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Le joueur de lyre – Chapitre 2

Sous-titre: La loi du gros Turcotte
Date de l’action: Le lundi 18 juillet 2033
État: Version prête pour soumission

Voici la 10e version, celle du samedi 10 janvier 2009, qui prend en compte les remarques et suggestions reçues du Chapitre 2 de ce roman-blogue intitulé Le joueur de lyre, un divertissement techno-littéraire que je publie en feuilleton à tous les vendredis et dont je vous ai expliqué l’essentiel ici même. Vous êtes conviés à contribuer activement en m’aidant à bonifier ce récit, à préciser certaines explications, à resserrer certains dialogues, à me proposer un meilleur titre, à m’interdire de faire mourir tel personnage, à hurler votre désaccord face à tel ou tel dénouement et ainsi de suite. De mon côté, je m’engage à tenir compte de toutes vos suggestions si elles sont réalistes et possibles. Je ne vous demande pas de modifier mon histoire fondamentalement, mais de contribuer à la rendre plus agréable, plausible et … publiable. Voilà ! Bonne lecture et, SVP, revenez-moi !


Galerie des personnages

Note importante et … humiliante !

La nature de ce projet fait que j’ai de la difficulté à débusquer toutes mes fautes, coquecigrues et autres misères orthographiques, voire indigences grammaticales. Tant et si bien que j’ai décidé de m’en remettre à meilleurs que moi et j’ai appelé les Druides au secours. En moins de temps qu’il n’en faut pour publier « trois phôtes etune cccoquile », ces linguistes extrêmes m’ont fourni la dernière version d’Antidote et m’ont sommé de l’utiliser. Fallait voir les yeux courroucés d’André d’Orsonnens, leur père fouettard. Ouh-là !

Ainsi, tout ce que je vais désormais vous publier dans le cadre de ce projet sera préalablement passé au crible d’Antidote RX. Sinon, les Druides vont me rouer de coups ! Et ils ont les oreilles en chou-fleur, des chaînes de remorque dans le cou, des bottes de bécik et des doigts velus.

Index

Préface
Chapitre 1: Un sous-sol à Nazareth, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 2: La loi du Gros Turcotte, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 3: L’âge du Nutrisuz, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 4: Trio pour clarinette, violon et … trombone, le 18 juillet 2033
Chapitre 5: Arnaque qui finit mal, le 6 septembre 2027
Chapitre 6: Du manger mou aux nouvelles, le 19 juillet 2033
Chapitre 7: Le sort frappe, le 20 juillet 2033
Chapitre 8: Déontologie à gogo, le 21 juillet 2033
Chapitre 9: Aussi bien invoquer Quetzalcoatl, du 22 au 24 juillet 2033
Chapitre 10: Marceline saute une coche, le vendredi 4 mai 1962
Chapitre 11: La théorie du docteur Robie, le lundi 25 juillet 2033
Chapitre 12: Sous le joug d’Ilsa la louve, du 25 au 26 juillet 2033
Chapitre 13: Les errements nyctalopes d’une grande folle, du 22 au 25 juillet 2033
Chapitre 14: Grande bouffe pour Dart Vader, le 26 juillet 2033
Chapitre 15: Timothée craque et remet ça ! le 27 juillet 2033
Chapitre 16: Sanglots sur une vie brisée, le 27 juillet 2033
Chapitre 17: Robespierre prend les commandes , le 28 juillet 2033
Chapitre 18: La fille sous la lanterne, le 29 juillet 2033
Chapitre 19: Lyre de lumière et de liberté, le lundi 10 juillet 2034
Postface


Chapitre 2: La loi du Gros Turcotte
Le lundi 18 juillet 2033

Version 10.0, le samedi 10 janvier 2009.

ur les cloisons du salon communautaire, pièce bien éclairée d’une centaine de mètres carrés, les autorités ont accroché quelques portraits de grands Québécois dont celui, format géant, du ministre Sylvain Turcotte, l’homme fort du régime libéral. Percées dans le mur du fond, deux grandes fenêtres étanches exposent le quartier Saint-Robert et son décor immuable qui s’étire à partir de la rivière Rimouski, comme s’il n’avait jamais été détruit par le grand feu d’il y a 83 ans. Des fauteuils trop rigides, des chaises à peine confortables, trois tables à cartes, un fourre-tout pour les revues, un téléviseur plasma mural et le projo d’un terminal quanticordi CLTD (Cubic Laser Touch Display) constituent le mobilier.

Caché dans le plafond, un haut-parleur laisse couler du Michel Rivard, témoin de cette époque bénie où les rêves s’assouvissaient parfois dans l’immédiat par crainte de voir s’estomper l’espoir qu’ils soulevaient.

Je voudrais voir la mer et ses plages d'argent
Et ses falaises blanches, fières dans le vent
Je voudrais voir la mer et ses oiseaux de lune
Et ses chevaux de brume et ses poissons volants
Je voudrais voir la mer quand elle est un miroir
Où passent sans se voir des nuages de laine
Et les soirs de tempête dans la colère du ciel
Entendre une baleine appeler son amour
Je voudrais voir la mer
Et danser avec elle pour défier la mort
Je voudrais voir la mer
Et danser avec elle pour défier la mort.

L’air ambiant n’a de fraîcheur que celui des vieux poumons qui la hument; par mesure d’économie le système de ventilation ne crachote plus qu’à très bas régime et la climatisation n’est disponible qu’aux étages de bureaux. Dit autrement, «ça sent le vieux» ! Effectivement, une dizaine de vieillards accoutrés de hardes que l’on dirait pigées dans un grand tas de guenilles usées, hétéroclites, asexuées, s’y trouvent, comme ils le font tous les jours, la plupart concentrés silencieusement sur leur partie de 500. Une dame à moitié chauve, essaie de ne pas somnoler devant la télé dont on a débranché le son.

Je vis dans une bulle au milieu d'une ville
Parfois mon coeur est gris et derrière la fenêtre
Je sens tomber l'ennui sur les visages blêmes
Et sous les pas pesants qui traînent les passants
Je voudrais voir la mer
Et danser avec elle pour défier la mort.

Une autre, toute sérieuse, assise près d’une fenêtre, est plongée dans un livre comme si elle était seule au monde. À côté d’elle, Dart Vader s’est levé. C’est ainsi qu’on appelle Robert Gagnon, un ancien ivrogne fumeur compulsif sur qui il avait fallu pratiquer une trachéotomie l’année d‘avant son admission au Centre. Depuis, il doit appuyer sur sa canule trachéale pour pouvoir émettre des sons et se faire comprendre.

- C’est plate ici, émet le bonhomme. Faudrait virer ça en party ! Qu’est-ce t’en dis, “Bébé Blo” ?

Outre l’ex-bibliothécaire Bea Bellow, Anglo-Gaspésienne sans défense qu’essaie d’agacer Dart Vader, personne ne porte attention à sa remarque. Ni les joueurs de 500, ni la vieille téléphage, ni Timothée-Milet Tardif, surnommé le Motté, qui, juché sur un ancien Saguewanish, clone saguenéen de la populaire trottinette Segway, vient faire sa tournée d’inspection.

Comment l’avait-on affublé d’un tel prénom ? Sa mère Marie Rioux dite la Maririou, voulait l’appeler Dimitri, en l’honneur du compositeur russe Dimitri Dimitrievitch Chostakovitch dont elle appréciait au plus haut point les concertos pour violoncelle. Mais son père, Romain Tardif dit le gelé, suggéra un compromis de taille, soit de s’inspirer du nom de Timothée de Milet. Ce musicien grec de l’Antiquité exigeait en effet que l’on oublie toute formation musicale avant de venir jouer avec lui. C’était un poète avant-gardiste qui détestait emprunter les sentiers battus. En outre, n’avait-il pas fait ajouter quatre cordes à la lyre grecque ancienne, la kithara, parce que onze possibilités sonores, au lieu de sept, pouvaient offrir un meilleur plaisir harmonique aux spectateurs ? Paradoxalement, Romain, un athée devenu anticlérical, et Marie, une non-croyante finalement apaisée, ignoraient qu’en grec, Timothée signifiait «Celui qui craint Dieu».

- Yo chef, c’est-y aujourd’hui que tu nous fais livrer du chinois ?

En voilà un qui ne peut vraiment pas s’habituer au manger mou, se dit l’employé en saluant Gagnon de la tête. Mais qui le pourrait ? Comment peut-on y arriver ?

À 43 ans, Timothée est un binoclard en passe de devenir chauve, un binoclard rendu grassouillet, même des seins, des cuisses et du fessier. Comme une femme. Il sait qu’il devrait cesser de toujours utiliser sa bécane électronique et marcher davantage dans les longs couloirs de l’institution, ou encore, faire comme ses parents et s’en remettre à un exerciseur de marche. Mais bon, à quoi cela servirait-il ? Quel sens cela aurait-il ? De toute façon, il finira, à son tour, dans un des casiers frigorifiés du sous-sol !

L’homme est chef de section classe 1, un CS-1 comme il se dit dans le milieu. Huit heures par jour, il traîne sa dégaine au Centre régional gériatrique du Bas-Saint-Laurent, alias le CRG-BSL, un établissement rimouskois relevant du ministère des Affaires gérontologiques (MAG), où il est responsable de sept salles gériatriques, de grandes pièces aussi éclairées que le salon communautaire, pour peu qu’on veuille bien ouvrir les stores, source constante de conflits. Là, des personnes âgées, déprimées ou neutralisées, autonomes ou moribondes, y vivent, y végètent, y reposent, y meurent. Plus aucune ne rêve. Il n’y a pas de lit vacant; aussitôt vidés, aussitôt remplis.

Cela ne signifie pas que Timothée soit gériatre ou gérontologue. Il ne dispose que d’un certificat collégial en technique informatique. Son travail est plutôt de voir à ce que tout turbine sans histoire dans son département. En cas de pépins, il a accès à des ressources professionnelles, pour peu qu’il sache qui aller lécher dans le bon sens du poil ou, parfois, qui aller arroser d’un bakchich approprié. En ce sens, il est payé pour coordonner. Pour que tout balance. Tant de vieux, tant de lits, tant de fichiers informatiques.

- ’Tention le Motté ! On pousse de la viande froide !

Timothée regarde passer les deux préposés du grand frigo venus prendre livraison du père Morneau dont l’agonie avait été aussi rapide qu’imprévue. Était-ce encore une fois l’œuvre de la «pilule du bonheur», cette cause relativement fréquente de mortalité qui, officiellement, n’existait pas ? On ne pourra sûrement pas se fier sur l’autopsie pour le savoir; une telle pratique n’était plus requise dans le cas de ces décès survenus dans le respect des normes et à l’intérieur du cadre établie. À moins, bien sûr, que quelqu’un ne l’exige formellement.

Emballé dans un sac mortuaire, le cadavre du misérable a été placé sur un chariot brinquebalant dont les couic couic signalent un déficit inquiétant du côté lubrifiant. Le funèbre convoi file vers le No Man’s Land faisant la jonction entre les sections Nord et Centre du 5e étage. À cet endroit, le corridor s’élargit en salle d’attente avec, en son milieu, sur une table du siècle dernier, un terminal de quanticordi. Le père Morneau et ses misères terminées doivent le contourner pour pouvoir accéder aux ascenseurs, ce qui distrait, le temps d’un plissage de front, Steeve Desrosiers, l’arrogant chef de section (CS-1) du 5e Centre. Carriériste sans vergogne, il est occupé à initier un nouvel employé.

Quel tableau ! Près du mur, un sac mortuaire et deux taupins qui jouent à ceux qui n’entendent rien pour cause de réalité. Plus au centre, un terminal quantique et deux officiants qui jouent à ceux qui ne voient rien pour cause d’avancement.

À grand renfort d’effets holographiques, un document promo présente le CRG-BSL comme étant la onzième merveille du monde, «l’édifice intelligent le plus sophistiqué à l’est de Québec». Au travers des inepties du publireportage, on apprend qu’il a été érigé sur les ruines d’un ancien centre commercial démoli, pour des raisons de sécurité, en 2021. L’immeuble de sept étages est subdivisé en trois pavillons : nord, centre et sud. Tandis que le sous-sol, le rez-de-chaussée et les deux premiers étages accueillent les différents services essentiels au bon fonctionnement de l’établissement, les cinq niveaux subséquents sont propres à l’hébergement des pensionnaires âgés. Sur ces étages, on y a structuré la vie et sa logistique en trois sections pouvant accueillir chacune, un maximum de 56 bénéficiaires, dont certains provisoirement vivants, et parfois, pour de très courts séjours, d’autres déjà trépassés. Ainsi, à pleine capacité, le CRG-BSL peut accommoder 840 personnes âgées. Timothée hausse les épaules.

