RIP Research in Motion, 1984-2012

25 juin 2012 9 h 46 min 14 commentaires Views: 42

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Ce matin, la presse financière et technologique fait consensus en brandissant le nom de l’Ontarienne Research in Motion à la UNE. De nombreuses publications spécialisées reprennent en effet un article paru hier dans le Sunday Times de Londres voulant que la chancelante RIM soit sur le point de se scinder en deux entités distinctes, l’une pour sa division d’ordiphones BlackBerry et tablettes PlayBook, l’autre pour son réseau de messagerie.

C’est ce scénario utilisé par Palm en 2004 et 2005 qu’auraient recommandé les experts de JP Morgan et de RBC Capital au P.D.G. de RIM, Thorsten Heins. Ainsi, les segments pourraient être revendus, le premier, par exemple, à Amazon ou à Facebook, le second, par exemple, à Google ou à Apple.

Je ne suis pas trop sûr de bien comprendre cette recommandation tout aussi éclairée soit-elle. On m’a toujours dit que ces deux segments étaient inutiles l’un sans l’autre. D’une part, la force du BlackBerry, à comparer avec celle de la concurrence, est son réseau de messagerie dont le chiffrement sécuritaire est soi-disant proverbial. D’autre part, la force dudit réseau est, notamment, qu’il a été conçu spécifiquement pour le BlackBerry.

L’Article du Sunday Times mentionne en outre une deuxième possibilité, celle d’imiter Nokia en cédant une tranche importante de son capital à un joueur majeur, par exemple Microsoft. Attention : cela ne signifie pas tout bazarder comme Palm l’avait fait à Hewlett-Packard en 2010; on connaît la triste suite.

Quelle que soit la solution, Thorsten Heins n’a pas le choix. La situation s’empironne de jour en jour. RIM est à deux pas de la faillite malgré les annonces récentes de coupures de 1 milliard $ US pour 2013 en dégraissant, comme cela avait été fait pour 2012, la masse salariale à la hauteur de 12 % (environ 2 000 emplois). Les séquences d’erreurs ont été nombreuses.

Par exemple on a affublé le BB sous OS7 lancé en mai 2011 de l’épithète « Osborne ». On décrit ainsi un fabriquant qui, après avoir lancé un produit, annonce la venue d’un successeur plus ceci et plus cela. Dans le cas du BB, RIM avait très rapidement parlé du BB 10, la merveille des merveilles qui était censé arriver « sine die » (lire : baloune pleine de vent). Habituellement, une telle manœuvre a pour effet de geler les ventes du produit sur le marché. Récemment on a vu Nokia subir un effet analogue avec son Lumia sous WinPhone 7.

Cela pour dire que tout pourra péter cette semaine quand Heins présentera les résultats du premier trimestre où, affirment les analystes, il fera état de pertes significatives. Dès lors, la chute du titre s’accentuera.

Il y eu Palm, voici RIM, à quand le tour de Nokia ?

Auteur(e) Nelson Dumais

Voué à un avenir brillant dès sa naissance, Nelson s’est néanmoins pris les pieds dans un ordinateur répandu partout dans un motel désaffecté et ne s’en est pas vraiment remis. C’était à Rimouski en 1981 et le monstre de 64 Ko, une sorte de tombeau en mélamine blanche, cahotait en CP/M, souffrait en anglais et tombait régulièrement mort. Avec l’acharnement d’un anthropologue fou, Nelson recherche depuis lors un ordinateur qui fonctionnera sans défaillance, sans souffrir ni faire souffrir, et cela dans une langue intelligible. Si jamais il trouve, il vous en fera part. C’est juré !

14 commentaires

  • Si, en ayant accès à ce réseau sécurisé et aux brevets, Google parvenait à doter son système Android du même niveau de sécurité pour la messagerie que les BB, cela pourrait leur donner un avantage indéniable du côté des entreprises.

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    • Moi si j’ai une entreprise, Google serait le dernier à qui je donnerais accès à mes données.

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  • J’espere que ceci pourra être évité car avouons le, ça ne va pas très bien pour nos grosses compagnies techno en ce moment. Après Nortel, voici RIM. Et bien sur, nos copains conservateurs ne feront rien afin que cette technologie reste en main canadienne.

    Misère!

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    • Quelle technologie?

