la seconde année, plusieurs boulets sont éliminés, c’est après que les effets pervers se font sentir. Sauf que pour la direction la méthode a prouvé son succès, ça prend plusieurs années avant l’abandon.

    IBM, Ford, Yahoo, Motorola, Good Years, 3M ont aussi utilisé cette méthode mais l’ont abandonné.

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  • Bonjour Nelson,

    Pour une rare occasion, je suis en total désaccord avec votre analyse, car celle-ci traite l’ensemble des problèmes de Microsoft comme un tout.

    Les SEs de Microsoft sont, à eux seuls, aux limites d’un paradoxe. Comment chaque nouvelle mouture réussi-t-elle aussi bien à ne pas être une continuité avec les versions précédentes? Est-ce-que la motivation est la vente du coffret Office adapté au nouvel SE? Une simple motivation pécuniaire?

    Pour faire simple, un SE se compose de deux blocs majeurs:
    1. Le gestionnaire du système (utilisateurs et privilèges) et des périphériques (affichages, clavier, souris, disques, imprimante, …)
    2. L’interface utilisateur

    J’aime bien l’image de Nelson lorsqu’il nous parlais de Windows8/Metro1, Windows9/Metro2 et Windows10/Metro3. Il ne faut pas voir dans ces couples une association mais plutôt une séparation, séparation qui est exactement le problème central des différentes moutures. Windows est la seule famille de SEs, qui depuis la version XP à décidé de suivre un modèle à l’opposé de l’ensembles des autres familles.

    Hors Microsoft a déjà utilisé ce modèle, avec succès d’ailleurs, dans sa famille Windows NT. Les version 3.5, 3.51, 4 et 2000 (5) ont été conçues avec une séparation de l’interface utilisateur qui a en autre permis l’ajout de l’interface Win95 dans la version 4. Si Windows 8 avait perpétué ce modèle, il aurait été possible à l’utilisateur de choisir entre l’interface Metro ou Windows 7. Ceux qui connaissent Linux savent que durant une longue période, à l’installation nous avions le choix d’utiliser KDE ou GNOME.

    Mon point ici porte sur les décisions au niveau de l’architecture d’un nouvel SE chez Microsoft. Il ne faut pas croire que le bon programmeur qui est confortablement assis au milieux du peloton, en référence au < Stack Ranking >, ait son mot à dire. Ce n’est donc une équipe isolée (physiquement ou intellectuellement la question se pose) qui décidera de l’avenir du produit. La vision de cette équipe est facile à comprendre lorsque l’on prend pour exemple Windows Phone 7 qui ne sera pas compatible avec son successeur…

    Quand on regarde le succès de Linux Ubuntu et de Mac OS X, ce ne sont pas des SEs qui sont tombés du ciel dans leur état actuel, ils ont simplement évolués au fils des versions. Windows ne peut évoluer, il n’est que continuellement recréé, avec les succès qu’on connait.

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  • Martin Chénier

    Très intéressant comme article, merci.

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  • Moi je fais du “pouce” ranking… faque…z’êtes mieux de pas m’en mettre des rouges.

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  • “…En voici une deuxième : « Microsoft – des gens brillants qui font des choses médiocres ».”

    En voici une troisième : “Libéraux – des gens médiocres qui font des choses nulles!”

    Bref, comme si un pléonasme ne suffisait pas.

    Sur ce, bonne journée, chers disciples!

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  • Ah et oui, le Darwinisme s’applique encore et toujours ici.. que ce soit Microsoft, GM ou autre: “Si tu ne peux pas t’adapter assez rapidement à ton environnement, tu crèves, tout simplement!”

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  • Vraiement intéressant et ça explique bien des choses.

    En lisant l’article je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux émissions de type “survivor”.

    Tous les gens impliqués dans ces émissions font toutes sortes de coups croches et d’alliances dans le dos des autres pour ne pas se faire éliminer.

    Bref au lieu de travailler collectivement à créer le meilleur produit possible pour que tout le monde en sorte gagnant on travaille individuellement à créer son porpre petit magot pendant que tous les participants sauf soi-même se retrouvent pénalisés.

    Diviser pour règner, le célèbre conseil de Machiavel aux princes de son époque, me vient aussi à l’esprit en voyant l’attitude des patrons de Microsoft envers leurs employés.

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  • La stratégie du libre, qui est à l’extrême opposé, soit de tous collaborer ensemble afin de créer le meilleur produit qui soit, dans la collaboration au lieu de la compétition, est selon moi une approche bien plus saine et qui donne aussi de meilleur rendements. Linux et Google avec le succès d’Android en sont la preuve même.