- 840 petits vieux en attente d’un grand sac noir à fermeture éclair et d’un dernier voyage sur un charriot qui fait couic couic.

Plus dans le détail, peut-on voir en animation idéalisée où tous les bénéficiaires sont, bien entendu, souriants, chaque section compte sept salles de huit lits chacune, un salon communautaire, une «petite chambre» pour certains besoins … intimes, un poste de garde et un bureau pour le CS-1. Ainsi, les quatre premières sont des salles communautaires pour personnes autonomes (SC2PA), des locaux communément appelés 2P où les préposés n’entrent quasiment jamais. Deux de ces salles sont réservées aux dames, des 2P-F, et deux sont prévues pour ces messieurs, des 2P-H. Les pensionnaires y sont généralement en bonne santé, en tout cas, ils le sont pour un certain temps, et ils s’y débrouillent généralement seuls.

- Dans les pires cas, ajoute Desrosiers, ce qui est assez fréquent, ils sont dépressifs, colériques, violents, voire même anorexiques. Quand cela se produit, il faut les soulager et, surtout, les stabiliser par médication appropriée que l’on ajoute mécaniquement à leur alimentation quotidienne.

La recrue ne semble pas avoir compris le sens de ces «ajouts mécaniques». Mais Timothée en a assez entendu et fonce en direction opposée. De toute façon, la voix de Steeve Desrosiers l’a toujours irrité.

Sa boucle d’oreille, chef-d’œuvre de miniaturisation qui cache un dispositif personnel polyvalent (DPP), lui chatouille soudainement le lobe.

- 5e Nord, Timothée Tardif !

- As-tu des morts depuis la fin de semaine, demande la voix désagréable du directeur de l’hébergement, Jean-Pascal Lemoignan.

- J’ai un bénéficiaire de Cabano, Albert Morneau. Ils viennent de partir avec. Mais le système informatique est en panne. Fait que …

- J’sais, j’ai r’marqué ! Quand tu pourras !

Lemoignan a raccroché sans avoir son rapport. Mais il l’aura, il le faudra bien. Tant de morts, tant de vivants, tant de lits, tant de tables, tant de fichiers, tant de verres d’eau. Des statistiques, des colonnes, des justifications, des analyses, des mémos où il n’y a jamais place pour la vie vécue, celle des amours, des peines, des joies, des colères, des coups de chance, des coups durs. Et le CS-1 ne devra surtout pas parler de sa perplexité, de ses soupçons, de cette improbabilité qui caractérise la fin d’Albert Morneau, de cette présomption qu’il pourrait y avoir eu recours à la pilule du bonheur ! On lui ferait reprendre son rapport.

- Que des faits, Tardif, que des faits, lui dirait-on.

Dans les trois autres dortoirs dont Timothée est responsable, c’est une tout autre histoire. Tout d’abord, les deux sexes y sont confondus. Perte de conscience ou d’autonomie aidant, il n’est plus aussi important de garantir l’intimité. À quoi cela servirait-il, n’est-ce pas ? Car dans les cinquième et sixième pièces, des salles communautaires pour personnes en perte d’autonomie (SC3PA), c’est-à-dire des 3P, on loge des hommes et des femmes qui ne peuvent plus demeurer en 2P, des cas devenus séniles, poqués, problématiques, incurables. L’une est conçue pour les cas mineurs, la 3P-M, l’autre pour les cas plus lourds, la 3P-L.

Enfin, le dernier local appelé par dérision, surtout aux CRG de la région montréalaise, EOR («End of the Road»), est un mouroir identifié en signalisation interne comme étant une salle palliative (SP). On y place les incurables qui n’en ont plus que pour quelque temps, ainsi que les moribonds. Il arrive que l’on doive y rajouter un lit ou deux.

Même s’il essaie d’aller le moins vite possible, Timothée est bien conscient que son Saguewanish est trop bruyant, comme vient de lui rappeler cette coquette de 84 ans en jaquette rose, dont le sourire lubrique n’a d’égal que la tenue hétéroclite.

- Je sais Madame Bérubé, faut que je m’en occupe.

Sûrement un problème d’insonorisation sur le bloc moteur. Mais, bon, le modèle qu’il chevauche n’est plus sur le marché. Il fait partie d’un lot de trente-cinq trottinettes d’occasion achetées à l’ouverture du Centre, il y a cinq ans de cela. Et, c’est connu, l’Administration n’a pas les budgets nécessaires, du moins pour l’instant, au renouvellement de sa flotte de bécanes. Il va falloir patienter.

Dans une 2P-F où il vient d’entrer, une scène l’interpelle. Sans hausser le ton, comme s’il émettait une prière secrète, il dit en direction de deux coquines, l’une surtout grassouillette, l’autre surtout fripée.

- Regagnez votre lit, Madame Thériault. Si vous n’arrêtez pas votre petit manège, j’vais être obligé de faire un rapport sur votre homosexualité. Ils vont vous attraper et vous déménager chez les foqués du sous-sol. Et vous connaissez les gardiens !

Pour ne pas voir le résultat de son intervention, il fait un rapide tour de la salle en se demandant comment une chambrée de vieillardes pouvait en arriver à sentir aussi mauvais.

- Méchant moteur là-d’dans, mon Motté, lui signifie, un peu plus loin, près du poste de garde, un petit vieux en robe de chambre.

- Va b’en falloir que je l’amène au garage, Monsieur Jean, lui répond Timothée, viscéralement agacé, même si rien ne paraît.

Si le bonhomme l’a appelé Motté, c’est qu’il a des liens avec certains employés qui ont une opinion bien précise sur Timothée. En existe-t-il seulement qui n’en ont pas ? C’est comme ces vieillards de tout à l’heure, attablés au 500 dans le salon communautaire. Aucun d’eux ne l’a salué. Tous l’ont ignoré. Ils ne lui auraient parlé que si nécessaire. Pourtant, ce n’est pas là l’effet d’un complot, mais plutôt le reflet d’une culture, celle des Boomers. Toute leur vie, ces gens ont méprisé l’autorité. Ce n’est pas sur leurs vieux jours qu’ils commenceront à agir autrement. Sale génération !

Une forte odeur d’ammoniac rappelle au chef de service que la veille, un des pensionnaires, André Maheu, a eu un «accident» en plein milieu de la pièce. En plein dimanche après-midi ! En pleine journée des visites alors que certains «parents autorisés» ont le droit de venir aux étages s’asseoir, pendant une heure, devant un proche institutionnalisé en 3P-M (salle pour cas lourds) ou SP (salle pour moribonds). Pas en 2P (autonomes) ni en 3P-L (poqués légers). Les pensionnaires de ces milieux de vie doivent descendre au rez-de-chaussée dans le grand salon où les visites sont tolérées entre 13 h 30 et 16 h 30. Pas chanceux, le père Maheu ! On l’a depuis mis aux couches, ce qui signifie, pour lui, un transfert imminent en 3P. Mais, bon! C’est la vie !

Timothée fait faire volte-face à son Saguewanish et met le cap sur la lourde salle SP.

- Chef, chef, fait une voix suppliante

Diane Loubert, une septuagénaire qu’on dirait nonagénaire, est une ancienne fonctionnaire du ministère de l’Agriculture qui n’eut de vie que celle de ses registres de cheptel. Aujourd’hui, elle traîne ses savates dans les passages du CRG, rêvant de bovins broutant à l’infini et de fermes laitières s’étendant par-delà l’horizon.

- Je n’ai plus de sacs pour ma colostomie.

- Je m’en occupe, Mme Loubert, répond Timothée en «double tapant» sa boucle d’oreille, question de numériser la demande.

C’est vrai que sa bécane est vraiment bruyante, se dit-il en observant le dos voûté de la bonne femme condamnée aux affres d’un anus artificiel. Reste que bruyant ou non, pouvoir se promener en Saguewanish au lieu de marcher, marcher et marcher dans un établissement de santé long à ne plus finir comme le CRG-BSL, c’est tout un progrès. Justement, le foutu progrès s’est installé à tous les niveaux, du haut en bas de la pyramide, à gauche et à droite de la société.

Timothée connaît quasiment par cœur la propagande gouvernementale, celle concoctée par les émules du docteur Joseph Goebbels à l’œuvre chez le gros Turcotte.

- Poussé par la criminalisation fédérale du tabagisme et des machines à jeux vidéo survenue en 2020, le Québec, dernière province canadienne à le faire, a dû se mettre à la recherche de nouvelles sources de revenus, question d’éviter les déficits budgétaires, une pratique illégale, tout en assumant le coût faramineux de l’entretien des baby-boomers devenus, pour la plupart, octogénaires. C’était vouloir régler la quadrature du cercle, à plus forte raison, que le Fédéral avait, encore une fois, fait faux bond. Il a donc fallu innover, innover pour que la vie redevienne harmonieuse chez nous.

Ce que la machine à lénifier ne disait pas, c’est qu’étant issus des générations X, Y et Z, les politiciens qui avaient à régler ce casse-tête, haïssaient les baby-boomers, beaucoup plus ceux de la phase 1946 à 1954, que ceux de la 1955 à 1965, appelée également «Génération Jones». À tort ou à raison, ils se considéraient comme victimes des Boomers, une nuée de sauterelles qui avait tout pris sans rien laisser, une cohorte de salopards qui ne s’étaient pas donné la peine de leur transmettre, comme c’était leur devoir de le faire, les valeurs traditionnelles de la culture québécoise, avec ses piliers qu’étaient religion et famille, un troupeau de dégénérés sans repentir ne méritant aucune compassion.

C’est ainsi que l’industrie thanatologique, les centres d’hébergement privés pour personnes âgées, les cliniques gériatriques privées, en fait, tout ce qui, du secteur privé, concerne les «aînés», avaient été nationalisés et fusionnés de façon rigoureuse dans le service public, en vertu de la loi 173, dite Loi Turcotte. Cette loi québécoise avait été adoptée dans la foulée d’importants amendements constitutionnels votés à Ottawa, au terme desquels, il n’était resté à peu près rien de la Charte de Droits de Pierre Eliott Trudeau.

Avaient été soustraits à la loi 173, les retraités qui, bardés de REER et de caisses de retraite, ou ayant des enfants fortunés, avaient la capacité physique et les moyens financiers d’habiter chez eux et d’y vivre en bonne santé. Avaient été également soustraits, les membres de communautés ethnicoreligieuses pouvant démontrer, inspections inopinées à l’appui, que leur milieu ethnique, communautaire, sectaire ou religieux les prenait en charge aussi bien que pourrait le faire l’État. C’était là une dérogation bien hypocrite puisqu’aucun DG de CRG ne voulait de Juifs hassidiques, de moines bouddhistes, de cathos intégristes ou de fondamentalistes islamistes, pour ne citer que ces exemples, dans une de ses salles d’hébergement. On imagine les protestations, les exigences d’accommodements et tout le cirque associé. Au printemps 2028, Sylvain Turcotte, ministre d’État à la Réforme des services sociaux et député de Rimouski, avait déposé un vaste projet de réforme en chambre et l’avait fait légitimer par un référendum gagné haut la main en octobre suivant, avec 68,53 % de «oui».

Dissimulé dans un cadre de porte, Dart Vader se touche à la canule.

- Rien qu’une barre de chocolat, chef! J’suis prêt à te la payer le triple du prix !

- C’est interdit, Monsieur Gagnon.

Timothée n’est pas de ces employés qui s’adonnent à la contrebande alimentaire; pour lui, c’est trop risqué; il est quand même CS-1. Mais ceux qui ont l’audace de déjouer les capteurs électroniques arrivent, semble-t-il, à bien «arrondir leurs quinzaines».

Ce Gagnon n’est pas le seul à vivre de petits espoirs, à rechercher, malgré tout, les soubresauts de vie. Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore atteint le degré de résignation nécessaire à la bonne marche administrative et logistique du Centre, ou le degré de désespoir nécessaire à la quête d’une «pilule du bonheur». Peut-être qu’aujourd’hui, avec de la chance, si tout fonctionne comme souhaité, si les planètes ont le bon alignement, ils dénicheront une vraie pomme, une Cherry Blossom pas complètement mangée, un sac de pinottes à moitié plein, deux tranches de pain pas trop sec, un fond de Crunchy Nature ou, peut-être, une petite poignée de caramels mous. Peut-être recevront-ils la visite d’un fils, d’une fille, avec ou sans leur progéniture, qui leur glissera un livre, une barre de chocolat, un sac de croustilles au vinaigre, un fromage au lait cru, quelques films en format mini 3DVD ou de quoi se crémer leur vieille peau sous les plis ? Peut-être que leurs hémorroïdes, leur herpès génital, leurs ulcères buccaux ou leur torticolis ne les rattraperont pas ce mois-ci. Peut-être, peut-être … Pour ces gens, ce sera, plus que jamais, «un jour à la fois», puis une semaine, un mois, un an, cinq ans !