      C’est ca le point, leur technologie est dépassée. Ca n’as plus de valeur.

      RIP en effet.

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      • @Cowboy

        À ce que je sache, leur système de cryptage est encore très performant. Juste pour ça, on devrait s’assurer que ça demeure au Canada.

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    • Gilles Plante

      “Et bien sur, nos copains conservateurs ne feront rien afin que cette technologie reste en main canadienne.”

      Il y a de cela plusieurs années, un gouvernement du Québec avait fait en sorte que Steinberg soit vendu à des Québécois. Il y en a encore des supermarchés Steinberg ?

      RIM s’est amochée comme une grande, et aucun gouvernement n’a d’affaire à faire ceci ou cela. Y’en a marre de l’argent des contribuables dépensé à tort et à travers pour sauver des compagnies qui coulent une fois la subvention épuisée.

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      • @Gille Plante

        Je ne dis pas sauver RIM, mais bien d’acheter les technologies utiles afin qu’elles demeurent au Canada.

        Et plus est, je préfère de loin que mon argent serve à acheter ce type de choses que des avions militaires qui n’existent pas encore, des dépenses ministérielles inutiles (à la Bev Oda), ou des “extra” de construction ou de systèmes informatiques.

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      • @ Gilles Plante

        Si je ne me trompe pas, les anciens Steinberg sont maintenant en majorité sous la bannière Métro. Québéquois, donc.

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  • @Nelson

    Tant qu’a emprunter au latin, on pourrait rendre a César ce qui revient a César.

    L’expression décrivant le mieux le concept de «sine die» est «Real Soon Now» popularisée par Jerry Pournelle.

    Lancer un «vaporware» peut en effet nuire a son propre produit. Mais en général, c’est une tentative de stopper les ventes d’un produit concurrent. Microsoft est pas pire la-dedans.

    Le dernier exemple étant Surface. C’est tordant de voir les journalistes technos gloser pendant des pages les performances d’un produit qui sera disponible dans 6 mois.

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  • Gilles Plante

    Technologie dépassée, peut-être pas. Je m’explique.

    Côtés téléphone, le appareils à écran tactile ont mis à genoux RIM. Par contre coté réseau de messagerie, il y a peut-être pour eux une façon de récupérer de l’argent avant de disparaître dans la nature. Si je me souviens, RIM a parlé d’ouvrir sa technologie aux autres appareils, par exemple le iPhone. Mais j’ai l’impression que c’est trop peu, trop tard. Pourquoi une entreprise paierait-elles des droits pour avoir accès à cette technologie, alors que pour à peine plus, elle peut acheter la technologie et faire de l’argent avec celle-ci.

    La chaloupe prend l’eau et ça sent la vente de feu. En séparant les appareils du réseau de messagerie, on fait le pari d’avoir plus d’argent au bout du compte. On verra bien dans quelques mois. Voici un drôle de scénario, peu probable j’en conviens: Apple achète le réseau de messagerie pour des serveurs tournant sous Windows. Ouille :-| .

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    • Je suis tout a fait d’accord.

      Quand tu fais venir des experts comptables, tu vas avoir une solution de comptable. Couper une compagnie en deux pour exposer sa valeur est un vieux truc. C’est une façon de bien presser le citron avant de le mettre sur la pile de compostage.

      Quand a l’infrastructure de serveurs, elle sert a quoi au juste? Il y a déjà des logiciels pour faire le pont entre des serveurs Outlook et des téléphones intelligents.

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  • La principale similitude entre Palm et RIM est le temps considérable de passer du OS maison à un nouvel OS externe. Dans le cas de Palm ils ont passés à Linux et RIM à QNX.

    Une des tratégies utilisées par Palm que j’ai pas vu encore chez RIM pour nous faire oublier leur retard considérale, fut de sortir une Claudia Chiffer édition de leur Vx. Malgré mon amour pour mon Vx (édition classique) c’est à ce moment que j’ai su que c’était fini pour Palm!

    Rémi

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  • Avec 500 millions de pertes au dernier trimestre versus 700 millions de profits pour la même période l’an dernier, le tableau n’est pas rose.

    Si l’on ajoute la mise à pied du tiers des employés (5000) et le report de la nouvelle mouture de leurs produits pour 2013, RIM a toute une côte à remonter pour rétablir la confiance.

    Bonne fin de semaine!

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