    Si Microsoft faisait un virage à 180 degrés, ouvrait le code source de Windows, ça leur coûterait éventuellement moins cher en R&D, et il en résulterait un produit de meilleur qualité, plus sécuritaire, moins vulnérable aux virus (parce que les failles seraient connues et vite “patchées”). Malheureusement ce n’est certainement pas sous le règne de Ballmer que ça va se produire, trop orgueilleux et manque de vision. Un jour peut-être, par contre, car je vois en Métro une tentative ou possibilité future de se débarrasser de toute la couche Win32 par WinRT (c’est d’ailleurs le but avoué des développeurs de Windows 8). Si Metro est adopté et accepté comme MS le souhaite, considérant que Metro n’est somme toute que du HTML5, il sera possible éventuellement par la suite de remplacer toute la couche logicielle à la base (noyau NT, logiciels Win32) par un noyau Linux, par exemple. C’est ainsi qu’Android et ChromeOS fonctionnent et je ne serais pas surpris si dans un avenir post-Ballmer, bien après son départ, Microsoft décide éventuellement de faire la même chose: Soit adopter une couche Linux en-dessous, et l’interface Metro par-dessus. Ça risque de commencer sur les tablettes ARM d’ailleurs, ces dernières n’ayant QUE Metro d’installé. Même que je me demande, c’est quoi en fait qui se cachera en-dessous de Metro sur les tablettes ARM? Est-ce vraiment un noyau Windows NT qui sera là-dessous?? Beaucoup de travail je trouve pour adapter tout ça, surtout si l’on considère que tout le travail est déjà fait et entièrement libre… Hmm…

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    • En fait une autre possibilité pour MS serait d’adopter une couche BSD (plusieurs l’ignorent, mais il y a déjà beaucoup de code BSD inclus dans Windows depuis WindowsXP!!!), entre autres parce que la licence BSD est moins restrictive. Par contre corrigez-moi si je me trompe mais je crois que le noyau Linux a déjà une longueur d’avance en termes de compatibilité avec CPUs ARM…

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    • HP a mis son WebOS open source….

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      • Oui est WebOS utilise aussi le noyau Linux. C’est pourtant si simple, pourquoi refaire tout le travail qui a déjà été fait? Microsoft pourrait tellement se simplifier la vie avec leur WinRT en adoptant Linux pour leurs tablettes ARM…

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      • @ Plante_ca

        Vous avez oublié de mettre la référence?

        Il ne faut pas oublier que les lecteurs ne sont pas tous bons en recherche sur le web et selon le moteur qu’ils utilisent, ils peuvent arriver sur un site pas propre. ;-)

        Voici le lien pour ceux que cela intéresse:
        http://openwebosproject.org/

        Bonne fin de journée!

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  • J’sais pas si vous connaissez le projet “Courier” qui était en développement par des employés de Microsoft, mais c’est un maudit bel exemple d’un produit visionnaire, original et innovateur qui avait énormément de potentiel mais qui a été tué le manque de vision de Ballmer et Gates. On parle de la période pré-iPad là!! Allez par là pour voir de quoi il en retourne:

    http://www.engadget.com/2010/03/05/microsofts-courier-digital-journal-exclusive-pictures-and-de/

    Selon les rumeurs, le projet aurait été présenté à Gates, et ce dernier aurait demandé aux développeurs si le Courier pouvait faire rouler le logiciel Outlook. S’étant fait répondre “non” (l’interface étant radicalement différente d’un OS traditionnel), Gates a aussitôt nié tout le potentiel de ce produit…

    Donc moi je ne blâme pas seulement le “Stack Ranking”, mais surtout les dirigeants à la tête de l’entreprise qui jettent à la poubelle tout ce qui est nouveau et innovateur.

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    • Si vous suivez mon lien ci-haut vers les détails du projet “Courier”, assurez-vous de bien regarder les vidéos démontrant ce dernier en action, vous verrez c’était pas mal du tout! N’oubliez pas qu’à ce moment là le iPad n’existait pas encore! Faut quand même avouer que ce projet avait énormément de potentiel et était pas mal intéressant. Le téléphone “Galaxy Note” de Samsung reprends d’ailleurs brillamment certaines idées de ce concept original.

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      • Wow! MS a vraiment coulé le bateau en abandonnant le projet.

        Merci pour le lien :smile:

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    • Mettez vous à la place d’un dirigeant d’une entreprise de près de 90.000 employés qui doivent organiser et définir la stratégie de près d’une centaine de produits qui doivent être tous compatible au maximum entre eux.

      Maintenant vous voyez passer chaque jour dans votre bureau une dizaine d’idées plus ou moins aboutis et vous disposez de capitaux vous permettant d’investir dans tel ou tel sujets…

      Pas simple…

      Moi je vis ce système de l’intérieur et cela ne m’empèche pas de travailler dans un mode collaboratif avec mes collègues et c’est d’ailleur très bien jugé par le management : il y a l’objectif à atteindre bien entendu mais aussi le moyens de l’atteindre qui est jugé dans les évaluations !