Effectivement, cinq ans s’étaient passé depuis le «Oui» au cours desquels le gros Turcotte était devenu vice premier ministre et président du Conseil du Trésor. On l’appelait «l’homme fort de Rimouski» ! Mais dans le fond, ce fils de cultivateur au pif couperosé, aux énormes doigts velus, aux mollets d’haltérophile traité et à la panse de sumo, n’avait fait que poursuivre la Réforme de la santé enclenchée quelques années auparavant, une révolution administrative où on avait notamment aboli l’Assurance-maladie et l’Assurance-médicaments pour les sans-emploi. On imagine les économies! En conséquence, les assistés sociaux, les conjoints au foyer et, surtout, les retraités avaient dû retourner sur le marché du travail, question de redevenir en situation de payer leur juste part d’impôt et, du coup, de pouvoir redevenir «assurés».

Malgré la distance, Timothée entend la voix pédante de son collègue du 5e Centre en train de tout expliquer au jeune préposé.

- C’est un principe actuariel fort simple, articule-t-il. Il faut qu’en tout temps, l’impôt payé compense, à tout le moins, les coûts des services gouvernementaux reçus. C’est là une pratique obligatoire en vertu de la Loi québécoise sur les équilibres budgétaires promulguée en 2016. Depuis, le gouvernement gère de façon très serrée et toute coupure est la bienvenue; les gens sont même incités à faire des suggestions.

Un peu plus et le nouvel employé prendrait des notes. Pourquoi le son porte-t-il autant dans ces grands couloirs ? se demande Timothée.

- En corollaire, poursuit l’exécrable Desrosiers, toute nouvelle façon de faire des sous avec les services est, elle aussi, la bienvenue.

Son visage devient rayonnant.

- Régulièrement, avec grand déploiement médiatisé, la ministre du Revenu Eleonora del Campo remet des certificats de mérite aux citoyens dont la suggestion a été retenue. Personnellement, soit dit en passant mon jeune ami, je trouve que c’est une femme délicieuse et très séduisante. On ne croirait jamais qu’elle est une politicienne.

Comment le faire taire ? Surtout que cet idiot passe sous silence la pénible période qui a précédé la Loi Turcotte. Timothée qui était au ministère de la Santé se rappelle très bien le «trou» qu’avait généré la Réforme, un «trou» qu’on pourrait qualifier de démographique. Il avait été prévu que dans les cas d’incapacité de retour au travail, les assistés sociaux tributaires d’une maigre allocation mensuelle émise par l’État, les conjoints déconnectés du marché du travail ou les personnes âgées trop fatiguées pour exercer un emploi, pouvaient faire affaire avec une clinique de jour comme il y en avait partout où, moyennant de menus travaux, on leur servait deux repas par jour et on leur permettait d’accéder gratuitement à un médecin salarié de l’État.

Mais le poids démographique des baby-boomers étant ce qu’il est, trop de vieillards se retrouvèrent en même temps dans ces cliniques de misère. D’où la suite que l’on confia au ministre Turcotte avec sa Loi 173, celle qui institua les CRG dans chaque région administrative du Québec, sauf à Montréal où il y en a eu quatre et à Québec, deux. C’est de cette façon que les Boomers furent extirpés de leur sordide condition.

La porte de l’ascenseur s’est ouverte et Jean Saint-Gelais, un snoreau impénitent, apparaît avec son escorte de préposés.

- Tiens, si c’est pas le chef, grince le vieillard.

Timothée lui lance un sourire.

- Monsieur Saint-Gelais, bon retour.

- Ton ami Desrosiers est en train de se former un nouveau «screw» ? répond-il en pointant vers le 5e Centre.

Le bonhomme vient de passer un mois en réclusion au sous-sol pour trafic de chocolat Cadbury, d’où le recours à un terme méprisant normalement attribué à du personnel carcéral. C’est un voisin dans sa 2P qui l’a dénoncé. Un voisin imposé par le système. Quelqu’un que l’on déteste, mais avec qui ont est tenu de cohabiter dans une petite salle. Cela, jusqu’à plus soif ! À l’exception de cas extrêmes comme cette histoire récente de voisins de lits qui en étaient venus à s’échanger des coups, on ne peut être muté de salle 2P. Normalement, quand on quitte sa 2P, c’est pour s’en aller en 3P, l’antichambre du mouroir. Et là, c’est fichu.

- Techniquement, ânonne le CS-1 Desrosiers plus loin dans le passage, aussitôt qu’une personne âgée n’est plus en mesure de demeurer chez elle, dans sa maison, c’est-à-dire qu’elle commence à coûter plus cher à l’État que ce qu’elle lui rapporte (la colonne de gauche plus lourde que la colonne de droite), le CRG de sa région la prend en charge, qu’elle le veuille ou non. Ses biens sont liquidés à la satisfaction de ses héritiers, ces derniers se retrouvant imposés à raison de 50 % de la VMEB (valeur marchande estimée des biens) et de 40 % du TLEP (total des liquidités, des économies et des placements). S’il n’y a pas d’héritiers, le fonctionnaire-liquidateur verse l’argent obtenu dans le compte bancaire du nouveau pensionnaire. Cette procédure permet de s’assurer que le loyer sera fidèlement payé, du moins pour un temps.

- 2 500 $ par mois, c’est ça ?

Le jeune fait montre d’intérêt. Un bon point pour lui.

- Tout à fait.

On se croirait à la radio de Radio-Canada d’il y a 25 ans !

- Une fois logée dans son CRG, la personne doit effectivement acquitter un tarif mensuel fixe de 2 500 $ non négociable. À défaut de paiement pour un deuxième mois consécutif, la somme due est saisissable chez les héritiers sans avoir à intenter de procès. Évidemment, les baby-boomers étant ce qu’ils sont, il n’y a pas toujours d’héritiers. Auquel cas, advenant qu’un bénéficiaire n’ait d’autres revenus que sa pension du fédéral et celle de la Régie des rentes du Québec, le CRG est contraint de le loger et le nourrir à perte. En jargon administratif, on dit alors de ce vieillard qu’il est un PH, c’est-à-dire qu’il bénéficie du «Programme humanitaire» que chaque centre est tenu d’administrer. Chaque année, le cumulatif de ces pertes est acheminé au ministère de la Santé pour remboursement. Reste que dans l’ensemble, nous affichons, dans les CRG, des résultats très intéressants. Bon an mal an, nos bilans font état d’une moyenne nationale de 42 % de profit, ce qui comble de bonheur la ministre del Campo, une comptable agrée dont la chaste beauté ne cesse de m’émouvoir.

À l’autre bout, Timothée se remémore cette récente altercation entre deux bonshommes, l’un traitant l’autre de «vieux PH», une histoire pathétique qui s’était terminée par une luxation de l’épaule, juste ici, près du salon communautaire.

Monté sur sa Saguewanish, il est cependant tiré de sa réflexion par Solange Gadoury, une octogénaire toute rondelette, le genre à ne pas s’en tenir qu’au pitoyable manger mou, qu’il entrevoit dans la SP, en sérieuse discussion avec un grabataire. Ayant elle-même aperçu le fonctionnaire, elle quitta la salle et le regarde filer.

- Va falloir que tu parles à Monsieur Jones, chef !

Timothée lève le bras en signe d’acquiescement.

Rares sont les retraités qui acceptent de venir s’installer dans un CRG, l’image de ces établissements étant plutôt mauvaise. Ne sont-ce que de grands mouroirs bien organisés où la qualité de vie est assez proche de zéro ? Sauf exception, les volontaires seront des personnes seules, peu fortunées et mal en point. Elles auront très souvent connu des vies dissolues et voudront enfin trouver le calme et la sécurité.

Complètement à l’inverse, il y aura les rebelles, les insoumis. On réfère ici aux marginaux qui, à tort ou à raison, auront chialé toute leur vie contre «le système», quel qu’il soit. Ceux-là devront être conduits manu militari dans un CRG, d’où plusieurs finiront par s’évader. Ils vivront d’expédients, manqueront de tout, demeureront constamment cachés, sur le qui-vive, ne mangeront pas à leur faim et souffriront de malpropreté. Mais ils seront libres. Fiers! Ni dieu ni maître! Viva la Muerte ! On les retrouvera parfois malades, épuisés, presque morts, voire trépassés. Un certain nombre difficile à évaluer de ces «dissidents» se sera réfugié sur Anticosti. Un véritable village de vieillards insoumis aurait été construit à la Baie-du-Renard, anse agréable sise dans la partie nord-est de l’île.

D’où le BAG (Bureau des affaires gérontologiques), une police spéciale dont le mandat est de traquer ces «illégaux», sauf ceux d’Anticosti. Le ministre Turcotte aurait des informations selon lesquelles un très grand nombre d’Anticostiens, des vieillards autarciques ne coûtant absolument rien à l’État, auraient recours à la “pilule du bonheur” advenant un débarquement du BAG. Ce serait là un dénouement terrible, un dénouement impensable à justifier dans les médias.

Quant aux «illégaux» non organisés, ceux qui squattent ici et là dans les villes québécoises, ils n’ont pas accès aux services publics de santé (médicaments, consultation, verres, etc.), ils doivent s’en tenir aux médecines parallèles, aux médicaments naturels, aux magouilles des médecins corrompus, voire à la méditation transcendantale. Les pistes sont multiples et le BAG a souvent la main heureuse. Sans compter que ces insoumis sont à la merci de délateurs présents dans tous les milieux. Timothée songe à Louis-Marc Richard, ce salaud qui habite en face de chez lui sur la rue Crouet. C’est que le BAG fait miroiter des primes intéressantes, des primes jamais en argent, mais en crédit sur certains services gouvernementaux, par exemple, deux mois gratuits dans un CRG quand son tour viendra …

Bref, à l’exception d’une petite minorité en assez bonne condition physique dont le nombre est difficile à évaluer et qui s’est organisée sur la grande île du golfe Saint-Laurent, les vieux Boomers récalcitrants sont à la merci de parents, d’amis, «d’aidants naturels», des gens encore actifs qui arrivent à les nourrir et à en prendre soin. Mais à l’inverse, ils sont des proies faciles pour une nuée d’indicateurs, parfois haineux, qui sont résolus à les dénoncer. Advenant qu’ils soient pris, ils sont enfermés pour un certain temps, dans une section spéciale du CRG de leur région, une section sous haute surveillance que l’administration réserve aux têtes brûlées, aux vieillards asociaux et aux «négatifs» de toute farine. Doit-on ajouter qu’un vent de profond conservatisme a lourdement changé le Québec ?

Et le docteur Goebbels de continuer dans la tête de Timothée.

- L’admission dans un CRG n’a rien à voir avec l’âge. Seuls comptent les états d’autonomie financière et de santé. Tel commerçant pourra officier derrière son comptoir, tel cultivateur dans son champ, tel pêcheur sur son bateau, sans difficulté jusqu’à un âge très avancé, gagnant ainsi sa vie et, de ce fait payant de l’impôt. Mais d’autres, plus marqués par la maladie, par la misère, par la malchance, par leur bagage génétique, ne le pourront pas. Tout cela pour dire que certains, des sexagénaires, des septuagénaires, des octogénaires, arriveront au Centre en assez bonne santé, mais que d’autres, de tout âge également, se verront conférer un statut plus avancé.

Ainsi va la vie !

- Précisons qu’en parallèle, il existe un réseau d’institutions un peu similaires aux CRG, les CRRHH (Centre régional de réadaptation et d’hébergement pour handicapés), les C2R2H. Ces établissements ont été mis sur pieds pour prendre en charge les personnes handicapées incapables de fonctionner de façon autonome et rentable en société. Chaque région du Québec peut compter sur un C2R2HI, pour les handicapés intellectuels, et sur un C2R2HP, pour les handicapés physiques.

Son Saguewanish l’ayant ramené vers la SP, Timothée lorgne un vieillard mal en point, l’occupant du 7e grabat, qui lui fait signe.

- Bonjour Monsieur Jones. Ça va mieux aujourd’hui?

Il s’approche du semi-cadavre et descend de sa trottinette.

- J’ai un petit cadeau pour toi, siffle le bonhomme de peine et de misère en lui prenant la main.

La sienne est froide. Froide et humide. Froide, humide, longue, squelettique et désespérée. Une répugnante main de vieux que Timothée tient quand même avec compassion. Gérard Jones, alias Tit-Gérard, souffre d’un cancer du pancréas.

- Un cadeau? C’est pas encore ma fête…

- J’ai 500 piastres…

Le miséreux pousse alors un bout de papier dans la main du chef de section, une main qu’il n’a pas lâchée. En fixant les yeux incroyablement bleus de Tit-Gérard, Timothée opine alors du chef, met le papier dans sa poche et, avec une pensée pour Solange Gadoury, cette bénéficiaire boulotte qui aime bien arranger ce genre de «petits marchés», il repart sur sa mauvaise bécane. Il roule ainsi pensant quelques dizaines de mètres jusqu’à son bureau, un coqueron sans fenêtres à peine plus grand qu’un placard à balais. Par commande vocale, il appelle son logiciel de gestion personnelle, ce qui l’amène à psalmodier une série de mots :

- First Mohawks Nation Bank ! Épargne ! Transfert ! Oui ! Code d’opération numéro 345-8440TRS-90 ! Oui ! Non ! Quitter !

Sur l’image CLTD que son quanticordi a projetée en avant de sa table de travail, il constate qu’effectivement, 500 $ viennent ainsi d’être ajoutés à son compte. Ce que voyant, il appelle le logiciel de gestion de l’établissement, un produit lourd, capricieux et inutilement compliqué qui a coûté une fortune à être installé à la grandeur des CRG, et il entreprend de naviguer jusqu’aux données relatives au 7e lit de sa SP où la photo de Gérard Jones apparaît. De commande en commande, il finit par repousser d’un mois la date de la Cérémonie de groupe à laquelle le vieillard a été convié. Tant mieux si le bonhomme arrive à se garder vivant un autre mois. Magouille ? Assurément. Tous les CS-1 s’y adonnent et la direction générale fait comme si de rien n’était.

Une fois par mois, le plus tôt étant le mieux, les CRG tiennent une telle cérémonie à l’échelle de l’établissement, cela sur une plage horaire possible pour tout le personnel impliqué. La célébration a lieu dans une pièce conçue à cette fin appelée «Chapelle ardente». Qui en fauteuil roulant, qui sur une civière, qui accroché à un support de transfusion, les participants proviennent des SP. D’autres sont déjà morts. Ils sont décédés depuis la tenue de la dernière cérémonie et, depuis, ont été tenus au frais. Ils sont néanmoins présents, zippés dans de grands sacs noirs qu’on a placés en ordre sur de misérables chariots.

Conformément au règlement, ces Boomers arrivés à la fin de leur route ont préalablement été dépouillés par leurs CS-1 de tout ce qui pouvait encore servir à l’établissement, montre, jaquette, dentiers, verres, etc. De bien mauvaises langues prétendent que tout ne parvient pas à l’Administration, qu’en cours de routes, certains biens disparaissent.

Ainsi, les verres disponibles sont placés sur des tables accrochées aux murs d’un petit salon attenant à la cafeteria. Les intéressés n’ont qu’à s’y rendre et choisir ceux qui leur conviennent. De temps à autre, un préposé va y mettre de l’ordre en classant les prothèses selon leur force et leur complexité : simple foyer, double foyer, triple foyer, etc. Malheureusement, les problématiques ophtalmologiques plus rares, incluant certaines pathologies évolutives, se retrouvent souvent négligées. Ainsi, sauf exception, on n’opère plus les octogénaires aux yeux. En revanche, les gouttes contre le glaucome, les cataractes et autres maladies sont déversées à tire-larigot.

Même logique pour les dents. Mais ici, il faut oublier le procédé de repousse dentaire, une technique à base d’ultra-sons mise au point aux É.-U. au début du siècle. Comme il faut oublier ces magnifiques prothèses sur implants, une techno de remplacement on ne peut plus efficace. Ici, on est en présence de vieillards incapables, pour la plupart, de s’offrir de tels luxes. Et il ne faut surtout pas regarder du côté de l’État pour y pourvoir à leur place. Depuis quelques années, la partie «dent» des dentiers est faite d’acrylique Hi-Impact, ce qui leur confère une «espérance de vie» d’au moins dix ans. Quant à la partie couleur chair, celle qu’on nomme «gencive», elle est faite en acrylique Hi-Impact RP («haute résistance thermomalléable »), ce qui permet de l’amollir en y injectant, sous chaleur, un liquide démulsifiant à base de nanobactéries. Dès lors, on le laisse refroidir juste assez pour l’insérer sans inconfort dans la bouche d’une personne édentée afin d’y mouler sa nouvelle empreinte. Délicatement, pour ne pas que les dents ne se déplacent sur la gencive, on retire ensuite la prothèse, on l’asperge d’un produit à base de sildenafil et on chauffe quelques secondes dans un petit four à micro-ondes. L’appareil masticatoire est alors prêt pour amorcer sa nouvelle vie.

L’effet pervers est, bien sûr, que tous les porteurs ont des dents identiques. Mais au moins, ils en ont. Le seul problème véritable repose sur le fait que parfois, les utilisateurs ont encore quelques dents résiduelles. On doit alors les extraire pour que la personne puisse bénéficier du service de prêt.

- N’est-ce pas là une pratique, euh, inhumaine ? avait un jour demandé Timothée à son supérieur immédiat.

- Inhumaine? Pas du tout ! Ces gens que l’on dépouille ainsi, sont ceux qui, au moment de la cérémonie, sont soit agonisants, une question d’heures ou de jours avant de trépasser, soit condamnés par la faculté à péricliter sans espoir dans la souffrance et la perte de dignité, une question de semaines, mais rarement de mois. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des morts en sursis qui, en attendant la conclusion ultime, ne peuvent que souffrir, s’embêter et coûter cher à l’État. D’où la rationalisation de leur départ. Il faut rappeler qu’en vertu de la Loi Turcotte, les vêtements, les prothèses et les montres n’appartiennent pas aux bénéficiaires, ils ne leur sont que prêtés. Si la personne âgée n’a plus usage de ses verres ou de ses dentiers pour cause de sénilité, d’agonie ou de décès, il est du devoir des autorités de remettre ces objets en circulation; d’autres pourront les utiliser.

Encadré par le DG et au moins trois gestionnaires du Centre, une spécification du manuel de Régie interne, un officiant de l’État civil lit un discours bien mesuré, remercie les vieillards pour leur participation à l’essor du Québec, serre les quelques mains qui sont encore capables de se tendre et quitte la Chapelle. Deux préposés jusque-là immobiles recueillent alors les passeports et les émetteurs personnels (EP – puce RF montée sur un bracelet, une épinglette ou un pendentif ), documents officiels que les CS-1 ont placés dans une enveloppe transparente épinglée sur le devant de la jaquette des moribonds. Ils ferment ensuite les portes et les verrouillent.

Ce que voyant, l’officiant de l’État civil s’empare des documents amassés et, d’un signe de tête, indique au DG qu’il peut appuyer sur une manette. Clouc ! Un gaz incolore, inodore, indolore, mais impitoyable, est alors émis et tous les officiants présents baissent la tête en recueillement. Au même instant, un timbre se fait entendre dans les haut-parleurs de l’établissement, ce qui, parfois, a l’heur de déclencher des scènes fort déchirantes; certains sentent partir un parent, un ami, et d’autres s’imaginent de la prochaine fournée. En moins de trente secondes, la mort a fait son œuvre et, cinq minutes plus tard, de puissants ventilateurs ont déjà fini de purifier l’air de la Chapelle. Tant et si bien que les deux préposés peuvent y retourner finir leur travail.

Quand on lui avait expliqué ce détail de la réglementation, la Maririou avait eu peine à retenir sa hargne.

- Prêt pas prêt, j’y vas pareil ! Je t’enferme dans j’une chambre à gâche chi tu n’as pas eu la bonne idée de mourir avant ! Toi, le vieux Boomer, tu vas trépâcher à l’heure préchise, à la journée préchise, que les fonkchionnaires ont planifiée. Comme ches naichances au chiècle dernier, dans les jannées 60 et 70, où les femmes accouchaient par provocachion au moment où l’obstétrichien ou le gynécologue en avait fixché le moment dans chon achenda.

En théorie, les corps sont alors inspectés et placés dans un sac noir dûment identifié à leur nom et accompagné d’un code couleur. Il ne reste plus qu’à dégager les cadavres. Sur le côté nord de la Chapelle, une longue chute cachée derrière une porte à peine perceptible sert à les faire glisser, dans le plus grand respect, jusqu’au Centre de tri situé au sous-sol. Là, en fonction des dernières volontés, on sépare les «incinérés» (code couleur rouge), des «enterrés» (code couleur vert) et des «formolisés» (code couleur jaune). On achemine ensuite les trois piles de sacs au bon endroit : site d’enfouissement spécialisé (anciennement «cimetière») pour les Verts, incinérateur pour les Rouges et camion-citerne pour les Jaunes (à noter : advenant qu’un mourant n’ait pas d’idée précise sur sa couleur, on lui suggère invariablement le rouge, l’incinérateur étant intégré au système de chauffage du Centre). Dans le cas de ceux qui l’ont exigée par testament, une cérémonie religieuse ou civile, c’est selon, est organisée dès le lendemain de la CG aux frais des héritiers (pour ce que cela veut dire). Les photos reproduites et encadrées par la famille sont alors exposées pendant 90 minutes à l’heure du lunch. Quant aux corps, ils sont déjà rendus à leur destination finale.

Mais en pratique, Timothée sait qu’il peut en être tout autrement. Dieu du ciel ! Surtout depuis l’arrivée au CRG-BSL du sinistre Dr Bellavance. Chercheur renommé auteur d’un traité psycho gériatrique à l’usage des CRG, cet expert a convaincu les autorités ministérielles de le laisser conduire un projet pilote de ferme hormonale. Ainsi, certains vieillards, ceux qu’aucune famille ne réclame ou qui n’ont pas de volontés ultimes devant être prises en compte, sont traités dans une «cérémonie» à part. En effet, le gaz qu’on leur administre ne les tue pas; il ne fait que les placer en état permanent de mort cérébrale. On transfère alors ces vieux zombis au «royaume» du Dr Bellavance – c’est au sous-sol du CRG-BSL – où ils sont parqués côte-à-côté, dûment harnachés à une impressionnante variété de tubes et de cathéters. En leur injectant diverses substances connues du bon docteur, ces misérables corps se mettent alors à produire certaines hormones parmi les plus recherchées. Lorsque prélevées, une procédure bihebdomadaire, celles-ci sont revendues en toute légalité sur le marché canadien ce qui procure des revenus supplémentaires au CRG. Bref, ces vieillards mis involontairement à contribution participent à l’essentiel équilibre budgétaire de l’établissement. Affirme-t-on !

Autre petite note discordante par rapport aux présentations officielles, les cadavres non détournés par le docteur Bellavance n’arriveraient pas toujours intacts, pas toujours au complet, à destination. Dans certains cas, des morceaux, membres ou organes, encore utilisables – quand il en reste – seront prélevés sur les dépouilles fraîches sans que personne ne le sache ou ne veuille le savoir. Un marché noir bien organisé les fera rapidement disparaître. Tout est prétexte à magouille.

Par exemple, certains vieillards ne veulent pas mourir, en bons baby-boomers qu’ils sont. S’ils ont accès à de l’argent électronique, il leur est alors possible de graisser leur CS-1. Car, doit-on le répéter, tout est corrompu. Effroyablement corrompu. En fait, cet argent électronique, alias la «monnaie à plume», est une contradiction de taille par rapport au système en place. Pour qu’un vieillard soit admis dans un CRG, il ne peut avoir dans son compte en banque, un solde mensuel supérieur au montant de son loyer qui est de 2 500 $. Pourquoi? Pour la tranquillité d’esprit des bénéficiaires et pour les protéger contre la rapacité éventuelle d’employés pouvant être malhonnête. Dit-on ! Or, puisque le système bancaire canadien est inter relié et, qu’en tout temps, un CS-1 peut accéder en toute légalité au compte d’un de ses bénéficiaires, quelle que soit l’institution, il est devenu très difficile de cacher de l’argent. À plus forte raison que depuis une quinzaine d’années, la monnaie de papier est devenue tellement louche que les gens n’en ont que très rarement. Alors, ils s’échangent plutôt des bouts de code et se livrent à de petits virements P2P (point à point).