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  • Suite à la lecture de votre blogue Nelson, je vais me coucher plus intelligent ce soir. À chaque nouvelle version de MS Office par exemple, Microsoft en vantent les mérites parce que c’est payant. Mais entre les nouvelles versions de MS Office, il y a un manque flagrant d’innovation, ce qui est expliqué clairement dans ce blogue.

    Microsoft a coulé DR.DOS, WordPerfect, etc… en modifiant son code source pour nuire à la concurrence, si Microsoft coulent, ce n’est pas moi qui va pleurer.

    Parlant de logiciels libres, en regardant le Settings de mon GPS TomTom, c’est indiqué: “TomTom software that fall under open sources licenses”.

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  • Et voilà qu’Internet Explorer passe sous la barre des 17% de part de marché.
    À prendre avec des pincettes toutefois: w3schools.com n’est certainement le site favori de M. Toutlemonde. Mais si la tendance se maintient …

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  • @ Nelson

    Antidote ne fonctionne plus dans Firefox 13 avec ton blogue depuis 3 semaines (environs de la St-Jean), et je n’ai pas de problème avec IE9. Bizarre il fonctionne avec Firefox ailleurs sur le web.

    J’ai avisé Druide Informatique de la chose, j’espère qu’ils trouveront la raison.

    Je soupçonne un script qui empêcherait que le texte de la fenêtre des commentaires ne se transmette à Antidote mais je ne suis pas sûr.

    Bonne semaine!

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    • Mmmm! Il faudra chercher de votre côté, je crois…

      Je viens d’installer Firefox 13.0.1 et Antidote fait le travail comme d’habitude.

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      • J’oubliais, ma version Antidote est HD v6.1.

        Bonne journée!

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        • @ Serge Crispo

          Oups! Vous avez raison :blush: En désactivant NoScript sur cette page Antidote ne veut rien savoir.

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          • @Fafouine

            J’ai la même version d’Antidote que vous et elle est à jour.

            Conclusion : j’avais effectivement désactivé Noscript pour voir les publicités et encourager Nelson.

            Il faut donc que Noscript soit actif, ce qui veut dire que je ne verrai pas la publicité.

            Et Antidote fonctionne maintenant.

            J’ai fait des tests et c’est le script « Googlesyndication » qui pose problème.

            Merci pour votre aide!

            Bonne fin de journée!

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    • @ Nelson

      Fafouine m’a aidé à trouver la solution au problème avec Antidote et j’en ai fait part à Druide.

      Bonne fin de journée!

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  • Une autre décision de Microsoft qui enrage un paquet de monde, c’est l’abandon de la version serveur pour les petites entreprises et cela fait suite à l’abandon de la version maison.

    Ce serveur est remplacé par Windows Server Essentials pour une limite de 25 usagers et environ 500$CAN.

    Pour plus de détails:
    http://www.v3.co.uk/v3-uk/news/2189858/microsoft-drops-sbs-windows-server-portfolio

    Une excellente opportunité pour les informaticiens dégourdis qui choisiraient d’installer des serveurs Linux. ;-)

    Bonne semaine!

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    • Une autre bonne raison pour passer à Linux: Gratuit, pas de limites stupides de nombre d’usagers, etc. Microsoft aime vraiment ça se tirer dans les pieds.

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  • @ Serge Crispo

    Comme je n’utilise que rarement Firefox, je n’avais pas essayé avant que vous en parliez.

    “J’ai fait des tests et c’est le script « Googlesyndication » qui pose problème.”

    Belle trouvaille!

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  • @ Tous

    Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais il y a maintenant une loi qui encadre notre domaine des « Technologies de l’information » et elle est en vigueur.

    En voici le texte :
    http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_1_1/C1_1.html

    Et il y a un excellent ouvrage qui l’explique et est offert par Wilson et Lafleur sous le titre :
    « Introduction à la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information »
    Auteur (s) : Trudel, Pierre
    Éditeur : Yvon Blais
    Année : 2012
    Nombre de pages : 320
    Type de reliure : Souple
    ISBN : 978-2-89635-870-0
    Prix : 49,95 $
    Format : Papier

    Bonne lecture!

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  • Ballmer sort les dents comme sur la photo initiale de Nelson de ce blogue:

    http://news.softpedia.com/news/Ballmer-Microsoft-Will-Battle-Apple-More-Fiercely-280415.shtml

    Mon commentaire est objectif.

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  • @ Robert Gagné

    Je retiens sur tout ce passage :
    « He also noted that the company has before ceded some ground to the Cupertino-based company, especially when it came to the relation between software and hardware, but that is about to change. »

    Est-ce que Microsoft va construire des PC? Parce que Apple contrôle le matériel et l’aspect logiciel parce qu’il construit ses machines.

    Si Balmer veut contrôler les PC sans les construire, là nous avons tous un sérieux problème.

    Bonne semaine!

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