C’est là qu’arrivent les Mohawks. Les cigarettes ne rapportant plus, le tabagisme ayant fortement décliné dans la population depuis sa mise hors la loi, les enfants de Pocahontas se sont recyclés dans la finance. Ils ont ainsi fondé une banque, une vraie banque à chartre baptisée First Mohawks Nation Bank (FMNB). Or, prétextant leur statut d’Indiens et jouant sur la blanche hypocrisie des pouvoirs publics, ils n’ont jamais accepté de relier leur information au réseau bancaire canadien. Comme résultat, les comptes y sont vraiment confidentiels. Et puisque les gens de la FMNB sont loin d’êtres des idiots, ils ont compris que s’ils abusaient, par exemple, s’ils se livraient à des fraudes, Ottawa ne pourrait le tolérer et lancerait ses ministères de la Justice et des Affaires indiennes à l’attaque. Tant et si bien que les dépôts faits à cette nouvelle institution financière sont aussi en sécurité que s’ils étaient chez Desjardins. Voilà pourquoi bon nombre de vieillards pensionnaires des CRG y ont placé leurs épargnes; d’où l’expression «monnaie à plumes». Ils s’en servent pour améliorer illicitement leur misérable ordinaire.

Quand les pensionnaires deviennent trop impotents, que la sénilité les gagne à petit feu, qu’ils n’arrivent plus à bien gérer cette «petite caisse» grâce au terminal installé dans le salon communautaire, il leur arrive de confier ce souci à un ami, un bénéficiaire moins poqué qu’eux.

C’est le cas de Solange Gadoury, une ancienne vendeuse de hash et de pot dont les salpingites l’empêchèrent d’avoir une famille. Octogénaire pétante de santé, elle vit au CRG-BSL depuis le début; elle avait d’ailleurs fait des pieds et des mains pour pouvoir y être admise. Pour tout dire, tout lui convient, sauf peut-être, le manger mou, mais ça, c’est une autre histoire. Son grand plaisir, à la mère Gadoury, est de mettre son gros nez rond dans les affaires de ces petits vieux en perte d’autonomie, certains ayant été ses clients entre 1970 et 1984, date où elle cessa de vendre ses drogues douces pour se consacrer à l’élevage de lapins. Moyennant de «petits cadeaux» qu’elle dépose à son compte à la FNMB, elle s’occupe de virer les sommes nécessaires aux pots-de-vin et aux petites délicatesses (par exemple de l’alcool, substance rigoureusement interdite dans les CRG).

Plus loin, dans le passage, Diane Loubert, quitte un instant ses rêves bucoliques et fait signe à Timothée.

- N’oubliez pas mes sacs, chef !

Index

Préface
Chapitre 1: Un sous-sol à Nazareth, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 2: La loi du Gros Turcotte, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 3: L’âge du Nutrisuz, le lundi 18 juillet 2033
Chapitre 4: Trio pour clarinette, violon et … trombone, le 18 juillet 2033
Chapitre 5: Arnaque qui finit mal, le 6 septembre 2027
Chapitre 6: Du manger mou aux nouvelles, le 19 juillet 2033
Chapitre 7: Le sort frappe, le 20 juillet 2033
Chapitre 8: Déontologie à gogo, le 21 juillet 2033
Chapitre 9: Aussi bien invoquer Quetzalcoatl, du 22 au 24 juillet 2033
Chapitre 10: Marceline saute une coche, le vendredi 4 mai 1962
Chapitre 11: La théorie du docteur Robie, le lundi 25 juillet 2033
Chapitre 12: Sous le joug d’Ilsa la louve, du 25 au 26 juillet 2033
Chapitre 13: Les errements nyctalopes d’une grande folle, du 22 au 25 juillet 2033
Chapitre 14: Grande bouffe pour Dart Vader, le 26 juillet 2033
Chapitre 15: Timothée craque et remet ça ! le 27 juillet 2033
Chapitre 16: Sanglots sur une vie brisée, le 27 juillet 2033
Chapitre 17: Robespierre prend les commandes , le 28 juillet 2033
Chapitre 18: La fille sous la lanterne, le 29 juillet 2033
Chapitre 19: Lyre de lumière et de liberté, le lundi 10 juillet 2034
Postface

74 réponses à “Le joueur de lyre – Chapitre 2”

  1. mvirard dit :

    Fascinant! La Sociologie-Fiction a maintenant une nouveau chantre attitré: Nelson! Mais je ne suis pas aussi pessimiste. J’ai de bonnes raisons de croire que Nelson pousse le bouchon un peu loin lorsqu’il invente des chambres à gaz pour « réduire les coûts ». La tendance actuelle (ex. AQDMD) est plutôt vers plus de contrôle du « bénéficiaire » sur la date de sa mort plutôt que moins. Aussi, Nelson élimine un peu vite une autre tendance lourde, celle-là: la continuation du travail après l’age canonique de la retraite, au moins pour ceux qui en retire une certaine satisfaction. L’impact financier sera considérable.

    La vrai mort sociale c’est quand les autres n’ont plus besoin de nous.

    Michel Virard, Montréal.

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  2. porfilio dit :

    De la fiction? Pas du tout. Tout cela est parfaitement possible. C’est déjà comme ça, manque seulement le gros Turcotte. Boomers moi-même, vivant en pays étranger (sous-développé, dit-on) depuis quelques années, je suis retourné au Québec après cinq ans d’absence. Pendant mon séjour de deux mois je n’ai pas pu en profiter pour aller faire vérifier ma prostate et bénéficier de l’assurance maladie que l’on prélève pourtant tous les mois sur ma pension. Il y avait une période de rétention. Je devrai payer un médecin (sous développé). Parce que je suis revenu vivre dans mon pays d’adoption et je n’ai pas l’intention de retourner dans le Québec du gros Turcotte avant très longtemps. Je préfère organiser moi-même mon  »départ ». Parce que, tôt ou tard, je serais une cible du BAG et devrais vivre dans la clandestinité, comme la Maririou.
    Je suggère que les clandestins mettent en commun leurs ressources (monnaie à plumes) et s’achètent un vieux traversier, genre le Camille Marcoux qui fait la navette Matane-Baie-Comeau, et voguent tous ensemble vers une île inconnue du Sud, question d’échapper au réchauffement de la planète et à l’ingratitude de leurs héritiers. Baby-boomers et génération Jones réunis, nous ferons comme Robinson Crusoe et construirons une usine de sildenafil. On pourra cultiver les herbes qu’on veut, fabriquer le fromage qu’on aime et les Segwanish seront interdits de même que le mariage, la politique et toute espèce de règlement.
    Je suis impatient de voir les recettes de manger mou.

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  3. prorats dit :

    Intéressant, mais pas assez vivant. La semaine dernière ils t’ont fait ajouter un chien et j’ai bien ri à lire le résultat dans le chap.1. Je pense que ton chap 2 aurait intéret à ajouter lui aussi quelque chose du genre. J’ai pensé à des rats qui rodent dans les 3P tellement que c’est mal entretenu et qui crounch les orteilles des vieux. Ça t’obligerait èa ajouter aussi des chat. Des petits vieux s’enfargeraient dedans.
    Juste mon 2 cennes !

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  4. Nelson Dumais dit :

    @ prorats

    Hum ! Vous ne craignez pas que l’on m’accuse de pousser la caricature un peu trop loin ? On est quand même dans un établissement gouvernemental où il semble y avoir des normes, une réglementation, du personnel, etc. Des rats, ça ferait vraiment horrible, non ? Qu’en pensez-vous ?

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  5. gilas dit :

    Si tu ajoute des rats, ma blonde sera pas capable de te lire:-)

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  6. jpmononk dit :

    Feuilleton « futurigêne » captivant. Mais a-t-il sa place sur ce blogue techno? Si c’est pour expérimenter? OK. Lire ces pages en brillance à la verticale sans pouvoir toucher le substrat, y ajouter notes et repères, c’est plutôt inconfortable. Le geste physique de serrer un support papier dans ses mains donne, je pense, l’impression de vraiment « saisir » le sujet. Je ne suis pas certain de me rendre au bout de cette série. Comme le Chroniqueur a déjà deux romans à son crédit, + de nombreuses nouvelles à caractère techno fichée dans des magazines-papier, j’insiste pour que cet élan littéraire soit très prochainement encarté dans une jaquette plastifiée. M’intéressant à la planification et à la prospective depuis nombre d’années, cette histoire m’interpelle. Je ne souhaite pas que cette « vision » se perde dans les labyrinthes indéchiffrables du cyber-espace. Chroniqueur! Vivement un livre-objet pour votre œuvre anticipatrice!

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  7. dennis_dubeau dit :

    @Nelson

    Vous pourriez les faire à deux pattes, vos rats, Nelson… Je pensais à du personnel abusif… tellement que ça en serait caricatural!! mdrrrrr…

    et après un certain temps, nous pourrions avoir un héros qui reviendrait venger les p’tits vieux en servant leur propre  »médecine » au personnel abusif…

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  8. dennis_dubeau dit :

    @Jpmononk

    Juste à imprimer le tout sur ton imprimante… duh!

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  9. Nelson Dumais dit :

    @ jpmononk

    J’imagine que lorsque j’aurai assez de chapitres mis en ligne, en tout cas, plus que maintenant, il sera possible d’attirer l’attention des éditeurs. Peut-être qu’il y s’en trouvera intéressés par l’expérience en cours.

    @dennis_dubeau

    Des rats à deux pattes, vous allez en voir apparaître de très beaux spécimens à partir du chapitre trois…

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  10. jpmononk dit :

    @dennis_dubeau

    Commentaire « technicien ». Il s’agit ici d’une œuvre d’écriture et de lecture qui a sa place dans une bibliothèque… et non dans le bac de recyclage. Un peu de classe !

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  11. Nelson Dumais dit :

    @ jpmononk @dennis_dubeau

    Messieurs, messieurs … Si on en revenait à l’exercice comme tel. Trop long ? Y a des bouts qui vous tannent ? Des tournures ? Des expressions ?

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  12. stvcc dit :

    @Nelson
    remarque totalement stupide de ma part mais tent pis

    Ya de la place en titi sur les serveurs de Cyberpresse de combien d’espace vous dispoZer pour être capable de placer un texte de cette importance et soutenir les commentaires du blog ?

    Je suis seulement curieux

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  13. marcofsky dit :

    J’dois avouer que le « quanticordi CLTD (Cubic Laser Touch Display) » titille le geek en moi…

    Et il est complètement WYTIIWYG (« What You Touch Is What You Get »), ce truc? Si oui, ça promet! ;-)

    Et ça roule quoi, comme OS, le quanticordi?? (j’adore ce nom!)

    Autrement, ben… J’ai la trouille!!! Étant issu de la « Génération Jones », j’ai longtemps eu la naïveté de croire que j’allais finir mes jours peinards, dans un « foyer », à « hacker » les autres pensionnaires et à m’amuser à faire de petites blagues réseautiques coquines… ;-)

    Mais avec le temps, j’en suis venu à penser qu’on allait être une ^&%^&#$ de gang, en même temps, à être rendus p’tits vieux radoteux, chiâleux, vindicatifs, amers et désillusionnés! Et de surcroît, la population active ne pourra PAS soutenir ce poids… Bref, mes rêves de « hacking gériatriques » vont probablement virer au cauchemar… comme celui qu’on lit ici… brrrr, ça glace le sang! :-(

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  14. flipper_21 dit :

    @jpmononk

    Dans la préface (ou le texte qui précède), je crois que Nelson a bien mentionné que son intention était de placer son ouvrage entre deux couvertures…

    @Ne£son

    Encore une fois, bravo! Je m’en suis délecté les neurones.

    Deux petites coquilles que j’ai pu relever:

    Le paragraphe commençant par: «Par surcroît, étant issus des générations X (1966-1976), Y (1977-1994) et Z (1995-2012), les …», à la 6 ligne: transmettre

    Puis, j’ai remarqué «Centre de trie», entre parenthèse. Peut-être est-ce ton intention que ce soit écrit ainsi?

    Le Dauphin firmier

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  15. Nelson Dumais dit :

    @ dauphin Dispensable

    J’ai apporté les corrections, merci.

    @ Marcovsky

    Dans 25 ans, je suppose que Microsoft sera encore là, comme elle l’était déjà il y a 25 ans. Elle n’aura alors que 50 ans. Et comme les ordinateurs ne seront plus binaires mais quantiques (on ne parlera plus de bits, mais de qBits), je suppose qu’il y aura une sorte de Windows qBits. En tout cas ce ne serait pas étonnant que cela se produise.

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  16. flipper_21 dit :

    «Nelson Dumais
    Le Vendredi 12 Septembre 2008

    @ dauphin Dispensable …»
    :lol: Très drôle ! Et flatteur !

    Je ne sais pas si mon cerf alex la trouvera aussi drôle que moi, celle-là?

    Le Dauphin trigué

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  17. stvcc dit :

    @NELSON DUMAIS

    Microsoft dans 25 ans pas sur quelle soit la ni Apple d’ailleur . C’est deux dernier voila déjà 25 ans ont secoués le monde de la micro informatique qui existait a cette époque . Altair , P. Roses pour nommé que ceux la ont disprue de la carte IBM à faillis y passer les PC Xeros n’ont jamais vue le jour ….

    Peut être que d’ici 4 ans un ou des petits génies quelques part trouveront une nouvelle façon de faire qui boulversera les gros d’aujourd’hui .

    l’évolution électronique est quantique et exponentiel . On fabrique de nos jours des puce dans un matériel flexible pouvant se greffé a des gants de latex chirurgicaux , le M.I.T développe du code avec comme aide des système a intelligence artificiel donc l,apport humain n’est plus dominant et seul , le papier électronique , le Oled de Sony allez voir sur Youtube une écran de TV plus mince qu’un ongle et fléxible et a ça la réalitée virtuelle qui est encore à ses premiers balbutiement .

    Dans 25 ans microsoft encore la ….. pas sur Même Bill Gates la déjà mentionner .

    Je regarde Sony aller , Nintendo samsung , HP , chaqun dévelope son OS , sont propre système dans leurs appareils dédier mais qui lentement se place sur Internet comme la PS3 ou la Wii ou bien avec des Home media center de HP et qui possèdent tou un clavier et les outils pour communiquer et échanger etc etc .
    Même l’avenir du PC ou de l’ordinateur personnel t’elle qu’ont le connais vas changer .

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  18. dennis_dubeau dit :

    Marcofsky a soulevé un point que je rejoins totalement… je me suis procuré une pillule de poison (non, chers amis, je ne la croquerai pas tout de suite!!) que je vais traîner sur moi, à partir de 65 ans et que je croquerai hardiement si jamais j’aboutis dans ce cyber-enfer tel que décrit ci-haut par l’ami Dumais…

    Comme horreur, en effet, l’affliction dépasse la réalité..

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  19. alain_from_west dit :

    salut Nelson

    il semble que je vais être le faiseux de trouble ce soir.

    La lecture du chapitre 2 a ete pénible pour moi, je me suis arrêter a 3 reprises avant de reprendre 30 minutes plus tard. c’est long, vraiment long, je comprends que toutes ces mises en situation soient nécessaire a la suite de l’intrigue mais doit-on toutes les énumérer une a la suite de l’autre. Un exemple parmi tant d’autre: est-ce nécessaire maintenant de parler de cette section sur la mort programmée des résidents. Il y a aussi des incohérences qui m’agace sérieusement (je vais essayer de revenir sur ce point plus tard pendant le weekend).

    Question d’aller au plus court, je trouve qu’il y a une coupure profonde entre le chapitre 1 et 2. Désolé mais il n’y a pas de liens entre ceux-ci pour le moment. Si au moins un des personnages du chapitre 1 se retrouverait en contact avec cette institution (le garcon rend visite a une connaissance, fait du bénévolat ,le chien fait le grabuge au centre ou même un des pensionnaires discute du cas de La Maririou avec un autres personnage, cela servirait de catalyseur pour introduire cette deuxieme partie.

    Bref j’ai eu l’impression de débuter une nouvelle histoire sans lien avec le personnage principal. Pour le moment, c’est la Maririou et son chien qui a rendu le texte attachant.

    Alain Naud, Edmonton, Alberta, Canada, La Terre.

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  20. flipper_21 dit :

    @albertalain

    Le Motté est un lien, non?

    @dubeau nifié

    «Comme horreur, en effet, l’affliction dépasse la réalité..»

    Je t’aime aussi ! ;-)

    @Nelson

    À votre service, capitaine !

    Le Dauphin tidote RX

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  21. bluesly dit :

    Je ne suis pas un bon critique… mais voici mon humble commentaire.

    A la première lecture je trouve qu’il y a des longueurs dans certaines explications. Je pense par exemple au paragraphe sur les banques indiennes:

    « … sont loin d’êtres des idiots, ils ont compris que s’ils abusaient, par exemple, qu’ils se livraient à des fraudes, Ottawa ne pourrait le tolérer et lancerait ses ministères de la Justice et des Affaires indiennes à l’attaque… »

    Y’a déjà tellement de matière dans ce chapitre que la réaction d’ottawa à des fraudes hypothétiques – est très secondaire *rire*

    Aussi, dans ce paragraphe, on reparle encore du loyer à 2500$, ce qui avait déjà été bien expliqué en long et en large à mon avis…
    —–
    L’appellation « monnaie à plume » c’est une belle trouvaille. J’adore l’expression.
    ——
    Autre détail:

    « …où des personnes âgées, déprimées ou neutralisées, autonomes ou moribondes, y vivent, y végètent, y reposent, y meurent. Plus aucune ne rêve. »

    Je tique sur le « Plus aucune ne rêve » – on s’imagine bien l’état d’esprit dans lequel ils sont… c’est inutile de l’écrire à mon avis…

    De plus, il y a bien ceux qui se rebellent ou qui profite de leurs « monnaie à plume » pour se gâter encore un peu, ou encore qui se perde en rêverie comme la madame à la fin du chapitre… y’a encore des soubresauts de vie… non ? – une journée à la fois… mais tout de même.
    ——————–
    Fin de ma critique.

    J’ai vraiment hâte de lire la suite… C’est sombre – d’une non humanité totale – « remplis d’ »hommeries »… le pire et le plus effrayant c’est que l’on a des repères qui sont très actuels… :-/

    A vendredi prochain.

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  22. dennis_dubeau dit :

    Chose certaine, ça ne rend personne indifférent et en ce sens, c’est déjà un succès!!

    mdrrrr….

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  23. Nelson Dumais dit :

    @ stvcc

    Je fais un pari. Dans dix ans, en 2018, le système d’exploitation n’intéressera plus que les geeks. 99 % des gens cliqueront (ou « taperont ») dans une machine où l’essentiel sera le fureteur. Par le truchement de Google Chrome ou quelque chose du genre, à partir de n’importe quelle machine ou gadget, les gens feront ce qu’ils voudront de cyber-possible, en tout temps et partout. Les applications, les jeux, leurs données, tout sera accessible par fureteur. Sauf exceptions rarissimes et hautement professionnelles. Quant aux ordis, des machines de plus en plus puissantes, ils seront fabriqués par des HP, Dell, Apple et autres grands noms, exactement comme aujourd’hui. Sauf que certains arriveront avec Linux saveur machin-chouette, d’autres avec le Mac OS X, d’autres avec Windows, etc. Mais 99 % des utilisateurs s’en ficheront parce qu’avec leur fureteur, ils ne verront jamais la différence. Ainsi, rien n’empêchera Linux ou le Mac OS X ou autre d’être aussi utilisés que Windows. Ce ne sera qu’une simple question de système d’exploitation préinstallé dans un produit de masse vendu tel prix avec tel ou tel avantage concurrentiel. Sans compter que dans 10 ans, l’Occident aura évolué avec les transformations socioéconomiques de la Chine, ce qui aura créé un impact certain sur l’informatique en général. 10 ans, c’est vite passé. Rappelez-vous septembre 1998. On cliquait dans NT4, dans Win98 et dans le Mac OS 8. Et comme, en cette fin d’été 2008, on espère voir arriver Windows 7, dans le temps, on priait matin et soir pour qu’advienne NT5 (Win 2000). De plus, j’avais déjà un long papier de publié sur Red Hat Linux.

    Un jour, d’ici 20 ans, arriveront probablement les ordinateurs quantiques. Ce sera la fin du binaire. Il sera rendu possible d’être plus 3D que jamais, de jouer sérieusement dans la projection holographique, etc. Ce sont de telles machines que vendront aux gens les Future Shop et les Dumoulin: des machines quantiques (« quanticordis » par opposition à « ordi antique » ou ordis binaires …) avec fureteur ultra brillant. Est-ce que Apple, Google, Microsoft ou Xerox seront encore en affaire ? Je présume que oui; c’est possible. Mais ils le seront différemment d’aujourd’hui. Et, advenant qu’ils soient encore vivants, les contenus de leurs pubs seront bien différents. On parlera davantage de la qualité de « d’expérience quasi réelle » que tel fureteur permet, que de la rapidité ou du respect des normes de tel système d’exploitation.

    En ce sens, 25 ans, ce n’est pas loin devant. Il y a 25 ans, j’utilisais un Mac 128 pour gagner ma vie et, sur la route, un Model 100 de Radio Shack. 25 ans, ce n’est tellement pas loin que je n’ose prophétiser des âneries du genre « Puisque Apple avait acheté ce qui restait de Microsoft en 2021, il était devenu possible de bla-bla-bla… ». Cette histoire, La Maririou, toute aussi divertissante et farfelue soit-elle, doit quand même demeurer plausible.

    Qu’en pensez-vous ?

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  24. Nelson Dumais dit :

    @ bluesly

    Vous avez raison quant à mes ajouts du genre « … sont loin d’êtres des idiots, ils ont compris que s’ils abusaient, par exemple, qu’ils se livraient à des fraudes, Ottawa ne pourrait le tolérer et lancerait ses ministères de la Justice et des Affaires indiennes à l’attaque… » Mais comme je viens d’associer les Mohawks à un racket financer juste assez légal pour qu’Ottawa se cache le nez, je me dépêche de leur donner du crédit, de leur jeter des fleurs. Je veux bien taquiner les Mohawks, mais je ne veux surtout pas contribuer à leur dénigrement. J’ai des amis chez les Indiens que je ne veux pas perdre.

    Quant au 2 500 $ dont je reparle, c’est simplement pour expliquer la raison d’être de la « monnaie à plume ».

    J’ai beaucoup aimé votre idée de « soubresauts de vie » et de « une journée à la fois ». Je vais l’ajouter où il me sera possible de le faire dans les différents chapitres. Je pense qu’elle est effectivement très importante. Malheureusement, elle m’avait échappé.

    Merci.

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  25. Nelson Dumais dit :

    @ alain_from_west.

    D’ici demain, je vais essayer d’ajouter quelques petites anecdotes amusantes au travers ces descriptions et explications qui vous ont semblé pénibles. Si vous avez ressenti un tel agacement, vous n’êtes sûrement pas le seul. Dont acte !

    Dans le chapitre 1, je mentionne le nom de Timothée, le fils du couple de vieillards. Mais ce lien se perd sûrement dans la masse d’info dont je suis, apparemment, prodigue. Je vais donc voir ce que je peux faire pour mieux ligaturer les chapitres 1 et 2.

    Merci.

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  26. Nelson Dumais dit :

    @ dennis_dubeau

    J’ignore si vous êtes sérieux avec votre idée de pilule. Mais, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais l’utiliser dans cette histoire. Elle est … frappante !

    Merci

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  27. dennis_dubeau dit :

    @ Nelson

    C’est une métaphore, bien sûr, mais, comparé au style de vie décrit dans votre fiction, mon cher Nelson, l’idée est presque justifiable!! mdrrr…

    Mais bien sûr, faites… Je vous l’ai dit plus tôt. vous n’aurez qu’à remercier vos lecteurs lorsque vous irez chercher votre Goncourt!!

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  28. bibelot dit :

    @ M. Dumais

    Hou la la! Très orwellien et touffu ce chapitre 2. Sombre et machiavélique à souhait. Je me suis sentie un peu perdue dans ce chapitre, devant toutes ces abréviations et ces numéros de salles, un peu comme Astérix cherchant son formulaire A-38 dans la «maison de fous». À la fin du texte, je n’arrivais plus à me souvenir ce que certaines d’entre elles signifiaient.

    Je partage les opinions que vos lecteurs ont exprimées jusqu’ici. Votre idée d’ajouter quelques anecdotes amusantes est excellente et rendrait la lecture moins «académique», tout comme celle d’établir un lien plus fort entre les chapitres 1 et 2.

    Je m’empresserai de lire la version 1.1 et vous reviendrai là-dessus.

    P.S. : Les gens d’Antidote ne m’aimeront pas beaucoup, mais jamais un logiciel de ce genre ne remplacera un humain. Voici donc quelques «cidores» qui ont réussi à passer au travers du tamis:

    Les autorités ont accrochés quelques portraits = les autorités ont accroché

    Salle génération = sale génération

    coût pharamineux = coût faramineux

    une comptable agrée = comptable agréée

    P.P.S. : Bien que je viens de le faire, je trouve un peu pénible de suggérér des corrections ici, dans la section des commentaires. Il me semble que ce n’est pas la place. Y aurait-il moyen de vous les faire parvenir par courriel?

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  29. bibelot dit :

    @ dennis_dubeau

    Super l’idée de la petite pilule! :-)

    @ M. Dumais

    Suggestion pour votre roman : cette pilule pourrait s’appeler ironiquement «la pilule du bonheur» et pourrait faire l’objet de troc entre les bénéficiaires du centre, pour ceux qui ne peuvent attendre la cérémonie mensuelle, du genre :

    Je t’échange ma pilule contre du chocolat ou… de l’alcool! ;-)

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  30. Nelson Dumais dit :

    @ bibelot

    La Maririou est une histoire qui se fabrique sur la place publique, qui s’écrit devant tout le monde. Si je fais des fautes, les gens doivent le savoir. L’idée est qu’ils comprennent à quel point il est difficile de ne pas en faire et à quel point il peut être valorisant de les débusquer. Comme bien du monde dont la plume est le métier, je peux écrire quinze ou vingt pages sans faire de fautes puis, comme ça, à la vingt-et-unième, crac !, je m’en permets trois. Et des grosses. Sauf que je ne les vois pas. Comme si elles étaient enduites d’une coquine invisibilité. C’est ainsi !

    En ce sens, j’apprécie grandement que vous me signaliez ce que les Druides et moi avons laissé passer. N’est-il pas écrit dans le Grand Livre de la Vie que les filles sont ben meilleures que les gars en « otograf » … ?

    En passant, la « pilule du bonheur » est une idée qui complète très bien celle de dennis_dubeau. Encore merci !

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  31. Nelson Dumais dit :

    @ Tous ceux qui ont suggéré des modifications:

    J’en ai apportées plusieurs et je viens de publier le résultat.

    Merci !

    Continuez, c’est super trippant !

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  32. prorats dit :

    Et mes rats ?

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  33. Nelson Dumais dit :

    Non, pas de rats ! Beuhhhh

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  34. stvcc dit :

    @Nelson Dumais

    J’adore qui a une vision d’avenir pas pour rien que je suis ici .
    votre idée de l’avenir est pavé d’expérience et de connaissance .

    Un petit « INN » comme cela , popular mécanique parle d’une console PSP avec un écran rouleau OLED 8″ de la puissance de la PS2 et une connectivité BlueTooh pour un clavier éventuel capable d’aller sur Internet sony vise se petit bidule pour 2010 .
    C’est pas très loin .

    MARIROU dans ca mmm pfff c’est presque écrire une prophétie d’un monde imaginaire possible … oui possible .

    Question technique
    Votre texte , sur Office je crois ? MSOffice le druide RX pourrait-on en avoir un test un avis ? un résumé ?

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  35. claude_c dit :

    Je rejoins un peu alain_from_west et bluesly.

    Comme je l’avais souligné dans le premier chapitre, je trouve que les informations incluses dans les blocs de descriptions ne sont pas assez livrées dans l’action. Dramatiser l’information. Et à mon avis, les descriptions contiennent trop de matières qui, pour l’instant, ne sont pas essentielles à la compréhension et au déroulement du récit. Si l’auteur tient absolument à les garder, pour alléger la lecture, il devrait les disséminer au fil du texte, au détour d’une réplique ou d’un paragraphe, pas nous les livrer en bloc. Et ne conserver que ce qui est nécessaire.

    Mais bon, c’est juste mon opinion, et ça vaut ce que ça vaut.

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  36. bluesly dit :

    @Nelson et prorat

    Je suis mort de rire parce que « l’affaire » du rat me fait penser à la chanson dans le dessin animé d’astérix; celle ou il prépare la potion…

    (a la fin des couplets)

    - et un peu de vitriol ?
    -Nonnnnn !

    Lâche pas Prorat… peut-être y en aura t-il un rat qui apparaîtra dans un des chapitre… (chez la maririoux par exemple) hi hi.

    @Nelson, tu as raison pour Timothé… J’avais oublié le fils de la maririoux… à ma décharge, je n’avais pas relu le premier chapitre.

    Ce matin, J’ai relu avec beaucoup de plaisir ces dernières versions. Super!

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  37. Nelson Dumais dit :

    @ claude_c:

    Peut-être me manque-t-il la vision globale du récit écrit en sa totalité. Pour l’instant, il me faut expliquer un système socio-économico-politique qui est essentiel à la compréhension de l’action qui va bientôt commencer. Peut-être qu’une fois terminé, je pourrai revenir en arrière et déplacer des bribes d’information ou en détruire d’autres devenues inutiles ou redondantes. En attendant, je joue de prudence.

    Mais vous avez encore une fois raison. C’est ce qui explique les tentatives d’allégement que je viens de mettre en ligne.

    Merci.

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  38. claude_c dit :

    Effectivement, Nelson, vous faites bien de jouer de prudence, comme vous dites. C’est souvent plus facile d’en enlever que d’en rajouter. Une fois que vous aurez tout le topo de l’aventure, ce sera plus aisé de déplacer ou couper des trucs ici et là, si besoin est.

    Question comme ça : vous avez une idée de la fin?

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  39. dennis_dubeau dit :

    @ Nelson_Dumais

    Moi, c’est exactement le contraire que je rechercher, dans un texte… une description pousée et remplie de sous-entendus un peu bêtes et méchants!! Car je relie le texte plusieurs fois, pour saisir les nuances qui ont pu m’échapper à la première lecture… Je bénéficie donc de « plusieurs » lectures… Ce qui, pour un, est un désavantage constitue un avantage pour l’autre… c’est le danger de répondre à la requête de l’un immédiatement sans consulter les autres… et c’est là que vous devrez faire le tri puisqu’au demeurant, bien qu’on y collabore légèrement, sommes toutes, cette oeuvre sera signée par vous… donc, doit refléter votre style…

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  40. Nelson Dumais dit :

    @ claude_c

    J’ai une histoire bien ficelée dans ma tête et j’ai un mois d’avance en « pages écrites prêtes à être réécrites » sur ce que je publie ici-même. En gros ! Sinon, je serais mortellement stressé. Moman !

    Cela étant dit, quand je taperai le mot « FIN », je serai prêt à écrire une autre fin, une fin alternative,une fin différente,etc. si on le demande. Comme un film sur DVD.

    C’est le plaisir de l’écriture sur un blogue.

    Au risque de me répéter, j’adore !

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  41. alain_from_west dit :

    @ Nelson

    Ce soir, j’ai un peu de temps disponible pour revenir sur mon intervention précédente.

    Nelson: # Dans le chapitre 1, je mentionne le nom de Timothée, le fils du couple de vieillards. Mais ce lien se perd sûrement dans la masse d’info dont je suis, apparemment, prodigue.#

    Puis dans le chapitre 2, j’ai trouvé uniquement 2 éléments qui sont relié au chapitre 1.

    Nelson: # À 43 ans, Timothée est un binoclard …… faire comme ses parents et s’en remettre à un exerciseur de marche.#

    Bref, je crois que le lien est très tenu et que que vous n’avez pas mis en place les éléments utiles pour guider votre lecteur.

    Humblement je propose un example parmi tant d’autres pour mieux cerner mon intervention (au début du chapitre 2)

    Il est 7.00 du matin, Gazoo se relève la tête avec les oreilles pointés vers le ciel. On entend le bruit de pas à l’étage supérieur qui mène à la rue.

    C’est Timothée qui s’en va travailler au Centre Régional Gériatrique du Bas-Saint-Laurent qui est situé à une dizaine de kilomètre de chez lui.

    Maririou: Bien oui Gazoo, je le sais que Timothée s’en va travailler comme à tous les jours.

    Le chien s’en vient se coucher près de la chaise de Maririou et Maririou qui lui caresse la tête doucement.

    Maririou: Gazoo, je te le jure, jamais je vais accepter de mettre les pieds dans cet enfer, plutôt mourrir que de vivre cela.

    (Nouveau paragraphe)

    Timothée vient de stationner son automobile et rentre à l’intérieur du centre gériatrique

    (Votre section actuel qui suit ici).

    Ce type de contenu à l’avantage de créer un lien plus fort entre les deux chapitres et du même coup prépare le lecteur pour toutes les explications qui s’en viennent sur le système socio-économique.

    Si je transmets mon intervention dans un language plus direct. Je dirais qu’il y a une profonde différence entre le travail de journaliste et l’écriture d’un roman par l’écrivain-romancier. Vous êtes excellent pour ajouter des détails, mais vous devez faire des efforts pour mieux ficeler les divers éléments de votre oeuvre et ainsi guider le lecteur à travers le voyage.

    Pour terminer, je partage le vision de Claude_C et je ne veux pas gaspiller votre temps à répéter la même chose.

    Mon intervention est à prendre avec légèreté, car après tout je ne suis qu’un lecteur parmi tous les autres.

    Alain Naud, Edmonton, Alberta, Canada, La Terre.

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  42. Nelson Dumais dit :

    @ alain_from_west

    Relisez le 4e paragraphe du début du chap. 2

    Mais personne ne porte attention à sa remarque. Ni les joueurs de 500, ni la chanteuse monocorde, ni Timothée-Leary Tardif, surnommé le Motté, qui, juché sur un ancien Saguewanish, clone saguenéen de la populaire trottinette Segway, vient faire sa tournée d’inspection. Comment un tel prénom est-il possible ? Ses parents, Marie Rioux, la Maririou, et Romain Tardif, le Gelé, étaient deux baby-boomers, des vrais de la première grande phase, dont la jeunesse avait été, disons, marquée par le vieil activiste de Berkeley apôtre du LSD. Tsé veux dire !

    Si le lecteur est un peu déconcerté par le salon et ses occupants, alors qu’il vient de terminer le chap 1 où il est dans un sous-sol, il me semble que cette précision vient le situer, non ?

    Qu’en pensez-vous ?

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  43. jakeleblanc dit :

    Tout ceci est intéressant, captivant, mais démoralisant en sacr—nt !!
    Faut dire que je suis de la 1ère vague des Boomers, né en 46, et que je viens justement de perdre mes 2 vieux ( mère et 2ie père ) le printemps passé, à 27 jours d’intervale dans un de ces centres moribonds dans les basses Laurentides Nelson.
    Tout cas, c’est la vie….même en 2008.
    À défaut de trainer une pillule bonheur sur moi, je crois que je vais commencer à profiter des petites pillules bleues, pour essayer de mourrir d’une crise cardiaque au leu de finir mes jours dans un de ces endroits de malheur.
    Bonne continuité monsieur:-)

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  44. bluesly dit :

    @alain from west

    Au chapitre un, on est en fin dl’après midi… « yé pas encore quatre heure » Donc, à mon avis, si il y a lien lien à refaire ce serait sur le retour à la maison de Timothée. Pour la continuité de l’action…

    @Nelson,

    Effectivement, le paragraphe 4 est explicite.

    Il est important ce lien parce que cela aide à cerner le personnage de Timothée. Lorsqu’il accepte son cadeau de 500$… dans le contexte… on peut supposer que c’est pour aider ses parents… En tout cas, il a le bénéfice du doute :-)

    Peut-être le lien est dilué parce que le premier personnage qui nous est présenté (et Nommé) est M. Gagnon alias Dart Vader… et ensuite Timothée…
    ——
    à ce stade-ci de ma lecture je ne suis vraiment plus critique parce que les liens et les images de personnage ont fait leur place dans mon imaginaire.
    Alors, vivement le prochain chapitre. :-)

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  45. Nelson Dumais dit :

    Oups !

    Je viens de me rendre compte que j’avais remis en ligne, plus tôt aujourd’hui, la version qui n’avait pas été passée au crible d’Antidote. Toutes mes excuses.

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  46. alain_from_west dit :

    @ Nelson

    Je vous présente toutes mes excuses. Je dois être un lecteur plutôt distrait. Après une première lecture et 2 relecture en diagonale, je n’avais pas réussi a faire le lien dans ma tête.

    # Comment un tel prénom est-il possible ? Ses parents, Marie Rioux, la Maririou, et Romain Tardif, le Gelé, #

    Merde, comment j’ai pu passer a coté de cette information qui est pour le moins explicite.

    Bref, que le show continue.

    Alain Naud, Edmonton, Alberta, Canada, La Terre.

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  47. dennis_dubeau dit :

    @Nelson Dumais

    Je cite:

    « Et le docteur Goebbels de continuer dans la tête de Timothée :

    — L’admission dans un CRG n’a rien à voir avec l’âge. Seuls comptent les états d’autonomie financière et de santé… »

    Corrigez-moi si je me trompe, mais le gros Turcotte, (en effet, les gros sont plus à risques pour une maladie tel un ACV!) va tomber tellement malade qu’il va devoir atterrir dans son propre système? Desrosiers aussi? héhé… J’espère que Desrosiers va faire suer le maximum de patients… qui vont devenir ses colocataires!!

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  48. dennis_dubeau dit :

    @Nelson Dumais

    …ainsi, suite à la rigolade de voir le gros Turcotte et l’infâme Desrosiers goûter à leur propre manger mou et à leur médecine…

    On pourrait voir apparaître, étant donné le grave désespoir humain vécu dans ces centres, et l’origine religieuse poussée du Québec… un ‘illuminé’ barbu y atterrir qui se prendrait complètement pour Jésus de Nazareth (et qui c’est si ce n’était pas… Lui!!)…

    On assisterait à un remake de l’eau de la distributrice qui est changé en vin… d’un ou deux pensionnaires « ressucités »… de la multiplication du manger mou… du Pape que l’on dépêcherait de toute urgence dans cet établissement pour y faire enquête et que, comprenant que sa propre autorité sur l’Église vient de prendre fin avec l’apparition de cet énergumène… décidé qu’il DOIT mourrir… et que bien sûr, tous les employés du centre (les gardes romains, quoi) s’amuseraient à humilier et à mettre à mort… pour le voir ressuciter au bout d’un congé férié de trois jours!!

    Ça ferait une sérieuse diversion!!

    Bien sûr, cet énergumène pourrait, puisque Motté serait incapable de remettre en ordre le système informatique, faire le miracle de charger le système avec un tout nouvel OS (Operating Sancti) qui serait parfait, se commanderait par une simple prière et vous donnerait TOUT ce que vous lui demandez, à la seule condition d’avoir la Foi… Vous voyez le genre?

    Et au lieu du serpent de la tentation, on aurait notre chien de la tentation… je vous laisse deviner qui… C’est pas rien, un chien qui parle et qui tente de foutre le bordel dans les plans divins…

    On pourrait avoir des discussions assez épiques entre ce nouveau Jésus de Nazareth et ce chien possédé…

    Simples suggestions…

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  49. bluesly dit :

    @Denis, à mon avis, pour le gros Turcotte ce serait trop facile. Avec les moyens de la position qu’il occupe, il est sûrement bien à l’abri de telle considération financière…

    Non moi je vois plûtot la venu d’un mouvement secret le FLBBQ venir mettre un grain de sable dans l’engrenage du système. (Timothée en serait membre)

    FL-BBQ: Non pas POUR Florida BBQ (même si cela colle bien au baby boomer) mais pour le Front de Libération des Baby Boomer du Quebec.
    Ben oui l’histoire se répète toujours et toujours… seul les acteurs, les lieux et le temps diffère :-)

    @Nelson

    Bon courage – faut vraiment être inconscient pour te plonger aussi follement dans une aventure pareil *rire*

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  50. Nelson Dumais dit :

    @ alain_from_west

    Vous n’avez probablement pas vu ce détail; (# Comment un tel prénom est-il possible ? Ses parents, Marie Rioux, la Maririou, et Romain Tardif, le Gelé, #) parce que je l’ai ajouté hier soir ou ce matin. :-)

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  51. dennis_dubeau dit :

    @ Bluesly

    Oui, j’avais prévu que financièrement, le gros Turcotte allait être blindé mais, c’est la raison pour laquelle je lui ai collé une maladie dégénérative… qui fait que, même riche, il ne peut plus s’occuper de sa fortune… que sa famille va cannibaliser… ce qui va avoir pour conséquence qu’il devra passer au travers de ses propres horreurs…

    Quoi que j’aime bien aussi la diversion terroriste!! Sauf que les baby Boomers sont TOUS rendus vieux et séniles… et ce ne sont certes pas les générations suivantes qui vont aller au front pour eux!!! mdrrr….

    Mais, j’aime bien ton idée aussi… Mdrrrr!

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  52. Nelson Dumais dit :

    @ dennis_dubeau

    Fiez-vous à moi, j’en réserve une pas pire au gros Turcotte. Quant au personnage « genre tit-prophète », l’idée n’est pas mauvaise. Je vais y jongler.

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  53. jakeleblanc dit :

    Vous avez beaucoup d’immagination sieur Dubeau…..chapeau:-)

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  54. Nelson Dumais dit :

    @ Bluesly

    Je vous affirme que le projet La Maririou est une des choses les plus « trippante » que je n’ai jamais faite de ma vie.

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  55. dennis_dubeau dit :

    @Bluesly

    …d’ailleurs, ces deux évènements peuvent cohabiter dans l’action! Ça commence à faire pas mal de références pour les Québécois et ça va être vendeur, selon moi… il n’y manque que des références au sexe primaire et on a un bouquin qui va se vendre…. mdrrrr…

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  56. dennis_dubeau dit :

    @ jakeleblanc

    Merci. Je suis déjà un peu dans le domaine du  »créatif » car j’écris des chansons aussi… et Frédérick Dard a meublé mon adolescence… et ça parait… J’ai tendance à déconner!!

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  57. dennis_dubeau dit :

    @ Nelson

    .. ce qui serait drôle serait de créer une ambigüité à son sujet… e.g. est-ce le VRAI? car ses miracles seraient réels et mesurables… le bordel total, quoi!

    Bien sûr, le Diabolique Canidé de parlerait qu’à Motté (Merci Mr. Leary!!) et à Jésus de Nazareth (P.Q.!!) … de même qu’au Pape (Qui, bien sûr, à cette époque, sera Chinois!!!!)

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  58. jakeleblanc dit :

    Merci de cette franchise monsieur Dubeau.
    Je ne vous prendrai plus au sérrieux sur l’autre blogue dorénavent.
    Sorry, mais je ne connais pas F.Dard :-)

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  59. claude_c dit :

    Ouais, Nelson, déjà qu’en écrivant, on dévie toujours un peu du sentier qu’on s’était tracé. Les personnages nous surprennent et nous emmènent parfois ailleurs. Maintenant, avec toutes ces suggestions et celles à venir, difficile de prévoir une fin «finale». En tout cas, je ne sais pas encore où vous vous en allez, mais l’important c’est que vous ayez du plaisir en chemin. :-)

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  60. bluesly dit :

    @Denis Dubeau

    Je n’avais pas lu le post du « barbu illuminé ». Je ris de toutes ces images digne « d’un vol au dessus d’un nid de coucou » qui me sont venu en tête.

    Et encore plus drôle lorsque j’assocais des hommes politiques de notre époque au personnage du barbu illuminé. :-)

    Bonne fin de journée.

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  61. dennis_dubeau dit :

    @ Bluesly

    mdr… Il faut être prudent avec des personnages vivants ou ayant déjà existés… Pour Jésus, je ne crois pas qu’il poursuive Nelson pour des copyrights… Mais, l’art réside dans le pouvoir de décrire sans rien dire!

    Bonne journée aussi!

    @ Jakeleblanc

    Pour Frédéric Dard, Google est ton ami. Et puis, quand est-ce que tu m’as déjà pris au sérieux, dis-moi? :-D

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  62. dennis_dubeau dit :

    @ Claude_C

    L’important n’est pas la destination… mais le trajet.

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  63. jakeleblanc dit :

    Cré Dennis va.
    Tu donnes tellement d’idées à Nelson que je suis sur que ce parcours va passer par le Lac un moment donné.
    Bon pm man :-)

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  64. Nelson Dumais dit :

    @ jakeleblanc

    Non. Pas par le Lac. Dommage. À moins que n’apparaisse un “barbu illuminé” originaire d’Alma …

    Y a bien sur la Saguewanish qui nous vient de Saguenay et, il y a le chapitre 5 qui se passe entre Sept-Îles et La Malbaie, sur la 138. Hélas, la tarte dans ce chapitre n’est pas au bleuet, mais à la chicoutai…

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  65. dennis_dubeau dit :

    @ Nelson

    Ton Nazareth (P.Q.) existe déjà dans ton histoire!! Et Dieu sait (no puns intended!) que Jésus DOIT naître à Nazareth…

    Et puis, les illiminés d’Alma, eux, ils ont plutôt tendance à changer la bière en pipi… et pour les miracles, le top du top est de modifier un Honda civic pour qu’il passe de 0 à 100 Khm en moins de 3 minutes!!

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  66. claude_c dit :

    dennis_dubeau : « L’important n’est pas la destination… mais le trajet. »

    Disons qu’il y a des auteurs qui ne font pas de plan et se laisse inspirer. Mais on sait aussi que le talent, c’est 95% de transpiration et 5% d’inspiration. Chacun sa méthode et son désodorisant.

    Il y a aussi des auteurs qui font un plan et qui connaissent leur fin (les scénarios policiers en particulier, où l’intrigue doit être en béton.) Quand on sait où on s’en va, ça aide à prendre les chemins les plus tortueux pour s’y rendre. Quand on ne sait pas où on va, on peut prendre toute sorte de chemin, et ne pas toujours arriver où on pensait, avec bonheur ou pas.

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  67. stvcc dit :

    Marirou

    Expression d’une angoisse profonde , le vieillissement de la génération babyboomer … je trouves le texte de plus en plus intéressent .

    Je sens comme une extériorisation d’une insatisfaction présente qui se répercute dans un avenir possible … oui je sais je fais le maboule la mais bon c’est ce que je trouves .
    et c’est fascinant

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  68. dennis_dubeau dit :

    @ Claude_C

    Ce que tu dis est vrai dans une écriture classique. Ici, Nelson fait appel à tous, alors les structures traditionnelles ne tiennent plus.

    Nelson peut fort bien, et j’espère qu’il se réserve cette option, arriver au bout de ce processus et remanier son histoire de fond en combles… ça doit être ça, aussi, sa démarche selon moi…

    Les grandes créations ne passent jamais par des chemins et des structures dans le béton…

    Demande aux Beatles…

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  69. dennis_dubeau dit :

    @ stvcc

    C’est un peu comme une peinture… on y voit ce qu’on veut y voir… C’est bien là toute la beauté de l’art… qu’il soit écrit, musical, visuel ou tactile, même…

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  70. claude_c dit :

    @ dennis_dubeau

    À mon avis, la manière de procéder importe peu. Nelson écrit avec une bonne idée de la direction que va prendre son récit (il a déjà des chapitres d’avance) et nous demande notre avis. Un peu comme un comité de lecture, en plus participatif. Il tient compte des commentaires et suggestions qui font son affaire. Il conserve tout ce qui peut enrichir l’histoire, améliorer la façon de la raconter, etc.

    Maintenant, qu’est-ce qui va arriver en cours de route, ça… Tout est possible, et c’est sûrement un des aspects qui plaît à Nelson. Les commentaires et suggestions de tous et chacun le nourrissent. Alors, si vous le voulez bien, on va lui laisser ce plaisir.

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  71. dennis_dubeau dit :

    @ claude_c

    Faites ce que vous voulez…

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  72. stvcc dit :

    Comme Claude_C , je crois aussi que la fin est déjà écrite mais pas coulé dans le béton , a voir comment le texte riche et aux milles détails ressort d’une semaine à l’autre et qu’en plus Nelson a autres choses à faire que MARIROU …. peu être pas le texte mais le plan j’en suis pratiquement sur .

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  73. dennis_dubeau dit :

    @ Stvcc

    c’est une évidence simple. Nelson le dit lui-même dans son introduction. Mais là où je vous rejoins, c’est que, par design, son projet lui laisse la complète latitude de tout remanier sans quoi, il ne ferait pas appel à ses lecteurs!

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  74. sythas dit :

    @ Nelson

    Cela fait bientôt 3 ans que je travail au sein des finances dans divers hôpitaux et CSSS (Centre de santé et services sociaux)

    De simples infos sur la gestion des tentacules du « M trois S – MSSS)

    L’Agence qui est sous la gouverne du Ministère est notre seigneur tout puissant et nous utilisons le « Manuel de gestion financière » qui est produit à partir des « Normes et pratiques de gestion » comme bible près de notre chevet… voir lien suivant si le coeur vous en dit :

    http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/d26ngest.nsf/listNum?OpenView

    Quand il y a une nouvelle norme c’est la circulaire qui nous informe exemple :

    Montant de l’aide financière pour favoriser la tutelle à un enfant : circulaire 03.01.41.01

    Tout ceci pour mettre un peu de véracité à ce début de paragraphe (dixième avant dernier), quoiqu’il y a peut-être un manuel de régie interne…

    Encadré par le DG et au moins trois gestionnaires du Centre, une spécification du manuel de Régie interne, un officiant de l’État civil lit un discours bien mesuré, remercie les vieillards pour leur participation à l’essor du Québec

    Bonne journée et continuer!!

    Sythas

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